Chine – Maroc. Route de la soie … Et du thé

Chine – Maroc. Route de la soie … Et du thé

Rédigé le 10/06/2019
Larbi Amine

Pékin : La nouvelle route de la soie, le projet chinois titanesque, prendrait déjà forme, vers et via le Maroc.



En novembre 2017, le Maroc signait un mémorandum d’entente sur l’initiative chinoise “La Ceinture et la Route”, visant à relancer l’ancienne Route de la Soie, terrestre et maritime, à travers la création d’un réseau commercial et d’infrastructures reliant l’Asie à l’Europe et l’Afrique.

Cette initiative, promue par Pékin comme le grand programme de développement mondial du siècle, par le commerce et les investissements, si elle est encore à l’état de projet, elle acquérait déjà une première application, bonne à évaluer, grâce au Maroc.

Il s’agit d’une route commerciale Chine – Maroc – Afrique de l’Ouest, du thé.

Selon un reportage du quotidien hongkongais, South China Morning Post - SCMP, le Maroc est en phase de devenir pour la Chine, son premier pivot commercial pour sa production de thé, situé sur la route de la soie. Et ce pour sa demande interne, mais aussi pour sa grande qualité de porte économique de l’Afrique de l’ouest.



Le royaume importe à lui seul, plus de 20% de toutes les exportations de thé chinoises, soit l’année dernière, 77 562 tonnes sur 364 742 tonnes exportés par la chine dans le monde, selon ‘The China Tea Marketing Association’.

Cette position de premier client, confère au Maroc un avantage important pour attirer les investisseurs chinois du secteur. Et c’est déjà le cas d’une unité industrielle chinoise qui s’est installée au Maroc, d’une capacité annuelle de 3000 tonnes de thé et qui vise, en plus du marché marocain, à se lancer sur les marchés ouest-africains.

Selon, Derek Lai, vice-président de Deloitte China, cette première application de la nouvelle route de la soie, offre un important instrument d’évaluation, de l’impact de la route de la soie sur le développement du commerce chinois mais aussi, de ses investissements dans les pays de la route. 

A ce titre, le Maroc peut se positionner et viser à plus d’IDE chinois, par des secteurs phares comme l’industrie automobile et les nouvelles technologies.

Néanmoins, faut-il nuancer les résultats de cette première application de la route de la soie via le commerce du thé avec le Maroc, puisque en ses temps de grands conflits économiques dans le monde, le thé demeure l’une des rares industries à ne pas avoir été affectée par la guerre commerciale entre la Chine et les USA, ce qui ne peut qu’être provisoire dans le temps, et ce qui loin d’être le cas d’autres secteurs, comme l’automobile qui représente pour le Maroc, son meilleur métier mondial.