2019 – 2020 : El Niño salerait-il trop la facture alimentaire du Maroc ?

2019 – 2020 : El Niño salerait-il trop la facture alimentaire du Maroc ?

Rédigé le 18/06/2019
Larbi Amine

Moscou : Un phénomène El Niño, particulièrement sévère, est en train de dévaster les plus grands bassins mondiaux de productions agricoles.



Les cours des produits agro-alimentaires dans le monde risquent d’exploser cette année. 

En cause un gros dérèglement climatique, particulièrement sévère, qui dévaste plusieurs parmi les plus grandes zones de production agricole dans le monde.

Les pays impactés figurent parmi les plus gros producteurs et exportateurs des produits alimentaires, notamment les céréales et les huiles.

Selon l’expert américain F. William Engdahl, un El Niño, confirmé l’hiver dernier, provoque un réchauffement de l'océan Pacifique équatorial oriental et central. Cela entraine des phénomènes climatiques extrêmes qui effondrent les niveaux de productions des huiles de soja et de Maïs  aux USA, de riz en Asie du sud-est et de céréales en Australie. Cette dernière, figurant pourtant parmi les plus grosses exportatrices de blé, à dû en importer cette année, pour combler ces déficits internes.

L’expert qui a publié, à ce sujet, une note d’analyse sur le site de la revue éditée par l’Institut d'études orientales de l'académie des sciences de Russie (Институт востоковедения Российской академии наук), New Eastern Outlook, a indiqué que seule la Russie semble avoir échappé à ce phénomène climatique et que sa production de céréales sera record, cette saison.

Néanmoins, à cause des sanctions internationales sur la Russie, sa production abondante ne pourrait modérer les cours internationaux, qui sous les coups de la chute des offres et de la forte spéculation boursière, risque de s’envoler.



Pour un pays comme le Maroc, où l’autosuffisance céréalière varie, selon les saisons de 30% à 75%, des cours élevés des céréales : blés, orges et fourrages, mais aussi les grains à huiles, comme le soja et le Maïs, risquent de trop saler la  facture alimentaire cette année.

Si la production agricole au Maroc s’est considérablement développée ces dernières années, tant à l’export, que pour la satisfaction de la demande interne, elle a demeuré, pour des raisons naturelles et de qualité gestionnaire, centrée sur les fruits et légumes.

Pour les céréales, les huiles, les sucres et les produits animaliers qui constituent une importante partie du panier du consommateur marocain, le royaume dépend encore des marchés internationaux.     

Les principaux produits alimentaires que le Maroc importe sont : Les céréales, les sucres, les huiles de soja, de tournesol, de maïs, de carthame, de palme, et d'olives. Le thé vert, les dattes. Le café, beurre, fromages, fruits de mer. Les fèves de soja, les produits laitiers, les graisses végétales, les bovins congelées, les lentilles, Les boissons alcoolisées, les volailles vivantes, Les aulx, les chocolats, les produits de la boulangerie et de pâtisseries.

Les principaux fournisseurs du Maroc sont : France, 19,3% - Brésil, 11,9% - Espagne, 7,0% - Canada, 6,5% - Chine, 5,8% - Ukraine, 5,5% - Allemagne, 5,0% - Etats-Unis, 4,5% - Porto Rico, 4,5% - Russie, 4,3%.