Le Maroc, un véritable ‘pharmerging’ d’Afrique

Le Maroc, un véritable ‘pharmerging’ d’Afrique

Rédigé le 08/07/2019
Larbi Amine

Paris : Le Maroc est le 2e plus gros producteur de médicaments du continent, mais saura-t-il bien profiter de l’énorme croissance de sa demande.



L’industrie pharmaceutique marocaine a le potentiel de devenir, autant que l’automobile, l’aéronautique et les phosphates, l’un des plus grands moteurs de croissance des exportations et l’un des plus gros bassins de création d’emplois.

En effet, le royaume étant le deuxième plus grand industriel pharmaceutique  africain, évolue dans un marché du continent, comptant parmi les plus gros en croissance dans le monde. 

La société de conseil américaine, McKinsey & Company, basée à New York, écrivait dans un rapport intitulé ‘Africa: A continent of opportunity for pharma and patients’, qu’en 2020, soit dans peu de mois, le marché africain du médicament atteindra une valeur comprise entre 40 et 65 milliards de dollars US.



Sa croissance est vertigineuse depuis 2003 et elle se poursuit, ce qui promet à un pays industriel émergent comme le Maroc, un avenir radieux à condition de mettre en œuvre la stratégie qu’il faut.

VERITABLE ‘PHARMERGING’ DU CONTINENT

Le Maroc est le deuxième plus grand fabricant de médicaments en Afrique, après l’Afrique du Sud.

Selon un rapport de la firme financière française, PROPARCO, filiale de l'Agence Française de Développement (AFD), le Maroc est l’un des rares pays du continent à pouvoir couvrir, par sa propre production, plus de 70% des besoins internes de son marché, tandis que, dans certains pays d’Afrique, 99 % des médicaments sont importés.

Avec une quarantaine d’usines et 10 % de sa production destinée à l’export, le Maroc commence modestement à implanter des unités de production pharmaceutique, en Côte d’Ivoire et au Rwanda pour pénétrer les marchés d’Afrique de l’Ouest et de l’Est. Ce qui montre que le chemin à parcourir est encore long et qu’il faille une politique volontaire afin de stimuler les investissements et effectuer les portages diplomatiques et commerciaux nécessaires pour que ce juteux marché africain soit, pour une de ses parts de choix, marocain.

LA MEDECINE TRADITIONNELLE : L’AUTRE MINE D’OR



Un autre marché promis à un avenir radieux est celui de la médecine traditionnelle. 

Très développée en Asie, essentiellement au Japon, en Chine et en Inde, le marché des médicaments non-chimiques, appelés aussi alternatifs est en très forte croissance à l’échelle mondiale. Le gros de la nouvelle demande provient des Amériques et de l’Union Européenne.

Selon un récent rapport de Market Research Future (MRFR), le marché mondial des médicaments à base de plantes médicinales pèserait plus de 129 milliards dollars US d'ici 2023, avec une croissance annuelle moyenne de 5,88%.

Avec sa grande richesse botanique et son précieux héritage médicinal traditionnel, le Maroc, s’il se dote des bons outils législatifs, éducatifs et d’investissements, aurait là un gisement supplémentaire inouï de croissance commerciale et de création d’emplois.