Les marocains et les espagnols deviendraient-ils des réfugiés climatiques en 2030 ?

Les marocains et les espagnols deviendraient-ils des réfugiés climatiques en 2030 ?

Rédigé le 03/06/2019
Adam Sfali

Madrid : Deux scientifiques espagnoles ont imaginé l’un des pires scénarios qu’il soit, pour l’avenir environnemental au Maroc et en Espagne, à l’horizon 2030.



En effet, prenant pour année de référence, 2030, l’an fixé par l’ONU pour la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), deux scientifiques espagnoles de la ‘Universidad de Extremadura’, se sont livrés à un exercice des plus inédits, selon lequel, ils ont essayé d’imaginer le monde en cette année de 2030, soit dans 11 ans, de différents points de vues : géopolitique, technologique, social, énergétique et surtout environnemental.

Ainsi, le professeur Santiago Cambero Rivero, chercheur en sociologie et Jorge Rafael González Teodoro, chercheur en ingénierie électrique et électronique, ont publié une note prospective, intitulée ‘¿Cómo (sobre)viviremos en 2030?’.

Dans leur exercice futurologique, les deux scientifiques espagnoles, ont imaginé pour le monde en 2030, certaines jolies facettes et d’autres radicalement moins jolies, plutôt effrayantes.

Ainsi dans la catégorie, doux rêves, les deux chercheurs prédisent une presque  disparition des énergies fossiles en 2030 et leur remplacement par l'énergie marémotrice, considérée comme la source renouvelable la plus fiable et la plus rentable ; beaucoup plus que le solaire ou l’éolien.

Technologiquement l’usage des drones serait généralisé et plus démocratisé, alors que le développement d’Internet continuerait de changer  considérablement le rapport au travail et à la mobilité.

Toujours dans les scénarios optimistes, l’usage du plastique serait fortement réduit, entraînant une réduction tout aussi bénéfique, de la taille du continent de déchets plastiques, flottant sur les océans.

LES OASIS DE DRAA DISPARAISSENT



Mais côté cauchemars, les deux chercheurs d'Estrémadure, ont imaginé le pire scénario qu’il soit, pour l’avenir environnemental au Maroc et en Espagne, à l’horizon 2030.

Selon eux, sous le coup du réchauffement climatique, que les efforts politiques internationaux, ne seraient que trop timides face à lui, et donc incapables de le stopper, la dégradation environnementale irait s’aggravant.

En 2030, disent-ils, les oasis du Draa dans le sud du Maroc auront disparu. Ces barrières naturelles qui font, aujourd’hui, office de boucliers anti désertification, non seulement pour le nord du Maroc mais aussi pour le sud de l’Europe, ne seraient plus là pour empêcher le désert d’avancer vers le nord.

De ce fait, les marocains rejoindraient les longues caravanes de déplacés climatiques venus d’Afrique subsaharienne. Et les espagnols ne tarderaient à les rejoindre, quand le désert aura traversé le détroit de Gibraltar et envahi l’Espagne.

Dans les deux royaumes du détroit, la désertification détruirait l’agriculture et dégraderait les terres. Les indices de pauvreté exploseraient et aucun système de gouvernance ne serait assez efficace pour y faire face. La migration serait forcée et de survie.