La finance islamique au Maroc, un raté ?

La finance islamique au Maroc, un raté ?

Rédigé le 31/07/2019
Larbi Amine

New York : Le secteur bancaire islamique représentait toujours moins de 1% du total des prêts du secteur bancaire.

 



La finance islamique ne décolle pas au Maroc. C’est là le constat sans ambages, que vient de faire l’agence de notation internationale, Fitch Ratings.

Par voie de communiqué, publié, hier 30 juillet 2019, l’agence new-yorkaise a signalé l’extrême faiblesse, au royaume, du secteur de la finance islamique, appelée au Maroc, la finance participative.

Ce secteur nouveau est sensé être conforme aux aspirations religieuses des marocains qui, d’apparat, honnissent l’usure (الربا), mais dans les faits ne se sont que insignifiament convertis à la bancarisation islamique.

En effet, s’étonne Fitch Rating, le secteur bancaire islamique n’a représenté que moins de 1% du total des prêts du secteur bancaire à fin 2018. La majeure partie de ses prêts n'ont concerné que des financements hypothécaires et automobiles, principalement aux clients de détail, sous la forme de contrats ‘murabaha’.

Le financement islamique des investissements et les prêts aux entreprises sont quasi-nuls, ajoute Fitch Ratings. C’est là, le signe que ce secteur est un raté monumental au Maroc.

Si la finance islamique au Maroc s’est lancée faiblement, son futur à moyen terme n’en serait pas mieux, prédit Fitch Ratings.

Selon elle, les banques à participation n’occuperont pas, à moyen terme, une part de marché significative, comparées aux banques classiques bien établies. La croissance future du secteur est limitée par le manque de sources de financement et par le manque de sensibilisation du public.

Autre élément cruciale que Fitch a relevé, est le manque de confiance des marocains dans les services financiers islamiques. 

L’agence de notation internationale indique en fin, qu’il faudra beaucoup plus de temps et d’effort de sensibilisation, pour attirer l’attention des consommateurs marocains et gagner leur confiance.

A noter que le secteur de la finance islamique est animé par les plus grandes banques conventionnelles du Maroc qui ont choisi de créer des filiales bancaires islamiques distinctes, par opposition aux guichets islamiques. Bank Assafa, filiale islamique d'Attijariwafa Bank, est le leader du marché avec une part de marché de 53% par financement et de 63% par dépôt. 

Au niveau africain le royaume en cette matière demeure à la traîne, même si les efforts croissants des autorités financières marocaines pour jouer un rôle moteur dans la stimulation de la finance islamique sont favorables à la croissance.