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Konbini - Aline Cantos - publié le Lundi 26 Janvier à 17:19

Vidéo : voilée, Sophia Aram se moque du “féminisme discret” du roi Abdallah



C’est entièrement voilée qu’est apparue la chroniqueuse Sophia Aram lors du 7/9 de France Inter ce lundi. L’humoriste a pris pour cible Christine Lagarde et ses propos succédant au décès du roi Adballah d’Arabie Saoudite.



Le souverain Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud régnait sur l’Arabie Saoudite pour la dixième année avant de s’éteindre suite à une pneumonie le 23 janvier dernier. Partout dans le monde se sont succédés les hommages et les condoléances. Même François Hollande s’est rendu dans le pays afin de témoigner son soutien au lendemain de la mort du roi.

Il faut dire qu’avec une fortune estimée à 18,5 milliards de dollars, le leader du premier pays producteur et exportateur de pétrole avait un poids considérable dans les relations internationales. Cependant, si son importance dans le domaine économique et financier n’est plus à prouver, l’implication féministe que Christine Lagarde lui attribue semble moins sûre.

“In a very discreet way, he was a strong advocate of women” (en français : “de façon très discrète, il était un grand défenseur des femmes“) a-t-on pu entendre lors de l’intervention de celle qui a succédé à Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fond Monétaire International.

Sophia Arama s’est donc permise une chronique en forme de moquerie :

Alors bien sûr, il est possible de mettre en avant le fait que les femmes saoudiennes ont, depuis la décision de 2011, le droit de vote. Cependant, ce dernier ne s’exerce que lors des élections municipales, seules élections du pays. Le reste du temps, les femmes saoudiennes restent des mères, des épouses, des filles, toujours soumises à une autorité masculine.

La conduite leur est prohibée tout comme tout exercice de leur libre arbitre. Les études supérieures comme les opérations chirurgicales ou la pratique d’un travail salarié restent interdites aux femmes si ces dernières n’ont pas l’accord d’un tuteur masculin. Au delà de ces simples exemples, le pays soumet les femmes à une version très restrictive de la Charia. L’ingérence masculine est partout dans le quotidien féminin, et quand ces dernières tentent de revendiquer des droits, c’est bien souvent peine perdue.

Si le viol tend à être réprimé de façon virulente, les violences conjugales font quant à elles l’objet d’un tout autre régime. Très avantageuses pour les hommes, les sanctions pour ces chefs d’accusations ne sont généralement pas contraignantes outre-mesure. En 2013, un mari violent a ainsi été condamné à apprendre cinq passages du Coran et 100 propos du prophète. Un peu mince pour une réponse à des actes barbares.

Les femmes, quant à elles, sont toujours soumises à des coups de fouet en cas d’effraction de la loi. Leurs nouvelles libertés semblent plus symboliques que pratiques. Même si le roi Adballah a ouvert la société aux femmes, les proportions de cette ouverture restent trop infimes pour pouvoir le qualifier de “défenseur des femmes“.

Des avancées en surface, une hypocrisie de fond

Dans son billet, Sophia Aram tourne les propos de la patronne du FMI en dérision pour mieux faire ressortir leur absurdité. Grimée selon les codes saoudiens (ou presque), l’humoriste parle d’une chose “très discrète” qu’elle a remarquée dans la politique du roi Abdallah, c’est le fameux droit de vote des femmes. Soulignant l’absence de pluralisme partisan et la mainmise du roi sur les élections, Sophia Aram démontre l’hypocrisie des avancées en matière de droit des femmes dans le pays.

Il faut dire que parler de droits de l’homme, et plus encore de la femme, dans un pays qui condamne un blogueur à dix ans de prison (finalement gracié en échange de… 1000 coups de fouet sur la place publique) pour avoir fait l’apologie de la laïcité, c’est assez contradictoire. Raif Badawi, le jeune internaute, fait les frais d’un royaume où la liberté apparaît encore être un idéal bien éloigné des réalités quotidiennes.

L’islam est le pilier du pays, qui applique toujours la charia au grand dam du droit des femmes. Très bridé, le pays ne semble toujours pas avoir de problèmes à bafouer les droits de l’homme. C’est ce que nous indique le classement Reporters Sans Frontières 2014 à propos de la liberté de la presse. 164e sur 180, l’Arabie Saoudite est parmi les bons derniers en ce qui concerne le respect du droit le plus fondamental de l’homme.

“De discrétions en discrétions, d’ici un ou deux millénaires peut-être qu’en Arabie Saoudite les femmes auront les mêmes droits que les hommes. Ce qui laissera le temps aux Français d’accorder les mêmes salaires aux femmes qu’aux hommes” conclut Sophia Aram, cynique. La problématique du droit des femmes ne se limite pas à l’Arabie Saoudite. Si la mort du roi Adballah a ravivé le débat, il ne faut tout de même pas oublier que partout dans le monde, à diverses échelles, l’égalité des femmes est toujours un enjeu sociétal.

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