Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

Revue de la presse

Les quotidiens maghrébins mettent en avant, mercredi, la sortie médiatique controversée du beau-frère de l’ancien président tunisien, la crise au sein du parti au pouvoir en Algérie et le remaniement ministériel en Mauritanie.

A Tunis, la presse commente largement l’intervention en direct sur une chaîne privée de Belhassen Trabelsi, frère de l’épouse du président déchu, 24 heures après un reportage d’une chaîne française sur Sakher Matri, époux de la fille de Zine El Abidine Ben Ali.

« Les têtes de pont de l’ancien régime reprennent de la voix et réapparaissent sur les petits écrans TV! », s’exclame +Le Temps+, précisant que cela paraît « bizarre et provocateur pour bon nombre de citoyens ».

Le journal trouve, cependant, cette situation tout à fait « naturel » six ans après une révolution « avortée économiquement en long et en large par ces mêmes acteurs offusqués par la dernière sortie » de Belhassen Trabelsi.

« Loin de toute logique de +compromis+, ce retour fulgurant des Trabelsi et de tout ce qu’ils représentent en cette période délicate pour le pays n’est qu’un écran de fumée servant des intérêts bien pourris », avertit, par ailleurs, la même publication.

Sur un ton sarcastique et sous le titre « Plus pitoyable que +Si Belhassen, tu meurs », +Le Quotidien+ écrit que le beau-frère de l’ancien président « a attendri les coeurs et apitoyé les plus durs des Tunisiens à travers son intervention en direct ».

« Grâce à +Si Belhassen+, on aura droit à un moment de répit et ceux qui voient déjà noir auront l’occasion de changer de décor et d’assister à un beau… blanchissement », ironise le journal.

Dans cette course frénétique au « buzz à tout prix », les médias tombent « inconsciemment dans l’erreur de blanchir les criminels, de banaliser les crimes qu’ils ont commis et de les réhabiliter aux yeux de l’opinion publique », s’offusque +La Presse de Tunisie+.

L’éditorialiste du journal stigmatise cette « justice de la rue » qui « fait école » en Tunisie depuis la révolution, craignant que cette interview ouvre la voie « à une folle course à la chasse aux anciens visages du régime déchu cherchant à se réhabiliter et à s’offrir une autre image auprès des Tunisiens ».

En Algérie, la presse s’intéresse à la crise qui vient d’éclater au sein du Front de Libération nationale (FLN), parti du président Abdelaziz Bouteflika, après la démission d’un membre du bureau politique pour protester contre les « décisions unilatérales » du tout nouveau secrétaire général, Djamel Ould Abbès.

« Alors que l’on pensait que l’arrivée de ce dernier à la tête du FLN en remplacement du tintamarresque Amar Saâdani serait le début d’une nouvelle ère au sein du parti faite d’apaisement et de détente, la démission, avec fracas, de Hocine Khaldoun, membre du Bureau politique et responsable de la communication, vient rappeler à tout un chacun que la maison FLN n’est pas encore sortie du bourbier », relève +Liberté+.

Le journal considère que « l’échange d’amabilités » entre le secrétaire général et Hocine Khaldoun peut constituer « un signe qui ne trompe pas sur la guerre larvée » que se livrent les instances du parti, acquises à l’ex-direction du parti sous la conduite de Saâdani et le nouveau patron du parti qui tente de placer ses hommes pour « mieux dompter le colosse ».

Dans ce sens, +L’Expression+ fait savoir que depuis son arrivée à la tête du FLN en octobre dernier, Djamel Ould Abbès a changé cinq à six mouhafedhs (responsables locaux), avant de geler cette opération pour après les élections législatives.

La publication justifie la démission de Hocine Khaldoune du bureau politique du parti, par « son mécontentement d’être dessaisi de sa mission de chargé de communication ».

+Le Soir d’Algérie+ inscrit ce changement dans la mission de « désaâdanisation » du vieux front « sans trop d’encombres, lui évitant d’user à chaque fois du limogeage, recourant ainsi à cette arme subtile des fins manœuvriers, qui est celle de pousser +les indésirables+ dans leurs ultimes retranchements avant qu’ils ne démissionnent de leur propre-chef ».

+El Watan+ s’attend au départ de trois autres membres du BP, très proches de Hocine Khaldoun, qui auraient choisi de partir et de mener une campagne contre le secrétaire général à l’extérieur du FLN.

Selon des indiscrétions du +Jeune Indépendant+, le FLN a aussi, dans son viseur, un autre membre du BP, Sadek Bouguetaya, chargé de l’organique, du fait que celui-ci « ne serait plus en phase avec le SG, lequel veut ainsi étendre son influence au BP en y plaçant ses hommes de confiance ».

En Mauritanie, la presse met le cap sur le remaniement partiel opéré, la veille, par le président Mohamed Ould Abdelaziz, marqué par des changements à la tête de quatre département et l’entrée de deux personnalités proches des cercles de décision de la majorité et le maintien de deux autres.

+Al-Akhbar+ s’attarde sur « les nombreuses portées de la liste des ministres ayant quitté et ceux ayant fait leur entrée au gouvernement dans le contexte national actuel », particulièrement la forte polémique sur le projet de loi sur la violence à l’égard des femmes.

L’écho de cette polémique « s’est matérialisé à travers le départ de la ministre des Affaires sociales, de l’enfance et de la famille », souligne le journal, notant son remplament par une députée de l’Union pour la République (UPR, au pouvoir), Meymouna Mint Taghi, qui a été « l’un des farouches défenseurs » de cette loi au Parlement.

D’autre part, +Sada Al-Ahdath+ annonce la probable organisation d’élections législatives et municipales anticipées en Mauritanie au cours du premier semestre 2017.

Le gouvernement a débloqué plus de 3 millions d’euros pour la tenue de ces consultations, qui font partie du dialogue politique national d’octobre dernier, rapporte le journal, précisant que le budget de fonctionnement a connu une légère hausse dans cette perspective.

« Tous les indicateurs attestent que les Mauritaniens auront rendez-vous avec des élections anticipées dans le courant de cette année », affirme le journal.

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