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Mondial-2018: un article misogyne d'un tabloïd russe provoque l'indignation

Rédigé le 30/06/2018
AFP


Moscou - Un article misogyne d'un tabloïd russe sur "la vénalité des femmes russes" leur reprochant de "draguer les étrangers" venus en Russie pour le Mondial-2018 de foot suscitait vendredi de nombreuses réactions indignées en Russie.

"Devant les étrangers, de nombreuses Russes se conduisent comme des putes", écrit sans détour le quotidien Moskovski Komsomolets (MK), dans une tribune signée Platon Bessedine et publiée mercredi soir.

"Nous avons éduqué une génération de putes, prêtes à ouvrir leur jambes dès qu'elles entendent le son d'une langue étrangère", affirme-t-il, assurant que "la conscience des filles russes, qui draguent les étrangers, ne connait pas la signification du mot honte, de la morale".

La Coupe du Monde a révélé "la dépravation de notre société, prouvée auprès des étrangers par la débauche des femmes russes, prêtes à tout pour attirer l'attention, ou encore mieux, la gratitude des +maîtres blancs+ (même un Brésilien vaudra mieux que nos paysans)", continue-t-il.

"Nous sommes fiers de la façon dont la Russie détruit les clichés qu'on a sur elle mais il y en a un qui ne cesse d'être confirmé pendant la Coupe du Monde: la vénalité des femmes russes", martèle-t-il.

Une pétition avec plus de 19.000 signatures vendredi après-midi sur le site Change.Org exigeait la suppression de l'article et des excuses publiques de son auteur ainsi que de la rédaction de Moskovski Komsomolets.

"L'ensemble de cet article est une humiliation directe contre les femmes russes", accusait le manifeste de cette pétition, ajoutant que le texte constituait une "incitation à la haine", punie par la loi.

Dans une tribune publiée sur son site, l'édition russe du magazine Cosmopolitan dénonce "un mélange infernal de misogynie, d'ignorance et de racisme somptueusement étalé dans les pages d'un média national".

Les femmes russes "ont osé choisir le camp des ennemis: tu salis notre réputation! tu t'offres à l'Occident! brûle, hérétique!", ironise Cosmopolitan, ajoutant: "Voilà comment les hommes russes nous traitent: il n'y a plus d'illusion possible maintenant".

Sur les réseaux sociaux, les critiques de l'article fusaient avec le mot-clé "Honte à MK", les initiales du journal. "Les femmes ont le droit de coucher avec qui elles veulent!", a rappelé sur Facebook Daria Cerenko, 25 ans.

Depuis le début du Mondial-2018, plusieurs cas de sexisme ont défrayé la chronique.

Des femmes, notamment des journalistes de télévision, ont dénoncé des attouchements.

La chaîne de fast-food Burger King s'est excusée pour une publicité qui proposait des hamburgers gratuits aux femmes russes "tombées enceintes de stars du football" pendant le Mondial.

Une députée russe, Tamara Pletneva a aussi mis en garde les femmes russes contre les relations sexuelles avec des étrangers pendant le Mondial, au risque de devenir des mères célibataires.