Emmètre plus de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique ?

Emmètre plus de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique ?

Rédigé le 28/05/2019
Adam Sfali

New York : L’idée est contre-intuitive et surprenante, pourtant elle est sérieusement promue par des chercheurs scientifiques en environnement, de l’université de Stanford.



Pour lutter contre ce grand péril, qu’est le réchauffement climatique, les communautés politiques et scientifiques mondiales, qui tiennent chaque année des sommets, sortent des rapports et sonnent des alarmes, s’accordent à désigner du doigt, le facteur aggravant qu’est le CO2, dont la teneur élevée dans l’atmosphère, est considérée comme la principale cause du dérèglement climatique.

Or, ce n’est plus l’avis d’un groupe de chercheurs en environnement, du ‘Stanford Woods Institute for the Environment ‘, relevant de l’université de Stanford en Californie.

Ces chercheurs américains, tout ce qu’il y a de plus sérieux, soutiennent qu’on devrait libérer un peu plus de CO2 dans l’air pour lutter contre le réchauffement climatique, car affirment-ils, il y a plus dangereux que le CO2 : Le méthane.


Le méthane, de sa formule chimique CH4, est un gaz à effet de serre encore plus nocif que le CO2. Il provient essentiellement de l’agriculture intensive comme la culture du riz ou l’élevage de bétail. 

Il vaille mieux le convertir en CO2 et le libérer dans l’air, par le biais d’un procédé technologique innovant, plaident ces scientifiques.

Dans une étude, intitulée ‘Methane removal and atmospheric restoration’ qu’ils ont publié, le 20 mai dernier, dans la revue ‘Nature Sustainability’, les chercheurs de Stanford, se sont alarmés que, 

le méthane est 84 fois plus puissant en termes de réchauffement du système climatique au cours des 20 premières années suivant son rejet.

Selon eux, si l’on peut lutter contre le CO2 par des stratégies visant à réduire sa quantité globale entrant dans l'atmosphère et à éliminer ce qu'y est déjà, par des méthodes telles que la plantation d'arbres ou la séquestration souterraine, le méthane lui, est presque impossible à éliminer, à moins d’employer un nouveau procédé technologique, qu’ils expliquent dans leur étude.

Le résultat, selon eux, permettrait de réduire d'un sixième, les effets du réchauffement climatique.

Pour convertir le méthane en CO2, les auteurs soulignent que la zéolite, un matériau cristallin constitué principalement d’aluminium, de silicium et d’oxygène, pourrait être utilisée. Elle servirait d’éponge pour absorber le méthane.



Le procédé, qu’ils vantent rentable économiquement, pourrait prendre la forme d'un engin géant avec des ventilateurs électriques forçant l'air à travers des chambres de culbutage ou des réacteurs remplis de zéolites et autres catalyseurs en poudre ou en granulés. Les auteurs suggèrent que le méthane piégé pourrait ensuite être chauffé pour former et libérer du CO2.

En fin concluent les scientifiques stanfordiens , cette conversion d'un gaz à effet de serre plus nocif en un gaz moins puissant, pourrait également s'appliquer à d'autres gaz à effet de serre.