Le Maroc bénéficie-t-il assez du juteux marché mondial de la gastronomie durable ?

Le Maroc bénéficie-t-il assez du juteux marché mondial de la gastronomie durable ?

Rédigé le 25/06/2019
Larbi Amine

London : Ce marché représente une valeur commerciale annuelle de plus de 50 milliards de dollars dans le monde.

 


Le 18 juin dernier, le monde a célébré la journée mondiale de la gastronomie durable, instituée par l’assemblée générale des nations unies, le 21 décembre 2016.

A cette occasion la FAO et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement – BERD avaient produit conjointement, une étude consacrée à ce qu’ils ont considéré comme l’illustration type de la gastronomie durable : Les produits alimentaires ayant un label d'indication géographique (IG).

L’étude intitulée Strengthening Sustainable Food Systems Through Geographical Indications, a analysé l’impact économique de l’enregistrement des indications géographiques de neuf produits dans le monde, dont un est au Maroc.



Il s’agit du safran Taliouine du Maroc, le café colombien, le thé Darjeeling en Inde, le chou Futog de Serbie, le café Kona des USA, le fromage Manchego d’Espagne, le poivre de Penja au Cameroun, le fromage Tête de Moine de Suisse et le vin Vale dos Vinhedos du Brésil.

Selon la FAO et la BERD, l’indication géographique d’un produit alimentaire constitue un formidable potentiel de développement à l’échelle locale, dans la région concernée, mais aussi national et sur le marché mondial de ces produits qui pèse plus d’une cinquantaine de milliards de dollars.

L’étude, à ce propos, souligne le cas du Safran Talouinine au Maroc. Cette variété est produite essentiellement dans une zone de montagne très spécifique avec un climat semi-aride dans les communes de Taliouine et de Taznakht. 



Sa production est effectuée grâce à un savoir-faire traditionnel qui lui confère, en plus de sa valeur économique, un statut de patrimoine culturel.

Selon les deux institutions internationales, l’attribution au Safran Talouine de ‘l'appellation d'origine protégée – AOP’, qui a valeur de label d’indication géographique, a produit des effets très bénéfiques aux niveaux, économique, social et culturel, dans sa zone de production.

Le Safran Taliouine, produit majoritairement par des femmes, a permis une valorisation sociale significative dans sa région. Environ 1400 agriculteurs participent à cette culture, couvrant une superficie d’environ 850 hectares. 



Le safran Taliouine représente 95% de la production nationale et l’AOP a pu hisser le Maroc au rang de quatrième producteur mondial avec un peu plus de 4 tonnes de production annuelle. La filière indique la FAO et la BERD a également bénéficié d’un soutien actif de la part du gouvernement marocain, via le plan Maroc Vert.

Emmanuel Hidier, économiste principal à la FAO a déclaré à ce propos,

Le label d’indication géographique constitue une approche des systèmes de production et de commercialisation des produits alimentaires qui place les considérations sociales, culturelles et environnementales au cœur de la chaîne de valeur.

Dans le cas du Maroc, a-t-il ajouté

L’AOP a constitué une voie vers le développement durable pour les communautés rurales en promouvant un produit de qualité, en renforçant les chaînes de valeur et en améliorant l'accès à des marchés d’exportation plus rémunérateurs.

A noter qu’au royaume et depuis l’adoption du label d’indication géographique pour le Safran de Taliouinie, le nombre de coopératives majoritairement féminine et de producteurs impliqués dans ces coopératives a été multiplié par sept.