Industrialisation du Maroc. Faut-il en inventer un nouveau modèle ?

Industrialisation du Maroc. Faut-il en inventer un nouveau modèle ?

Rédigé le 25/06/2019
Larbi Amine

Paris : Le modèle actuel est une réussite à nuancer, selon l’institut Montaigne.



Le Maroc est une success-story industrielle africaine. Mais son modèle semble déjà éprouvé au point qu’il faille s’en inventer un nouveau.

C’est ce que indique le think tank français ‘Institut Montaigne’, dans une nouvelle étude intitulée ‘Europe-Afrique : partenaires particuliers’, qu’il vient de publier ce mois de juin.

Selon l’institut parisien, le Maroc qui a opté pour un développement industriel favorisant, presque exclusivement, les IDE, d’où qu’ils viennent, constate aujourd’hui que cela ne peut être la voie exclusive. 

Les secteurs industriels développés par le Maroc, à savoir les constructions automobile et aéronautique, sont une vraie réussite, souligne l’institut Montaigne, sauf que, nuance-t-il, force est de constater que le ruissellement  sur les TPE/PME marocaines est encore à concrétiser.

Le royaume, qui ne gagne à travers son modèle industriel actuel que des postes d’emplois, et dont le nombre demeure marginal au regard des besoins, risque de se retrouver avec des parcs industriels étrangers, sous forme d’enclaves dont la capacité d’entrainement sur le reste de l’économie est faible.

Ainsi, relève le think tank libéral français, le Maroc devrait s’atteler à s’inventer un nouveau modèle industriel qui permettrait une meilleure intégration des IDE industriels dans un tissu de fournisseurs, sous-traitants et servicistes marocains, qui soit plus étoffé.

Le nouveau modèle devrait prendre en compte la formation de bons gestionnaires et une politique d’encadrement technique et d’accompagnement financiers des investisseurs locaux.

D’autres voies sont également à explorer, ajoute l’institut, notamment dans le cadre d’une coopération euro-marocaine, qui permettrait d’inventer de nouvelles formes d’industrialisation prenant en compte des facteurs exogènes comme la révolution technologique, la réduction des ressources naturelles, l’impératif de l’adaptation permanente à la demande et surtout les menaces climatiques. 

L’institut Montaigne a conclu en affirmant que tout renouvellement du tissu industriel au royaume ne pourra marcher que s’il y sera injecté,

une ambition environnementale, énergétique et numérique plus affirmée.

La prochaine stratégie industrielle du Maroc devrait être à bas carbone.

Les principaux atouts du Maroc demeurent sa main d’œuvre jeune et à bas coût, le potentiel de son énorme marché africain et sa capacité à demeurer flexible.