Faut-il libéraliser l’usage des drones au Maroc ?

Faut-il libéraliser l’usage des drones au Maroc ?

Rédigé le 20/06/2019
Adam Sfali

Casablanca : Les drones sont un potentiel de développement technologique extraordinaire pour le royaume. Mais ils posent l’épineuse question de la sécurité et de la protection de la vie privée.



En février 2015, les ministres marocains de l'Intérieur et du Commerce extérieur avaient publié une déclaration conjointe exigeant que toute importation des drones, UAV, UAS et multicoptères, devait préalablement être approuvée par les autorités publiques. Ces objets volants, s’ils sont importés sans autorisation, sont considérés comme illégaux et font objets de procédures de saisie. 

Le gouvernement Benkirane en 2015, avait justifié cette mesure restrictive par des préoccupations sécuritaires liées au terrorisme.

Le Maroc a aussi été parmi les premiers pays africain, à se doter d’une législation adaptée à l’usage des drones, selon un rapport de juillet 2017, de l’UA et du NEPAD.

UN POTENTIEL GEANT

Le royaume a donc ses raisons pour considérer la question des drones par le seul prisme sécuritaire. Mais a-t-il raison de se limiter à cet unique angle de  vue, sachant que cette technologie offre un potentiel de développement technologique extraordinaire.

Les drones peuvent changer notre mode de vie. Ils peuvent constituer pour le Maroc, un formidable outil de transformation de ses infrastructures urbaines et rurales et de sa productivité agricole. 

A ces niveaux, des exemples sont à citer. C’est le cas du géant agricole marocain, la société ‘Les Domaines Agricoles’ qui utilise des UAS (unmanned aircraft systems) pour une application efficace des engrais et améliorer la qualité de ses productions. La société agricole marocaine, utilise les drones pour l’analyse agronomique et selon elle, obtient de bons résultats en termes de rendements et de qualité des produits. Cette entreprise cultive notamment des agrumes et des plantes aromatiques.



C’est aussi le cas du port de Casablanca qui fait surveiller ses installations par des drones. Ces UAV sont utilisés notamment pour inspecter les installations portuaires et surveiller les travaux de construction en cours. Des vols sont régulièrement organisés pour veiller à ce que les contractants respectent les délais convenus. Des images en haute définition enregistrées par les capteurs des drones sont utilisées pour suivre l’avancement des travaux et éventuellement recueillir plus d’informations ou lancer des investigations sur les chantiers. Un drone multi-rotor volant à basse altitude permet d’obtenir un modèle en 3D qui est très utile en termes d’informations topographiques.

ET L’USAGE GRAND PUBLIC ?

C’est là, la question épineuse. Pour des raisons sécuritaires, le royaume semble s’orienter à limiter les drones, au seul usage institutionnel publique et privé, le service public et les entreprises privées.

Pour le grand public, la question du risque sécuritaire lié au terrorisme mais aussi celle et non des moindres, de la protection de la vie privée, constituent les principaux freins.

En effet, si les terroristes peuvent utiliser des drones pour des attentats, l’usager lambda pourrait attenter à la vie privée d’autrui, puisque les drones  équipés d'appareils photo, de capteurs et de scanners peuvent filmer à l’intérieur des propriétés privées ou prendre en photos les passants ou les résidents à leur insu.

Par conséquent, la transparence et la pédagogie dans le développement et l'utilisation des drones est une priorité.


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