Maroc – UE : Un énorme et très difficile chantier bicontinental d’avenir

Maroc – UE : Un énorme et très difficile chantier bicontinental d’avenir

Rédigé le 31/07/2019
Larbi Amine

Madrid : ‘‘La solidarité entre l'Europe et l'Afrique n'est pas (…) une sorte d'association basée sur la philanthropie à sens unique (..) elle doit devenir un véritable partenariat horizontal.’’



Le Roi Mohammed VI s’exprimait ainsi en novembre 2017.

Cette partie de l’allocution royale prononcée par le souverain, devant les chefs d’Etats et de gouvernement africains et européens, réunis pour le sommet UA – UE, à Abidjan en Côte d’Ivoire, a été qualifiée par l’ancienne ministre espagnole des affaires étrangères, Ana Palacio, de vision stratégique devant redéfinir l’avenir de la relation entre l’Afrique et l’Europe, le Maroc et l’UE.

Ana Palacio qui a servi sous José Maria Aznar et qui avait eu à gérer en juillet 2002, la stridente crise maroco-espagnole de l’île du Persil, a signé, hier 29 juillet, au sujet de la célébration des 20 ans de règne du Roi Mohammed VI,   une tribune intitulée, ‘Europe’s Partnership with Morocco’.

Dans son article l’ancienne ministre espagnole a relevé une épineuse question : Le Roi du Maroc a montré le chemin que devrait emprunter l’Afrique et l’Europe pour leur avenir en commun, mais, a-t-elle ajouté, 

les Européens sont d’accord, mais ne savent pas trop comment s’y rendre.

En effet, indique Ana Palacio,

les Européens ont compris et reconnu que leur avenir était étroitement lié à celui de l'Afrique. Plus que de simples voisins qui doivent coexister, les deux continents font face à l’avenir avec un sentiment croissant de destin partagé.

Mais de là à transformer ce sentiment en démarche stratégique applicable sur le terrain, c’est là tout le défi.

LE MAROC A L’AVANT-GARDE

Selon Ana Palacio, la réémergence du Maroc en Afrique est spectaculaire et va à redéfinir les cartes stratégiques de la région. 

En 20 ans de règne, le Roi Mohammed VI a fortement impulsé un déploiement économique extraordinaire du Maroc en Afrique. Et en 2017, il a couronné cette marche stratégique par un retour des plus triomphants, à l’Union Africaine.

L’Europe, souligne Ana Palacio tient là, grâce au modèle marocain, une opportunité précieuse pour redessiner sa politique africaine.

Le Maroc avec ses petits moyens, arrive à faire de grandes et pertinentes réalisations en Afrique, notamment dans les volets économique, religieux et sécuritaire.

Le modèle marocain, pourrait servir d’exemple à suivre par l’UE, dans sa future relation avec l’Afrique. 

Redéfinir un nouveau partenariat stratégique bicontinental, devrait être la thématique nouvelle des relations entre le Maroc et l’UE. C’est un chantier énorme, difficile et prometteur. 

Il s’agirait d’appliquer une multiplication de forces, de volumes et d‘effets, à des politiques marocaines que le royaume mène à sa mesure, aux échelles nationale et continentale, dans des domaines comme l’investissement, l’éducation, la sécurité, le développement régional, la démocratisation, l’autonomisation des femmes, la promotion des diversités culturelles, l’innovation, les énergies renouvelables, les infrastructures, l’eau, l’agriculture, ect.

Le Maroc et l’UE ont beaucoup d'expérience dans la collaboration. À présent, ils doivent s’appuyer sur les bases qu’ils ont posées au cours des 20 dernières années pour créer un partenariat plus vaste reliant les deux continents.

A présent, le Maroc et l’UE doivent s’ingénier pour un avenir en commun de l’Europe et l’Afrique.