Quand les hologrammes font revivre l’âge d’or de la chanson française

Claude François

Paris – L’impossible rêve de certains fans de la chanson française va être exaucé: les stars décédées Claude François, Dalida, Mike Brant ou Sacha Distel remontent sur scène début janvier… sous forme d’hologrammes dans un spectacle inédit qui mêle nostalgie et prouesse technologique.

1975, la couleur s’installe à la télévision. Claude François enregistre une émission en direct où il convie trois autres artistes. Tel est le point de départ de « Hit Parade », un spectacle qui compte égrener quatorze tubes, dont « Cette année-là » (Claude François), « Gigi l’amoroso » (Dalida), « Qui saura » (Mike Brant) ou « Toute la pluie tombe sur moi » (Sacha Distel).

Numéros musicaux et chorégraphies sont au programme pendant près de deux heures, avec des hologrammes de ces stars disparues et des artistes bien vivants, notamment des danseurs.

Coût de l’ensemble: plus de six millions d’euros. Des contacts ont été pris il y a plus de deux ans auprès des ayant-droits pour réunir ces quatre têtes d’affiche. Les fils de Joe Dassin, également approchés, ont pour leur part décliné.

Le recours aux hologrammes n’est pas nouveau dans l’industrie musicale mais celle-ci s’y intéresse de plus en plus.

En 2009, Céline Dion chante ainsi « en duo » avec Elvis Presley pendant l’émission « American Idol ». Mais c’est avec l’apparition trois ans plus tard du rappeur américain Tupac Shakur (assassiné en 1996) lors du festival californien Coachella que la vogue des hologrammes entre dans une nouvelle dimension. Et en 2014, Michael Jackson réapparait le temps d’une chanson lors de la cérémonie annuelle des Billboard Music Awards.

« Hit Parade » va encore plus loin et se veut une première mondiale en réunissant pendant tout un spectacle quatre chanteurs disparus.

« Pour moi, il y aura un avant et un après », estime le metteur en scène du show, Gregory Antoine. « On tente de recréer l’émotion donc il faut prêter attention à l’expression corporelle », souligne-t-il, citant notamment la gestuelle de Dalida, difficile à restituer.

Pour faire revivre ce carré d’as de la chanson des années 70, à la forte présence scénique, les équipes ont fait appel au studio français Mac Guff (à l’origine du film « Moi, moche et méchant » et des célèbres personnages jaunes, les Minions).

Deux technologies ont été utilisées: le « motion capture » qui a permis de recréer des visages expressifs et en trois dimensions, comme dans le film « Avatar », et une doublure pour le corps, grâce à des sosies corporels aux mêmes mensurations que les artistes disparus.

A cela s’ajoute le recours à des caméras de très haute définition, permettant une qualité douze fois supérieure à celle d’un film de cinéma.

« Il y a un noyau de fans qui n’iront jamais voir un tel spectacle mais (…) la technologie permettra de faire revivre les artistes pour ceux qui n’ont jamais pu les voir », estime, enthousiaste, Julien Lescure, propriétaire du moulin de Dannemois, l’ancienne maison de Claude François.

Seule crainte: qu’il y ait « moins de vie que dans un véritable spectacle », indique celui qui n’a jamais vu Claude François (mort en 1978) en concert. « Comme dans un film, il n’y a pas d’interaction avec le public. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’émotion », relève-t-il.

Trente ans après sa disparition, Dalida reste une icône populaire: 20 millions de disques ont été vendus depuis sa mort. Et Claude François continue de faire danser dans les discothèques.

Lancé à Paris le 12 janvier, le spectacle partira en tournée à partir d’avril en France, en Suisse et en Belgique.

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