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Alors, vive le sel ou à bas le sel ??

Rédigé le 28/08/2018
Ahmed Belasri - LeMag

New York : C’est devenue une formule fétiche des médecins : Mangez sans sel !! Mais ont-ils raison ?


Une alimentation salée est associée à nombreuses complications de santé. L’hyper-tension artérielle, les maladies cardiaques, les accidents cérébro-vasculaires, les dysfonctionnements des reins, ou encore l’obésité par la rétention de l’eau.

Nombreux médecins prescrivent quasi-instinctivement à leurs patients des régimes alimentaires sans sel, en faisant ainsi l’acte d’hygiène de vie, le meilleur pour une bonne santé.

A BAS LE SEL ?



La communauté scientifique et médicale internationale est, à ce sujet, hargnement divisée.

L’OMS recommande un apport de sodium par jour devant être inférieur à 2g, soit le contenu d’une cuillère à café de sel. 
Mais d’autres adeptes du ‘A bas le sel’ comme l’institut 'American Heart Association’ va plus loin et recommande un seuil à 1,5g / jour.

Leur argument principal est que le sel, et sa molécule constitutive, le sodium est responsable de la liste de maladie cardio-cérébro-vasculaires, endocrinologiques et métaboliques que nous avons cités plus haut.

Selon ce clan de scientifiques anti-sel, l’alimentation au niveau mondial est devenue plus salée et qu’imposer des régimes alimentaires sans sel ou peu salé, notamment en y contraignant l’industrie agro-alimentaire, devrait être un acte de santé publique.

VIVE LE SEL !!



En face les défenseurs du sel, pour qui l’augmentation de la consommation du sel dans le monde est une fable.

Plus encore, ceux-ci défendent que le sel, notamment le sodium est un nutriment essentiel et que des médecins qui recommandent à leurs clients de s’en priver, commettent des erreurs graves, pouvant être nocives pour la santé des patients.

Pour étayer cette thèse, une vaste étude internationale a été menée par des scientifiques du Canada, de Chine, d’Argentine, du Brésil, de Colombie, du Chili, d’Inde, de Pologne, du Pakistan, du Bangladesh, d’Iran, des USA, de Malaisie, de Turquie, de Suède, des Emirats Arabes, d’Afrique du Sud, du Zimbabwe, des Philippines et d’Arabie.

Cette étude intitulée ‘Urinary sodium excretion, blood pressure, cardiovascular disease, and mortality: a community-level prospective epidemiological cohort study’ a été publiée dans la revue scientifique, The Lancet.

Ces chercheurs ont suivi, pendant 8 ans, 94.000 adultes de 21 pays, en se basant sur l'estimation de l'apport en sodium et en potassium calculée à partir d'un seul échantillon d'urine le matin.

Les sujets avaient une alimentation normale avec des apports en sel normaux selon les régimes alimentaires dans leur pays. 

Les chercheurs ont d’abord observé que les chinois étaient ceux qui consomment le plus de sel, soit plus de 5g de sodium par jours. Chez le reste de la population mondiale, la moyenne est de 3g de sodium par jour.

Les chercheurs ont également relevé que ce n’est qu’au delà des 5g de sodium par jour que les risques de maladies commencent à augmenter. Par contre quand ont réduit ou on élimine le sel dans son alimentation, d’autres maladies apparaissent, parmi celles-ci un déséquilibre hormonal pouvant mener à la mort prématurée.

Andrew Mente, chercheur à la McMaster University au Canada et un des auteurs principaux de cette étude a déclaré à ce propos :

‘‘Bien qu'un apport faible en sodium réduise la tension artérielle, à de très faibles concentrations, il peut également avoir d'autres effets, notamment des élévations indésirables de certaines hormones associées à une augmentation du risque de décès prématuré et de maladies cardiovasculaires. L’une des illustrations de ce déséquilibre peut être l'activation du système rénine-angiotensine.’’



Il a conclu :

‘’Notre étude apporte des preuves suggérant qu’à un apport modéré, le sodium pourrait jouer un rôle bénéfique dans la santé cardiovasculaire. Notre corps a besoin de nutriments essentiels comme le sodium, mais la question est de savoir combien.’’