Maroc. A quand une révolution alimentaire ?

Maroc. A quand une révolution alimentaire ?

Rédigé le 12/06/2019
Adam Sfali

Rome : Le tocsin est sonné par la FAO, l’OMS et les activistes climatiques.



Au royaume du Maroc, 3.9% de la population est sous-alimentée, soit 1.4 millions de marocains, selon des statistiques produites par la FAO, dans son rapport intitulé, ‘Regional Africa Overview Of Food Security And Nutrition’. 

La sous-alimentation, selon la nouvelle définition de l’organisation onusienne  pour l’alimentation et l’agriculture, ne concerne pas que la faim, mais plus, la malnutrition. 

Il s’agit, dit la FAO, de la carence en micronutriments, découlant le plus souvent d’une surconsommation d'aliments hautement transformés, comme dans les fastfoods qui basent leurs menus principalement sur des ingrédients artificiels, contenant des niveaux élevés de graisses saturés, de sucres raffinés, de sel et d'additifs chimiques. 

Cette sous-alimentation / malnutrition est la cause de maladies de différentes classes, comme l’obésité des adultes et des enfants, les cancers, les troubles gastriques et cardio-vasculaires, les anémies et autres maladies du sang, les troubles de la croissance chez les enfants, ect..

Concernant les enfants, la malnutrition au Maroc provoque un départ de pandémie d’obésité.

Selon le rapport de la FAO sus-cité, plus de 10% des enfants marocains de moins de cinq ans, sont en surpoids. Le royaume se classe en cette matière, à la 7e place africaine.



Par genre, l’obésité touche plus de 14% des petits garçons et plus de 12% de petites filles au royaume. 



REVOLUTIONNER LE SYSTEME ET LE REGIME ALIMENTAIRE

Le Maroc avait, dés les années 60, intégré la vision mondiale de ‘révolution verte’, qui ne considérait la sécurité alimentaire qu’à travers le seul prisme quantitatif. 

Le royaume s’est attelé ainsi à tout faire pour produire de grosses récoltes et assurer à manger à son peuple, via des étalages bien fournis. Sauf que tout ceci à un prix multiple.

Graziano da Silva, directeur de la FAO, qui a présidé hier et avant-hier, 10 et 11 juin 2019, à Rome, un Symposium international sur l’avenir de l’alimentation, y a déclaré :

L’agriculture intensive, nécessitant beaucoup d'intrants et de ressources ont permis d'augmenter la production alimentaire mais en faisant payer un lourd tribut à l'environnement; entraînant la déforestation, des pénuries en eau, l'épuisement des sols et des niveaux élevés de gaz à effet de serre.

Une agriculture polluante qui produit des aliments pollués et qui sont du fait de l’urbanisation rapide, transformés dans des processus industriels peu saints et donnés à la consommation via des circuits de distributions peu orthodoxes, a fini par engendrer les chiffres cités ci-dessus, sur la sous-alimentation, les carences en micronutriments et le surpoids des enfants. Des dangers de santé publique et du milieu environnemental qui appellent à la nécessité d’une révolution alimentaire.

Le directeur de la FAO a prôné, pour se sortir de cette situation de haut risque, quelques recommandations :

Le gouvernement devrait mettre en place des politiques et des lois incitant à produire une nourriture plus saine.  

Par exemple, mettre en place des taxes sur les produits alimentaires mauvais pour la santé, des étiquetages alimentaires plus faciles à comprendre et plus complets et des restrictions au niveau de la publicité des aliments, en particulier celles destinées aux enfants.

Le gouvernement devrait promouvoir la consommation de nourriture fraîche et locale, en créant des circuits locaux de production et de consommation alimentaire. 

Les accords de libre-échanges dont le Maroc est contractuel de plusieurs, devraient être amendés, afin d’y intégrer des règles sanitaires et environnementales plus strictes, concernant les échanges de produits alimentaires. 

En fin, a-t-il conclu,

La transformation du système alimentaire commence avec des sols sains, des semences saines et des pratiques agricoles durables. Le système alimentaire dans son ensemble doit être révolutionné.