Quatre initiatives politiques pour lutter contre le travail des enfants

Quatre initiatives politiques pour lutter contre le travail des enfants

Rédigé le 20/06/2019
Larbi Amine

New York : Le monde vient de célébrer, le 12 juin dernier, la journée mondiale contre le travail des enfants. Ce fléau dévaste encore, nombreux pays, dont le Maroc, et même, oh grande surprise !! un pays ultra-riche comme les USA.



Des fillettes au Maroc travaillent 18 heures par jour comme petites bonnes pour des employeurs riches (..) Des garçons au Ghana portent de gros sacs sur les sites miniers (..) et des garçons de moins de 12 ans sont intoxiqués en travaillant dans les champs de tabac, en Caroline du Nord, au Kentucky, dans le Tennessee et en Virginie.

Ainsi a écrit Jo Becker, directrice des activités de défense des droits de l’enfant à l’ONGI, Human Rights Watch - HRW.

Dans une tribune qu’elle a signée sur le site d’actualité politique washingtonien, The Hill, à l’occasion de la célébration mondiale de la journée contre le travail des enfants, l’activiste américaine a dénoncé la persistance, en dépit des grands efforts, du phénomène de travail des enfants, notamment le triste cas des petites bonnes au Maroc, lesquelles, en plus d’être lésées dans leurs droits d’enfants, à l’éducation, à une vie décente et protégée, sont souvent victimes de maltraitances, de sévisses sexuelles et de moult maladies.

Mais avec la même vigueur, Jo Becker s’est effarée d’une situation inimaginable dans un pays ultra-riche comme les USA, dans lequel, des enfants de moins de 12 ans sont forcés de travailler dans des fermes agricoles. 

Le cas, a-t-elle dénoncé, le plus criard est celui des enfants américains qui travaillent dans les champs de tabac dans les Etats US de Caroline du Nord, au Kentucky, dans le Tennessee et en Virginie.



La majorité d'entre eux sont victimes de symptômes correspondant à des intoxications aiguës à la nicotine, notamment des nausées, des vomissements, des maux de tête et des vertiges.


POUR LUTTER CONTRE LE TRAVAIL DES ENFANTS

Selon Jo Becker, le travail des enfants est le symptôme d’un mal plus profond et plus généralisé, reflétant à la fois, un malaise social, l’absence des droits et la faiblesse de la gouvernance.

Pour lutter contre, la réponse, ajoute-elle, devrait être globale et non limitée à une petite action directe autour des enfants eux même.

L’organisation internationale du travail – OIT avait défini quatre initiatives politiques, dont certaines ont été mise en œuvre, certes à petite échelle, au Maroc, afin de réduire ce phénomène de travail des enfants, qui en plus de détruire leur avenir, met en danger l’avenir de toute la société ainsi que celui  du pays.

D’abord l’éducation : Le plus fondamental est d'élargir l'accès des enfants à l'éducation. Lorsque le gouvernement supprime les obstacles à l'éducation, en construisant plus d'écoles et en améliorant leur qualité, les enfants sont plus susceptibles d'aller à l'école que d'entrer sur le marché du travail.

Deuxièmement renforcer la protection sociale afin de venir en aide aux familles les plus pauvres et les plus vulnérables. Au Maroc, un petit programme appelé ‘Tayssir’, consistant à verser de petites allocations mensuelles à des familles pauvres en échange de leur engagement à scolariser leurs enfants, attend d’être généralisé. Le principe est de remplacer pour les familles, le revenu perdu des enfants qui ne travaillent plus.

Troisièmement, garantir un travail décent aux adultes. Si les parents d'un enfant ne sont pas en mesure de gagner convenablement leur vie, ils seront beaucoup plus susceptibles de faire travailler leurs enfants.

Enfin, quatrièmement, une bonne gouvernance publique, à travers la mise en place de lois efficaces contre le travail des enfants, à condition de veiller à leur  application. Les textes législatifs ne suffisent pas à eux seuls, mais lorsqu'ils sont appuyées par une surveillance efficace du marché du travail avec à la clé des pénalités significatives, ce phénomène peut être réduit.

A noter, pour finir sur une note plus positive, que le travail des enfants dans le monde a tendance à reculer. Au cours des 30 dernières années, le nombre d'enfants astreints au travail a diminué de plus d'un tiers, passant de 245 millions à 152 millions. C'est 94 millions d'enfants de moins qui travaillent dans des conditions dangereuses ou à un jeune âge.