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Mondial 2018: le retour séduisant des Lions de l'Atlas

Rédigé le 20/12/2018
MAP - Khalid Abouchoukri


Casablanca – Avec un jeu séduisant, les Lions de l’Atlas ont forcé le respect à leur retour sur la scène footballistique mondiale après une longue traversée du désert et 20 ans de rêves brisés tout en laissant un brin de regret, d’inachevé en loupant la qualification pour le deuxième tour du rendez-vous russe.

Ils ont brillé de mille feux en offrant des prestations d’un football ouvert sans nul calcul retrouvant, à l’occasion de cette réapparition, l’instinct et la puissance et entretenant au fond d’eux mêmes cette volonté de faire vivre le ballon pour la beauté du jeu.

Ils ont ainsi rayonné dans la poule de "la mort", dans un environnement difficile face à une pléiade de stars galactiques même si, au bout, le résultat ne leur a pas souri avec, lors de leurs adieux des terres des tzars, un sulfureux Maroc-Espagne.

En effet, au contact de l’élite mondiale, les joueurs ne se sont nullement rapetissés. Leur potentiel et une dose supplémentaire du plaisir à jouer leur ont ouvert les portes de la gloire du football plein. Après s’être plombés à l’entame face à la sélection iranienne (0-1), ils ont réagi pour bousculer la hiérarchie de la planète football s’offrant un premier coup de projecteur devant les lusitaniens de CR7 même si au finish le résultat, synonyme d’élimination, les a trahis.

Loin d’être domptés, les Lions blessés avec l’audace en bandoulière y ont été directs, sans détours, pour empêcher que le doute s’installe, d’être à court d’idées, de déguerpir "tête baissée". L’équipe n’avait pas cherché, loin de là, à refuser l’opposition ou à brader le mondial sans livrer en toute bravoure la dernière bataille et relever l’ultime défi.

Au contraire, elle a puisé cette force de caractère intrinsèque en montrant les crocs féroces et rugissant car se devant de marquer son territoire, son passage tout en allant braver le tourbillon ibérique pour se libérer, un tant soit peu, de cette pression "négative" paralysante.

Les obstacles ne manquaient pas ni d’ailleurs l’envie de bien finir, se payant de surcroit une sortie honorable grâce à ce mémorial dernier tour de piste au rythme de la "Kalinka" (chant traditionnel russe) qui restera gravé dans la sphère du ballon rond en profitant de la valeur de son jeu pour surmonter les émotions entamées, faire souffrir les champions du Monde de 2010 qui n’ont pu être sauvés que par la VAR (assistance vidéo à l’arbitrage) pour arracher, in extrémis, le partage des points (2-2).

Ce retour, qui a couronné un parcours sans anicroches aux éliminatoires africaines avec comme cerise sur le gâteau une première victoire et pas des moindres face aux Eléphants ivoiriens dans leurs antres (0-2), restera immortalisé dans la mémoire des Lions de l’Atlas, non seulement en tant que virage qui s’est refusé mais tel un doux souvenir à savourer, à préserver pour monter en objectifs.

C’est comme rebondissant sur un trampoline. C’est énorme ce que le team a réussi. C’est un fait indéniable à transformer en un atout puisque les joueurs ont engrangé, sur le terrain, un peu plus de capital confiance pour remettre le cap sur le Continent.

La page du Mondial est tournée mais les compétitions avec leurs exaltations, affolements et doses élevées d’adrénaline s’enchainent comme les flammes éclairant l’avenir devant.

Après aussi le sans faute des locaux en CHAN, l’année a été faste pour le football marocain avec les joueurs d’Hervé Renard signant, au parcours éliminatoire de la CAN 2019, une première historique en matant leurs congénères indomptables du Cameroun (2-0).

C’est une victoire avec bonus que les marocains veulent être, non point, un aboutissement mais le début d’un règne. C’est aussi un message lancé signifiant qu’ils entendent bien perdurer sur cette lancée pour se faire une place dans la nef des géants du continent en s’appuyant sur cette nouvelle génération exceptionnelle de joueurs ne manquant ni d’expérience individuelle ni de confiance, des atouts à convertir, en juin prochain, en valeur ajoutée au service du collectif au tournoi majeur africain (CAN).