Sondage. Comment les marocains vivent-ils la corruption ?

Sondage. Comment les marocains vivent-ils la corruption ?

Rédigé le 15/07/2019
Adam Sfali

Casablanca : Plus de la moitié pensent que la corruption s’est aggravée ces 12 derniers mois, et plus des trois quarts trouvent que le gouvernement ne fait rien pour lutter contre. 



L’ONGI Transparency International et le réseau panafricain Afrobaromètre ont produit un vaste sondage sur la perception de la corruption en Afrique.

Les résultats de ce sondage, qui a couvert plus de 47000 personnes dans 35 pays africains, ont été publiés, sous forme de rapport intitulé ‘Global Corruption Barometer Africa 2019 - Citizens’ Views And Experiences Of Corruption’.

Les résultats de ce sondage concernant le Maroc ont été tristement choquants.

En effet, interrogés sur comment ils vivent la corruption, les marocains ont classé leur royaume, à la 20e place africaine en matière d’aggravation de la corruption ces 12 derniers mois.



Les sondeurs internationaux ont exploré, auprès de leurs répondants marocains, comment la prévalence de la corruption a varié ces derniers temps, et comment elle se concrétise à travers quatre points clés de contact avec l'État: les hôpitaux, les écoles, la police et les lieux de délivrance des documents d'identité.

Les résultats ont été comme suivants : 32% des marocains disent être obligés de verser des pots de vin dans les hôpitaux publics. 31% à la police. 18% dans les centres de délivrance de pièce d’identité et 6% dans les écoles pour la scolarisation des enfants.

Plus généralement, 53% des marocains pensent que la corruption s’est aggravée ces 12 derniers mois.

31% affirment avoir été obligés de verser des pots de vin dans les différents services de l’Etat.

74% pensent que le gouvernement marocain n’est pas efficace dans la lutte contre la corruption.

Et 49% des marocains pensent que c’est au peuple de se battre pour éradiquer la corruption.



Au niveau africain, le rapport estime que plus de 130 millions de personnes ont versé des pots-de-vin au cours de la dernière année alors qu'elles cherchaient à avoir accès à des services quotidiens comme les soins de santé, l'éducation, demander une pièce d'identité ou avoir une chance à la justice.

Les personnes qui sont obligés de payer des pots-de-vin, concluent les sondeurs, sont généralement les plus pauvres et les défavorisées sociaux.