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Abdelkarim Chankou - publié le Mercredi 8 Août à 11:06

Voilà pourquoi j’ai quitté le magazine Citadine malgré moi




Depuis près de 20 mois, je reçois, de temps à autre, des e-mails de certains amis ou anciens lecteurs de mes écrits dans la revue féminine Citadine, éditée à Casablanca. Il ne s’agit point, comme vous pourriez le croire, de gentilles félicitations ni de méchants blâmes, à part les compliments qui m’ont été faits ou adressés pour mon troisième Prix Lorenzo Natali « Catégorie Moyen-Orient et Monde Arabe » que j’ai eu la chance et l’insigne honneur d’obtenir en décembre 2010 à Bruxelles pour un article sur « Milouda », une assistante sociale chargée par l’ALCS (Association de lutte contre le Sida) de sensibiliser les « travailleuses du sexe » sur les moyens de prévention, mission qui lui a valu des menaces de mort de la part d’individus que l’on suppose être des extrémistes.



Voilà pourquoi j’ai quitté le magazine Citadine malgré moi
Cet article a été publié dans ledit magazine en mai 2010. Si mon nom et ma bouille ont déserté les pages de Citadine dès octobre 2010, la raison n’en pas que j’aurais décidé de signer sous anonymat, je hais les pseudos au point de toujours signer mes écrits sous mon vrai nom même les plus nuls sauf si le boss de la publication en décide autrement et encore…

Mais dans le cas qui ne concerne le boss est allé plus loin ! Il a décidé tout bonnement non pas de sucrer mon nom ou mes écrits mais de zapper toute ma personne physique ! Le nouveau manager qui a acheté, en 2005, la majorité des Editions Lilas, la Sarl qui édite outre Citadine, plusieurs autres revues, est en fait un grand PHILANTHROPE. Officiant principalement comme the Executif Manager Officer (CEO ou DG pour les nuls) de la raffinerie la Samir (appartenant à la holding Saoudo-suédoise Corral Petroleum), le boss, de nationalité saoudo-yéménite, peut avoir en effet un tempérament « pétroleux » quand il s’agit de journaleux comme moi qui tiennent scrupuleusement à leur indépendance et dignité tout en faisant leur boulot. Car bien que ne pipant un seul mot en français mes écrits qui devaient lui parvenir traduits in arabic ne dussent pas lui plaire. Mais pas du tout. Pourtant, le CEO n’a jamais laissé apparaître ses sentiments à l’égard de mes écrits, du moins à ma connaissance. Mais je n’étais pas dupe si bien que l’idée de tout plaquer en invoquant la clause de conscience m’est venue plus d’une fois, d’autant que par des moyens aussi saugrenus que minables le boss, par le biais de ses hommes à tout faire (surtout de sa femme à tout faire), n’a pas lésiné sur les moyens pour m’aider à rendre mon tablier, par exemple en gelant mon salaire quand bien même certains stagiaires étaient mieux lotis ! Ne pas partir et résister, sera ma seule erreur. Pourtant je n’ai pas fait la grosse tête ni la fine bouche quand en mai 2009, la direction, dans un geste « magnanime », a décidé de monnayer quelques départs volontaires.  

Même si les montants des indemnités étaient ridicules, je me suis dit que c’était l’occasion de filer à l’indienne sans perdre trop ni de mon âme ni de ma dignité. Quelle a été alors ma surprise ! On a bien indemnisé 7 ou 8 personnes mais niet pour moi. « Si vous voulez partir, partez ! Mais déposez quand même un préavis d’un mois » me lance l’un des hommes à tout faire de Sir Jamal Baamer ! Autrement dit partez mais pas un sou ne vous sera versé ! J’ai mis cette réaction sur le compte de ma personne, moi qui suis le grand stakhanoviste de la rédaction. En fait, le boss voulait me garder encore quelque temps (c’est tout bénef pour lui) avant de me porter l’estocade finale. En effet, le moment est venu en avril 2011. Tombé malade à cause d’une terrible sciatique qui m’a totalement immobilisé la jambe droite durant plusieurs jours, le toubib m’a prescrit quinze de jours de strict repos au lit, congé prolongé pour 10 jours supplémentaires. Je devais reprendre vers le 9 mais 2011. Mais avant de vire révéler le finale de cette symphonie démoniaque sachez que lorsque je me suis déplacé en personne au bureau, malgré la douleur, pour déposer mon deuxième certificat médical, l’assistante de direction a refusé de le prendre arguant du fait que le tampon d’accusé de réception a disparu ! J’ai alors décidé de l’envoyer par lettre recommandée à « sa femme à tout faire », Mme Hind Kably, logée au siège de la raffinerie de Mohammedia et qui est officieusement chargée du magazine depuis les grands départs volontaires et monnayés de mai 2009. Le résultat de ma démarche ne s’est pas fait attendre.

Voilà pourquoi j’ai quitté le magazine Citadine malgré moi
En plein deuxième congé de maladie, je découvre que mon salaire d’avril qui m’est très cher car j’ai oublié de vous le dire (Mister Baamer ne déclare plus ses salariés depuis 2007 à la caisse primaire de sécurité sociale et n’a jamais souscrit à aucune assurance maladie !) a été réduit de 50%. Et si je vous dis qu’une IRM peut coûter entre 300 et 400 euros vous comprendrez pourquoi mon salaire d’avril (et des autres mois d’ailleurs) m’était cher. Salaire qui pourtant a été amputé de moitié ! Ainsi en a décidé Mme Hind Kably pour laquelle un stakhanoviste comme moi n’a pas le droit de tomber en panne de maladie surtout quand on n’a pas sa frimousse à la bonne chez le big boss de Mohammedia. Surpris et surtout aigris, je décide de rappliquer dare-dare au bureau de Casablanca mais j’y été accueillis zenga zenga par ce qui reste de l’ancien personnel et par une grande froideur par les nouvelles recrues (malgré mes 11 ans d’ancienneté dans la société) ; car entre temps la boîte a embauché du nouveau monde, anticipant sur le départ définitif- et malgré lui- du grand stakhanoviste que je suis. Je ne me lasserai jamais de vous le répéter. Ayant compris qu’il s’agit là d’une mise à la porte qui ne dit pas son nom (mon avocat me dira plus tard qu’une baisse de salaire non collective et non concertée avec un salarié et qui n’a fait l’objet d’aucune lettre officielle de la part de la direction est considérée comme un licenciement abusif par un arrêté de la cour suprême), je me dirige de ce pas vers le bureau de mon avocat. Une plainte est déposée pour licenciement abusif. Vous l’aurez deviné, mes boss sont très fortiches, ma requête a été déclarée, un an plus tard, irrecevable par la chambre sociale du tribunal de première instance de Casablanca et ce malgré la solidité de mon dossier qui ne souffrait d’aucune lacune et aussi malgré le fait que les Editions Lilas n’ont jamais daigné envoyer un représentant comme l’a demandé le tribunal. Mon avocat a fait appel. J’attends. Voilà ! vous savez tout. Et si vous avez besoin de plus de précisions, contactez- moi, par mail. Plaisir de vous répondre. Y’aura peut-être même de petits secrets croustillants à la clé.



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