Découverte de fourmis aidant leurs blessés

Des scientifiques ont découvert pour la première fois une espèce de fourmis qui prend soin de ses soldats blessés en les ramenant à l’abri pour qu’ils guérissent.

Dans une étude publiée mercredi par le journal américain Science Advances, les chercheurs ont découvert que lorsqu’une fourmi africaine de l’espèce Matabele est blessée dans un combat contre des termites, elle « appelle » ses camarades de fourmilière en produisant des substances chimiques.

La fourmi blessée est alors rapatriée jusqu’à la fourmilière où elle peut récupérer après avoir reçu un traitement consistant généralement à éliminer les termites qui restaient attachées sur son corps.

« Nous avons observé un comportement d’entraide envers des animaux blessés pour la première fois chez des invertébrés », souligne dans un communiqué l’auteur de cette étude, Erik Frank, doctorant de l’université de Wurzburg en Allemagne.

« C’est une découverte inattendue, en particulier pour des insectes sociaux, chez lesquels l’individu a généralement peu de valeur.

Les fourmis africaines Matabele sont répandues dans le sud du Sahara et se spécialisent dans la chasse aux termites. Elles mènent des chasses contre ces proies deux à quatre fois par jour.

Avançant en longues files, les fourmis s’attaquent aux termites sur leurs sites de nourriture, tuant de nombreuses ouvrières et ramenant leurs proies à la fourmilière.

Toutefois, ces attaques rencontrent une forte résistance, et les fourmis doivent combattre les termites de la caste guerrière, rapportent les chercheurs.

Ces combats font des blessés et des morts, car les termites soldates sont très capables dans l’utilisation de leurs mâchoires puissantes pour se défendre, selon les chercheurs.

Heureusement pour les fourmis blessées, leurs camarades les récupèrent fréquemment pour les ramener à la fourmilière.

Presque toutes les fourmis secourues ainsi participent aux assauts suivants, parfois moins d’une heure après avoir été blessées.

Lors des expériences contraignant les fourmis blessées à rentrer à la fourmilière seules, 32% mouraient en route, principalement à cause de déprédations d’araignées.

Les secours, en revanche, réduisaient la mortalité au combat à près de zéro, sans coût pour le sauveteur, ce qui signifie que ce comportement bénéficiait non seulement à l’insecte blessé mais aussi à l’ensemble de la colonie.

Un modèle montre que le sauvetage des fourmis blessées permettait de conserver une taille de colonie supérieure de 28,7%.

« De toute évidence, il est rentable pour la colonie dans son ensemble d’investir dans les services de secours », observent les chercheurs.

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