lemag

Défi climatique. Le monde devrait-il s’infranationaliser ?

Rédigé le 06/08/2018
Larbi Amine - LeMag

New York : Le paradis pour les mondialistes, qu’ils soient planétariens ou unilatéralistes, serait un monde sans Etats, géré par un gouvernement mondial, chapeautant des régions et des provinces..



Le défi climatique réaliserait-il leur rêve ? Le changement climatique finirait-il par faire disparaitre les Etats, en tant qu’entités de souveraineté et de gouvernance nationale, au profit d’un gouvernement mondial qui gérerait un monde subdivisé en régions et provinces ?

Les mondialistes en débattent depuis les premières années du 20e siècle, qu’ils soient unilatéralistes (les élites anglo-américaines), ou planétariens (la figure de proue actuelle, en est Vladimir Poutine).

FAILLITE DES ETATS FACE AU DEFIS CLIMATIQUE ?

Les Etats qui gèrent le monde jusqu’ici, sont accusés de faillites. Ils sont stigmatisés comme étant incapables structurellement, de faire face au défi le plus dur auquel, l’humanité a à faire face. 

Pire encore, par leurs politiques économiques, basées sur la croissance perpétuelles, les Etats sont cités comme les plus gros pollueurs. 

Et par leurs politiques souveraines défendant  les intérêts nationaux, les Etats sont perçus comme créant des tensions internationales, empêchant toute coopération efficace face au défi climatique.



INFRANATIONALISATION

Le seul moyen de parvenir à mieux gérer la problématique climatique, qui met en jeu l’existence même de l’humanité sur terre, serait la création d’un nouveau système de gouvernance, qui reconnaît la diffusion du pouvoir.

Selon, Dr. Joshua Busby, expert américain au ‘Center for Climate and Security’, professeur à la ‘University of Texas-Austin’ et membre à vie du think tank ‘Council on Foreign Relations’, le défi climatique est un enjeu existentiel pour l’humanité, qui mérite que le monde accepte de, radicalement, se réformer pour y faire face.

‘’Depuis 1945, même si certains États se sont divisés ou ont échoué, très peu ont disparu. Au cours du siècle à venir, le changement climatique pourrait faire de la mort des pays, un phénomène familier.’’

a-t-il écrit dans une tribune qu’il a signée sur le site du magazine américain, Foreign Affairs.



Dr. Joshua Busby y a plaidé pour la refonte du système de gouvernance au niveau des pays, dans une première étape. D’abord commencer par élaborer, un mode de pouvoir diffus, qui permet d’autonomiser des gouvernorats infranationaux au niveau des régions et des provinces, tout en contrebalançant leurs pouvoirs, par des acteurs civiles associatifs et économiques :

‘’Ces unités infranationales devront se coordonner avec les sociétés privées, les organisations non gouvernementales et les individus très riches. Cet ensemble d’acteurs sont beaucoup plus aptes que les gouvernements nationaux à changer les choses au niveau local.’’

L’expert américain conclut :

‘’la combinaison naissante d’une politique mondialisée et des réseaux infranationaux d’organisations et de personnes dédiés à la résolution de problèmes spécifiques, offre les meilleures chances d’éviter les changements climatiques cataclysmiques.’’