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Frontières africaines. Faut-il abolir le ‘Uti possidetis juris’

Rédigé le 02/07/2018
Larbi Amine - LeMag

Casablanca : Le monde flambe de nationalismes et d’identitarismes. Et l’Afrique n’en échappe pas, au risque de voir exploser ses frontières, presque toutes tracées pour être problématiques.



L’Uti possidetis juris, ce principe de droit romain, que l’Afrique s’est fait imposer, par, soi-disant, souci d’éviter des conflits frontaliers, a-t-il jamais était utile pour la paix sur le continent ? Et devrait-il, au vu de ces piètres résultats, être aboli au profit d’une autre classe de règlements. 

En effet, l’organisation de l’unité africaine – OUA et son héritière l’Union Africaine - UA , ont fait de l’Uti possidetis juris, un principe quasi-sacré. 

Portant l’intitulé juridique de : ‘intangibilité des frontières héritées de la colonisation’, ce principe a permis à des pays artificiels, crées par les puissances coloniales (Algérie, Afrique du Sud, Mauritanie et bien d’autres…..) d’hériter de tracés frontaliers illégitimes, des points de vue du droit international et de l’histoire.

L’organisation panafricaine, voulant effacer les risques des conflits frontaliers, à imposer l’Uti possidetis juris, qui a eu l’effet contraire. Le cas le plus édifiant est celui du Maroc, qui s’est vu, au nom de l’Uti possidetis juris, dépossédé de vastes portions de ses territoires historiques, au nord, à l’Est et au sud.



ABOLIR L’UTI POSSIDETIS JURIS

Ce principe de droit, crée des crises plus qu’il n’en résout. Des nations africaines historiques et légitimes, se voient toujours lésées dans leurs droits, au profit de pays artificiels et incohérents, dessinées dans les années 60, par les puissances coloniales.

Ce sentiment d’injustice, en cette ère mondiale des montées des nationalismes et des revendications identitaires, ne fait que s’exacerber, en encourant au continent, des risques de guerres frontalières.

Selon un récent rapport du Think Tank marocain, OCP Policy Center, rédigé par le diplomate marocain chevronné, l’ambassadeur Mohammed Loulichki, il est temps pour l’Afrique d’adopter un nouvel ordre des frontières.

Dans ce rapport intitulé ‘L’intangibilité des frontières africaines à l’épreuve des réalités contemporaines’, l’expert marocain a plaidé pour une refonte en profondeur de la politique panafricaine des frontières, car le fait est là, l’Uti possidetis juris est une faillite et son maintien engendre des risques insurmontables pour la paix dans le continent.

Le rapport de l’OCP Policy Center appelle à la mise en place d’un mécanisme multi-outils, devant permettre d’aboutir à des rectifications négociées des tracés frontalières. Et pour que ces solutions puissent être durabilitées, elles devraient être renforcées par des mécanismes de médiation et consacrées par des projets économiques transfrontaliers d’envergure.

Ainsi, conclut le think tank marocain, de frontières problématiques voire explosives, en passerait à des frontières africaines développant socio-économiquement et favorisant l’intégration africaine.


OCP-PC - Intangibilité des frontières africaines -  réalités contemporaines.pdf OCP-PC - Intangibilité des frontières africaines - réalités contemporaines