Maroc. Faut-il une démocratie à l’occidentale pour réussir un vrai modèle de développement ?

Maroc. Faut-il une démocratie à l’occidentale pour réussir un vrai modèle de développement ?

Rédigé le 02/07/2019
Larbi Amine

Casablanca : Le Maroc est en quête d’un nouveau modèle de développement et l’ONU indique qu’une démocratie pleine en est le prérequis.



En octobre 2018, le Roi Mohammed VI avait chargé une commission ad-hoc de collecter les contributions des acteurs publics, politiques et associatifs, à l’élaboration d’un nouveau modèle de développement global du royaume.

Ce nouveau modèle tel que prôné par le souverain, doit constituer une nouvelle feuille stratégique du royaume pour la réalisation des objectifs d’un développement durable, économique, social, culturel, humain et environnemental, profitant à tous, en répondant à un impératif égalitaire appuyé.

Or la question qui se pose, est de savoir s’il faille inclure à cette liste de cadres de développement, un autre : celui du développement politico-démocratique.

Selon l’ONU, la démocratie pleine est un prérequis pour tout développement. L’instance internationale en a même fait un de ses ODD (Objectif de développement durable que les pays se doivent d’atteindre à l’horizon 2030).

En effet, dans son ODD 16, l’ONU préconise la promotion d’une société ouverte et pacifique avec garantie, pour tous, d’un accès à la justice et à des services publics efficaces dans le cadre d’institutions politiques libérales, responsables et rendant des comptes.

L’ONU a ajouté que même pour la réalisation de tous ses autres ODD (il y en a 17), seule une pleine démocratie, apportant la garantie d’une bonne gouvernance, l’organisation d’élections libres et équitables, dans le respect de toutes les lois en matière de responsabilité, de transparence, de séparation des pouvoirs et de respect des droits des enfants, des femmes et des groupes vulnérables, et bien seule cette démocratie dite à l’occidentale, est à même de permettre la réussite d’un vrai modèle de développement.

LA QUESTION SERA-T-ELLE POSEE AU MAROC ?    

Le Maroc est une monarchie démocratique tel que annoncé dans l’article premier de la constitution du royaume

Mais cette démocratie marocaine est sujette à débat pour sa qualification, son degré et son fonctionnement. 

Dans son rapport ‘Democracy Index 2018’, le think tank britannique, The Economist Intelligence Unit – EIU, classe le Maroc, dans la catégorie des régimes hybrides.

Un régime politique hybride est une démocratie que l’on peut qualifier de plusieurs manières : une démocratie partielle, une démocratie autoritaire, illibérale, ou bien un régime mi-démocratique mi-autoritaire.

Sous tous ces qualificatifs, et qui s’appliquent au royaume, la démocratie n’est pas pleine. Un certain degré d’autoritarisme et de concentration des pouvoirs, amoindrit la compétition politique et réduit l’effet des processus électoraux ainsi que celui de la possibilité de l’application des programmes et des promesses électorales.

La démocratie ‘illibérale’ marocaine, pourrait, suivant le point de vue onusien, constituer un frein au développement global du royaume et l’absence d’un volet politique dans le futur nouveau plan de développement, pourrait entamer ses chances de réussite.

MAIS….

Il existe des contre-exemples de régimes démocratiques autoritaires comme le Maroc ou même de non démocratie, qui brillent socio-économiquement et qui  atteignent des degrés de développement qui font rêver.

C’est le cas de Singapour qui est une démocratie très autoritaire, beaucoup plus que le Maroc et qui compte parmi les nations les plus prospères au monde. 

Il y a aussi le cas d’une dictature liberticide comme la Chine, qui offre à ses milliard et centaines de millions de citoyens, une vie en pleine prospérisation.

La démocratie est un processus d’apprentissage long. Et dans une vieille nation comme le Maroc, qui n’a jamais eu de tradition démocratique, tout au long de ses dizaines de siècles qui font son histoire, serait-il opportun et sécurisant pour la société et le pays de se convertir, sans préalable, au démocratisme occidental?

Finalement, faudrait-il inclure au futur nouveau modèle de développement marocain, un volet éducation démocratique ?