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Phosphates. L’UE va-t-elle désavantager le Maroc pour se laisser dominer par la Russie ?

Rédigé le 17/04/2018
Adam Sfali - LeMag

Londres : Selon la ‘National Farmers' Union of England and Wales’, si l’UE adopte une loi sur les engrais phosphatés, qui désavantagerait le Maroc, elle octroierait à la Russie un pouvoir quasi-absolu sur sa sécurité alimentaire.



L’Europe légiférerait-elle contre ses propres intérêts ? La commission européenne a lancé ses discussions finales sur les propositions de règles visant à limiter la quantité de cadmium dans les engrais phosphatés. Une nouvelle loi, devrait être adoptée d'ici la fin du mois de juin.

Si cette loi passe, portant une limitation des taux de Cadmium, un métal naturel contenu dans les phosphates, cela signifierait un désavantage commercial gigantesque pour le Maroc, et un atout concurrentiel énorme pour la Russie.

Ce fait est que l’UE, après s’être laissé dominer par la Russie dans le domaine de l’approvisionnement en gaz naturel, octroyait à son grand rival eurasiatique, un autre outil de puissance : la domination de son marché d’engrais et les pleins pouvoirs sur la sécurité alimentaire européenne.

L’ALARME DE LA NFU



Selon le syndicat agricole britannique ‘ The National Farmers' Union of England and Wales’, l’Europe se laisserait dicter une politique contre ses propres intérêts, par des lobbys écologistes, bornés par leurs idéologismes et facilement manipulables par les oligarques russes.

Les nouvelles règles que ces lobbys entendent imposer en UE, interdiraient l’entrée en Europe des phosphates qui contiennent plus de 20 mg de cadmium au kilogramme. Ceci signifierait pour le Maroc, que ses produits phosphatés seraient fortement désavantagés face à la concurrence russe, dont le phosphate ne contient naturellement que très peu de cadmium. 

Citée par le journal britannique, The Daily Telegraph, la NFU a indiqué que les études scientifiques qui prétendent que le cadmium serait dangereux pour la santé, sont peu crédibles à l’heure actuelle. Et rien ne justifierait les limitations des taux, que les législateurs européens, sous influence des lobbyistes russes, voudraient imposer en juin prochain.  

En ces temps de grands conflits entre l’occident et la Russie, l’UE, déplore la NFU, n’a pas à faire un tel cadeau aux russes, qui plus est, la mettrait en position de faiblesse et de fragilité quant à sa sécurité alimentaire. En plus du fait que les concurrents marocains et chinois de la Russie, sur le marché européen des engrais, en seraient déloyalement sanctionnés.