Commentaires

Aucun commentaire
Soyez le premier à réagir
lemag

Pr Robert Springborg : 2018, ne sera pas une année ‘vintage’ pour le Maghreb

Rédigé le 10/01/2018
Larbi Amine - LeMag

New York : La stabilité sociale, l’ancrage fort des régimes politiques, la maîtrise sécuritaire.. sont-ils réduits à être des  ‘souvenirs d’antan’ au Maghreb? 

 



Le mieux que peuvent espérer les pays du Maghreb, c’est que l’année 2018 ne soit pas encore plus mauvaise que l’a été pour eux, 2017.

Ainsi a écrit, le professeur Robert Springborg, grand expert du monde arabe au Belfer Center For Science and International affairs, relevant de la ‘Harvard Kennedy School of Government’, à Cambridge dans l’Etat US du Massachussetts.

Dans une tribune qu’il a signé, sous le titre très alarmiste, ‘The Middle East in 2018: From the frying pan into the fire’, Pr Springborg a indiqué que le Maghreb n’aura pas bonne mine en 2018. Certes à degrés divers, mais sans nulle exception.

Tout le monde y passe s’est-il alarmé. Les difficultés économiques découlant sur des crises sociales plus ou moins graves, seront les mêmes pour le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.

DE-LIBERALISATION POLITIQUE AU MAROC ?



Selon Robert Springborg, l’éclaircie démocratique amorcée par le Roi Mohammed VI, en anticipation du printemps arabe, en 2011, pourrait arriver à terme en 2018.

La libéralisation politique n’a pas abouti à une revigoration économique assez intense pour ressouder la société dans un environnement stable et paisible. 

‘’Le Maroc a réagi en 2017 aux difficultés économiques croissantes et aux défis politiques latents en inversant les libéralisations précédentes et en serrant la vis aux dissidences.’’     

Et cette tendance, croit Springborg, se poursuivrait avec plus de véhémence en 2018. 

L’expert américain s’est demandé, à cette occasion, si ce qu’il qualifie de ‘baisse apparente de dextérité politique du Roi Mohammed VI’’, ne serait-elle pas à cause d’un souci de santé.

ALGERIE : PURGE SUCCESSORALE



En Algérie la situation sera la pire du Maghreb. Peut-être juste un peu mieux que la Libye, indique le politologue harvardien.

Le président Bouteflika n’existant plus politiquement depuis des années à cause de sa grave maladie au cerveau, crée une vacation non dite de pouvoir,  donnant lieu à une guerre intestine au sein du régime, menaçant de chaos, toute la méditerranée occidentale. Et économiquement et socialement, l’Algérie est au bord du précipice.

‘’La guerre des clans du pouvoir, qui a commencé en 2017, redoublera d’intensité en 2018. L'instabilité politique face à la détérioration constante de la situation économique algérienne mettra en péril la paix intérieure fragile qui prévaut depuis la fin de la décennie noire.’’ 

TUNISIE : LE DESEQUILIBRE POLITIQUE



Si la petite démocratisation post-printemps arabe en Tunisie, lui a évité de s’égyptianiser, c'est-à-dire de sombrer dans une néo-dictature policière, grossièrement oppressante, la gestion économique du pays laisse à désirer, relève, Pr Springborg.
5 ans après sa révolte colorée, la Tunisie n’arrive toujours pas à se relever économiquement.

Cette situation de crise permanente pèse énormément sur la société, qui réagit et continuera, par des explosions parfois violentes, notamment dans les zones recluses et marginalisées.

La Tunisie, souligne Springborg, s’est refaite autour d’un équilibre politique tripartite, incluant ‘islamistes’, laïques et résidus de l'état profond, en particulier les sécuritaires, et cet équilibre est aujourd’hui dangereusement précarisé.

‘’Si la Tunisie finit 2018 dans les mêmes situations politiques et économiques précaires dans lesquelles elle la commence, elle peut se considérer chanceuse.’’