Etes-vous un accro de l’information ?

Etes-vous un accro de l’information ?

Rédigé le 13/08/2019
Adam Sfali

New York : Une surexposition aux informations peut agir sur le cerveau de la même manière qu’une drogue.



Plusieurs classes de nouvelles addictions font leur apparition dans nos vies, à l’aune des sociétés d’hyperconsommation dans lesquelles nous vivons et de nos environnements ultra-connectés.

Jusqu’ici l’on ne savait des addictions que celles des toxicomanes, des alcooliques ou des joueurs de hasard, dont les vies, les familles et les santés se ruinent avec fracas, à cause de leurs dépendances.

Mais il existe d’autres types d’addictions, qui sont moins visibles et dont les effets à long terme sur les santés mentales, psychiques et physiques, devraient être également très inquiétants.

LA CURIOSITE OISIVE

Il y a les addictions à la ‘malbouffe’, à la pornographie ou aux jeux vidéos, mais il existe une qui est assez inédite, c’est l’addiction aux informations.

Les scientifiques l’appellent la curiosité oisive. Si on est là, tout le temps, son smartphone à la main, à scruter interminablement les sites d’informations, les alertes E-mails ou les post sur les réseaux sociaux, c’est qu’on est peut-être souffrant d’une addiction.

Selon une nouvelle étude de la ‘University of California, Berkeley’, l’addiction aux informations peut agir sur le cerveau de la même manière qu’une drogue.

Les professeurs Kenji Kobayashi et Ming Hsu, les deux auteurs de cette étude intitulée, ‘Common neural code for reward and information value’, ont mené une recherche sur un groupe de volontaires de 37 individus, auxquels ils ont fait passer des examens cérébraux  avec des scanners IRMf. Ce qu’ils ont découvert est assez stupéfiant.

Chez ces 37 sujets choisis parce qu’ils sont de gros consommateurs d’infos sur smartphones, ils ont constaté aux niveaux de leurs cerveaux, une sur-activation du striatum et du cortex préfrontal ventromédian (VMPFC).  

Selon les deux chercheurs californiens, la surconsommation d’information a eu sur les cerveaux de ces sujets de l’étude, le même effet que s’ils avaient pris de la drogue.

Ces scientifiques ont indiqué que les informations peuvent constituer une récompense en soi, même si on n’en retire aucun autre bénéfice tangible.

Les professeurs Kenji Kobayashi et Ming Hsu ont en conclu :

Nous avons pu démontrer pour la première fois l'existence d'un code neuronal commun pour l'information et d’autres types d’addictions comme les jeux d’argent ou les drogues, ce qui ouvre la porte à de nombreuses questions passionnantes sur la manière dont les gens consomment et parfois surconsomment l'information.