Si l’attention des technophiles est actuellement captivée par les concepts futuristes présentés lors des grands salons internationaux, la stratégie de Samsung repose sur un équilibre subtil entre l’exploration de nouveaux formats, incarnée par le Z TriFold, et le perfectionnement de ses gammes historiques, dont les Galaxy S21 constituent une pierre angulaire. Analyse croisée d’un futur en trois volets et d’une référence qui a su redéfinir les codes du premium.
Z TriFold : La promesse d’une convergence absolue
La prise en main du Samsung Z TriFold ne laisse plus place au doute : il s’agit moins d’un téléphone que d’une tablette à laquelle on a greffé les fonctions d’un mobile. Après une heure passée à manipuler cette double charnière, le constat est sans appel et pourrait bien renvoyer les modèles pliants à charnière unique au rang d’antiquités.
Là où un Google Pixel 10 Pro Fold, utilisé quotidiennement, finit souvent par rester fermé — son déploiement étant réservé à des situations spécifiques —, le TriFold incite perpétuellement à l’ouverture. Ce nouveau terminal, déjà aperçu en Corée mais dont l’arrivée aux États-Unis est prévue pour le premier trimestre, se distingue par deux charnières se repliant vers l’intérieur. Le mécanisme surprend par son ressort : à peine sorti de son support, l’appareil bascule presque instinctivement en position totalement ouverte.
L’ergonomie impose cependant une certaine discipline. Lors du repliage, il est impératif de rabattre le volet gauche en premier pour protéger le module photo. Tenter l’inverse gratifie l’utilisateur d’un retour haptique vigoureux et d’une notification sévère sur l’écran interne. Une fois fermé, l’appareil évoque les premières itérations du Galaxy Z Fold, avec un écran externe tout en longueur, capable de se glisser dans une poche de pantalon large, mais sans doute moins adapté aux tenues plus ajustées.
DeX et la productivité comme horizon
Au-delà de la prouesse mécanique, c’est l’intégration logicielle qui transforme l’essai. Le mode DeX, véritable environnement de bureau, ne nécessite plus ici d’écran externe pour briller. Sur le TriFold, il devient une interface autonome permettant une gestion des fenêtres d’une fluidité exemplaire.
Blake Gaiser, responsable produit chez Samsung, a par ailleurs confirmé l’existence d’une version spécifique d’Adobe Lightroom pour ce format. C’est ici que le concept prend tout son sens : le TriFold occupe cette zone grise entre le smartphone, la tablette et l’ordinateur. Si le prix, que l’on devine élitiste au regard des 2000 dollars demandés pour un Z Fold 7 classique, risque d’en refroidir plus d’un, la promesse d’un appareil unique capable de tout faire n’a jamais semblé aussi tangible.
Galaxy S21 : Le raffinement d’une formule éprouvée
Si le TriFold dessine le futur, la gamme Galaxy S21 incarne la maturité et la solidité de l’offre Samsung. Succédant à une génération S20 à l’accueil en demi-teinte, les S21, S21+ et S21 Ultra ont marqué une rupture, notamment esthétique, en abandonnant les écrans incurvés sur les modèles standard et « Plus », une caractéristique autrefois emblématique de la marque.
Une identité visuelle affirmée et des écrans d’exception
Le design de cette série se distingue par un bloc photo audacieux qui déborde sur la tranche du smartphone, rompant avec l’uniformité des dos en verre traditionnels. Si l’on regrette encore la présence du poinçon en façade — la technologie de caméra sous l’écran étant réservée aux modèles comme le Z Fold 3 —, la finition reste exemplaire. Les modèles Plus et Ultra profitent d’un châssis en aluminium et d’un dos en verre protégé par du Gorilla Glass Victus, tandis que le S21 standard opte pour un plastique polymère de haute qualité.
L’affichage demeure le point fort incontesté du constructeur. Les trois déclinaisons embarquent la technologie Dynamic AMOLED 2X, offrant un taux de rafraîchissement adaptatif jusqu’à 120 Hz. Le S21 Ultra pousse l’excellence plus loin avec une définition WQHD+ et l’intégration de la technologie LTPO, moins énergivore, une innovation cruciale pour préserver l’autonomie. De plus, ce modèle Ultra marque une première historique : la compatibilité avec le stylet S-Pen, brouillant ainsi la frontière avec la gamme Note.
Performances et positionnement tarifaire
Sous le capot, Samsung a opéré un virage stratégique avec l’Exynos 2100. Gravé en 5 nm, ce processeur a pour mission de rivaliser frontalement avec le Snapdragon 888 de Qualcomm, corrigeant ainsi les écarts de performance constatés sur les générations précédentes. L’architecture interne a d’ailleurs été repensée pour faciliter la réparabilité, une avancée confirmée par les premiers démontages qui révèlent une disposition des composants plus accessible que sur le S20 Ultra.
Commercialement, Samsung a su tirer les leçons du passé en réajustant sa grille tarifaire. Avec un prix de départ de 859 € pour le S21 (128 Go) et allant jusqu’à 1439 € pour la version ultime du S21 Ultra (512 Go), le fabricant propose des tarifs en baisse moyenne de 100 € par rapport aux versions 5G précédentes. Cette approche agressive a permis de dynamiser les ventes et de consolider les bénéfices de la division mobile.
Enfin, l’offre chromatique s’est considérablement étoffée. Au-delà des classiques noir et argent réservés à l’Ultra, les S21 et S21+ se déclinent en violet, rose, gris et blanc. À terme, ce sont près de 11 coloris, incluant des teintes exclusives comme le titane ou le bleu marine, qui viennent compléter cette gamme certifiée IP68. Quant à la déclinaison « Fan Edition » (FE), bien que retardée par la pénurie mondiale de composants, elle reste une pièce maîtresse attendue pour compléter cette famille de produits désormais incontournable.