Boris Johnson, premier ministre au Royaume-Uni. Quel effet sur le Maroc ?

Boris Johnson, premier ministre au Royaume-Uni. Quel effet sur le Maroc ?

Rédigé le 29/07/2019
Larbi Amine

Londres : Boris Johnson est un ‘Trump’ britannique. Audacieux et non moins intelligent. Un peu xénophobe, un peu islamophobe. Il n’en demeure pas moins un inconditionnel du Business.



Quelles relations seront entre le Maroc et la Grande Bretagne sous Boris Johnson ?

L’arrivée au 10 Downing Street du tonitruant hyper-conservateur anglais Boris Johnson, pose la question de quelles seront ses priorités diplomatiques, après sa mission première, le Brexit ?

Ce jumeau mental de Donald Trump, inquiète par son historique en termes de commentaires incendiaires, qu'il a faits à propos des musulmans. 

Son arrivée coïncide aussi avec la survenue d’événements plus ou moins graves, dans la zone MENA, notamment la crise au détroit d’Ormuz avec l’Iran et la quasi-faillite du plan américain pour une paix économique, entre palestiniens et israéliens.  

QUEL IMPACT SUR LE MAROC ?

Le Maroc, dans ce maelström arabe est une île de paix et de stabilité. Avec le royaume, le nouveau premier ministre britannique, pourrait développer sa stratégie post-Brexit.

Boris Johnson, qui est un inconditionnel du Business, considère que la Grande Bretagne devrait compenser sa sortie de l’UE par la conclusion d’une série d’accord commerciaux avec les USA et avec les marchés émergents voisins de l’Angleterre, dont le Maroc en fait partie.

Selon le stratégiste Wes Schwalje, du cabinet de conseil basé à Dubaï, Tahseen Consulting, la priorité pour Boris Johnson, après le Brexit et la crise avec l’Iran, sera de développer les relations économiques et commerciales avec le Maroc, mais aussi, avec la Turquie, Israël, l’Algérie, l’Egypte, la Jordanie  et les pays du CCG.

La forte dimension africaine du Maroc et son futur rôle gazier dans le continent donnerait également plus de substance stratégique aux relations du royaume avec l’Angleterre de Johnson, sans oublier non plus, le volet sécuritaire extrêmement important, au vu de la situation dans la zone MENA, de plus en plus compliquée par l'influence des intérêts indirects.

Néanmoins concernant l’affaire du Sahara, le Maroc devrait être beaucoup plus offensif auprès de Boris Johnson, car celui-ci risque de se contenter des récits pro-algériens que finance grassement le pouvoir d’Alger (ou du moins ce qui en reste). Boris Johnson, comme l’explique Chris Doyle, directeur du Council for British Arab Understanding basé à Londres, n’est pas un homme de détail et même s’il est intelligent, il n’est pas réputé être un grand travailleur. Donc avec lui, tant de dossiers risquent de passer à la trappe des stéréotypes généralistes préconçus.