Bains de boue et chutes: les courses de buffles à la thaïlandaise

Chonburi (Thailand) – Lorsqu’ils labourent lentement les rizières inondées, les buffles thaïlandais ne marquent pas les esprits par leur vitesse fulgurante. Mais dans l’est de la Thaïlande, dimanche, les agriculteurs ont mis en avant des bovins des plus rapides, foulant la boue et l’eau dans un spectacle unique.

Cette course de buffles est l’événement du festival annuel de plantation de riz de Chonburi. Dans cette ville située à 80 kilomètres de Bangkok, un groupe d’agriculteurs tente de perpétuer une tradition: faire labourer leurs champs par ces bovins, la plupart des parcelles étant toutefois aujourd’hui entretenues par des tracteurs.

Lors de cette course, tout au long de la journée, des paires de buffles reliées à une charrue en bois ont foulé les champs inondés, conduites par un cavalier rattaché par une corde, tentant désespérément de maintenir la bête dans la course.

« Pour gagner, le buffle et le jockey doivent passer la ligne d’arrivée en même temps », explique Jai Indramaporn, propriétaire d’un buffle. « Si le jockey tombe, il est alors disqualifié ».

Beaucoup de cavaliers se sont retrouvés la face dans la boue, suscitant acclamations et rires des foules. Mais pour ceux qui parviennent à rester attachés aux buffles et accèdent à la victoire, la gloire est au rendez-vous.

Ces animaux font partie intégrante du paysage de la campagne thaïlandaise. Pendant des siècles, les Thaïlandais s’appuyaient sur les buffles pour labourer leurs rizières, assurer des transports et même défendre les villages pendant la guerre. Avec l’essor de l’agriculture mécanisée, la bête a toutefois vu son importance décliner.

Pour le responsable local, Samart Suksawang, le festival rappelle aux jeunes le rôle crucial joué par les bovins pour les agriculteurs dans l’un des plus importants pays producteurs de riz au monde.

« Je veux le préserver pour que la jeune génération puisse voir qu’autrefois, pour faire du riz, nous nous servions des buffles pour labourer et ratisser les rizières », a t’il déclaré à l’AFP.

Selon les habitants, l’idée de faire courir les buffles est née il y a des générations, spectacles permettant de souffler après une dure saison de labourage.

Des buffles de course sont élevés spécialement pour participer à ce sport, apprenant à obéir aux ordres et sifflements de leurs maîtres. Certains peuvent toucher jusqu’à 8.800 dollars (7.673 euros) pour la vente d’un animal.

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