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Festival de Fès de la culture soufie: Les derviches et les chants spirituels du groupe Taybah égayent la soirée de clôture

Rédigé le 29/10/2018
MAP


La 11-ème édition du Festival de Fès de la culture soufie s'est achevée, samedi soir, avec un spectacle imprégné de spiritualité et de chants mystiques, produit par l'ensemble d'inspiration soufie Taybah, accompagné des Derviches tourneurs, connus pour leur danse rituelle. Le groupe Taybah, qui s'inscrit dans la tradition du chant sacré moyen-oriental, et les derviches ont emporté le public, venu nombreux à cette dernière soirée du festival de Fès de la culture soufie, dans un voyage vers la sphère divine pour s’imprégner de la richesse artistique, intellectuelle et spirituelle du soufisme.

Le groupe s'articule autour d'un soliste, Junayd Bourret (chant et daff), soutenu par Ismail Bourret (voix), Omar jouineau, Larbi Benmelouka, Zacharie Thibon (chœur) et Zayd Bertrand (daff). Depuis 2003, un large public a pu découvrir Taybah notamment à Paris, Marseille, Genève, Bruxelles, Oran ou à Fès, lors des trois dernières éditions du Festival de Fès de la Culture soufie. 

En 2009, le groupe effectue une mini-tournée en Amérique du Nord, où il se produit notamment sur la prestigieuse scène de la Brooklyn Academy of Music, mais aussi à la New-York Public Library et au Festival du Monde Arabe de Montréal. 

Dans une déclaration à la MAP, le président du festival Faouzi Skalli a mis l'accent sur le poids du soufisme dans les différents aspects de la vie dans le monde d'aujourd'hui, au vu de la force spirituelle dont il est porteur, ajoutant que le festival de Fès tente de mettre le patrimoine soufi au service du renforcement de la spiritualité dans ce monde.

Placée sous le thème '’présence du soufisme’’, la 11-ème édition du festival de la culture soufie a jeté la lumière sur la place de grands auteurs du Soufisme tels qu'Ibn Arabi, Rumi, Jami ou Al Jili dans le monde d'aujourd'hui, d'auteurs et penseurs contemporains -tel Mohammed Iqbal- imbibés de l'enseignement de ces grands maîtres et de leurs apports actuels, mais aussi sur la présence des femmes depuis Rabia jusqu'à nos jours au sein de cette culture de l'Islam. 

Le festival a braqué les feux de la rampe sur le patrimoine culturel vivant du soufisme qui est d’une ‘’diversité et d’une richesse dont on peut difficilement rendre compte aujourd’hui’’. 

Ce patrimoine poétique, littéraire et artistique s’exprime dans des centaines de langues et a profondément marqué depuis des siècles différentes sociétés, leurs arts et modes de vie, selon le président du festival.

Cette année, le public a pu apprécier, entre autres, des concerts de l’ensemble Al Firdaus de Grenade, Ali Keeler et Marouane Hajji ainsi que de nombreuses soirées de Samaâ des Tariqas Boutchichiya, Sqalliya, Sharqawiya, Rissouniya et Wazzaniya. 

Au volet débat, une panoplie de rencontres et de tables rondes ont été programmées, notamment ‘’le soufisme : un paradigme de civilisation’’, ‘’le soufisme au féminin’’, ‘’El Andalous : un creuset de rencontres mystiques, l’influence d’Ibn Abbad’’, ‘’la Tijaniya et l’Islam africain’’, ‘’les hauts lieux du soufisme’’, ‘’soufisme et art contemporain’’, ‘’les mausolées de Tombouctou’’ et ‘’le Soufisme aujourd’hui : vers la création d’un patrimoine culturel vivant’’. 

Le Festival de Fès de la Culture Soufie a lieu chaque année depuis 2007. Il aspire, entre autres, à ‘’conforter le positionnement du Maroc dans le dialogue interculturel en jetant un pont entre l’Orient et l’Occident’’. 

Il a également pour objectifs de faire ‘’découvrir ou redécouvrir aux Marocains une culture qui est la leur et leur offrir l’accès à cette richesse artistique, intellectuelle et spirituelle’’, mais aussi de faire connaître à l’international une image positive de l’Islam, grâce au langage universel d’ouverture et de paix que prône la voix spirituelle qui l’habite : le Soufisme