Impact social sur l’environnement. Le Maroc très mal classé en Afrique

Impact social sur l’environnement. Le Maroc très mal classé en Afrique

Rédigé le 09/07/2019
Larbi Amine

New York : Une nouvelle étude des facteurs sociaux et économiques liés à la dégradation de l'environnement en Afrique, place le Maroc dans le quatuor le moins performant du continent.



Les recherches sur l’état de l’environnement dans le monde ont presque toujours porté principalement sur la manière dont des espèces ou des communautés spécifiques au sein d'aires protégées sont affectées. Les conditions socio-économiques sous-jacentes à la dégradation de l'environnement ont été très souvent ignorées. 

Pour la première fois, une étude s’est concentrée sur l’évaluation de l’impact des facteurs socio-économiques sur l’environnement. Cet angle de vue, a été ainsi, investi par deux scientifiques, un australien et un finlandais, pour une étude environnementale unique en son genre sur l’Afrique.

En effet, Corey J. A. Bradshaw de la ‘ Flinders University’ et Enrico Di Minin de la ‘University of Helsinki’, ont produit une étude intitulée ‘Socio-economic predictors of environmental performance among African nations’, publiée, il y a deux semaines, dans la revue scientifique américaine, Nature.

Dans leur étude, les deux chercheurs en environnement, ont accordé au Maroc, un très mauvais classement en matière d’impact des facteurs sociaux sur son environnement.

Sur une liste de 48 pays couverts par cette étude, le royaume est tout simplement arrivé bon dernier à la 48e place. L'Algérie, l'Afrique du Sud et le Ghana sont arrivés juste au dessus de lui, dans le groupe des pays africains où les facteurs sociaux ont les plus mauvais impacts sur l’environnement.



POURQUOI CE MAUVAIS CLASSEMENT ?

L’étude évalue plusieurs facteurs et le classement des pays africains est établi selon des indices moyens calculés à partir de ces mêmes facteurs.

Il s’agit de :   

1- Un indice de conservation de la mégafaune, qui évalue la capacité d'un pays à conserver ses plus grandes espèces.

2- Une empreinte écologique nationale, qui mesure les atouts écologiques dont la population d’un pays a besoin pour produire les ressources naturelles qu’elle consomme et pour absorber les déchets.

3- La proportion d'espèces menacées d'extinction.

4- La quantité de forêts perdues au cours des dernières décennies.

5- Le volume d’eau douce retiré des réservoirs naturels,

6- Le volume des élevages de bétail et des cultures couvrant sa superficie terrestre.

7- Les quantités de gaz à effet de serre émises.

L’étude a constaté qu’au Maroc, l’environnement souffre des activités de développement telles que la construction des routes, l'expansion de la foresterie, l'intensification de l'élevage, l'urbanisation envahissante et une densité démographique de plus en plus pesante.

Il a été constaté que les pays africains les plus riches (Maroc, Algérie, Afrique du Sud, Ghana, Egypte et Nigeria) sont les plus mal classés.

Les deux chercheurs ont émis à ce propos des conclusions assez surprenantes. 

Ils ont constaté que 

les pays africains les plus riches avaient tendance à causer plus de dommages à l'environnement.

Ils ont ajouté que plus les sociétés son égalitaires socialement moins ceci est bon pour l’environnement !

Une plus grande inégalité de la richesse a conduit à une meilleure performance environnementale globale. Cela s'explique par le fait que, dans les pays où la répartition de la richesse est plus asymétrique, le capital disponible pour le développement est moindre. Cela signifie qu'il y a moins d'opportunités économiques d'exploiter l'environnement de manière à causer des dommages durables.

Enfin, ils ont constaté que la gouvernance n’était pas un facteur majeur !

Les pays où la gouvernance est la plus pauvre n’ont pas nécessairement eu un résultat environnemental plus défavorable.

Bref, en se développant et en s’égalitarisant socio-économiquement, le Maroc fait mal à son environnement. A moins que ce dernier ne soit intégré comme un facteur déterminant et une contrainte majeure à surveiller, pour tout nouveau modèle de développement que le royaume sera amené à mette en œuvre pour les années à venir.