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Abdelkarim Chankou - publié le Samedi 7 Mars à 10:39

Vers une nouvelle guerre Iran-Irak ?






De gauche à droite : les chefs des diplomaties des États-Unis (John Kerry), de la Grande-Bretagne (Philipp Hamond), de la Russie (Sergei Lavrov), de l'Iran (Javad Zarif) et de l'Allemagne (Frank-Walter Steinmeier), à Vienne, le 24 novembre. (Copyright : LEONHARD FOEGER, REUTERS).

Quand Benyamin Netanyahou rappelait, à la veille de son envol pour Washington, où il devait prononcer, le 3 mars 2015, un Discours devant le Congrès sur le nucléaire iranien sans l’assentiment de la Maison Blanche (une première dans les annales des relations plus que privilégiés entre les Etats-Unis et l’Etat hébreu) que le projet d’accord entre les 5 (États-Unis, la Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne) et l’Iran « est plus qu'un mauvais accord, c'est un très mauvais accord(…) » il ne voulait pas uniquement signifier que ledit accord ouvrira un boulevard devant Téhéran pour la fabrication rapide de sa bombe A. S’il n’y avait que l’acquisition de l’arme fatale qui inquiétait «Bibi» et les ultras qui sont derrière lui, Tsahal aurait détruit les infrastructures nucléaires depuis longtemps comme elle l’avait fait en Irak avec le réacteur Osirak en juin 1981 et en Syrie en septembre 2007. Appuyée par la 6e Flotte de l’US Navy qui croise dans le Golfe arabo-persique, l’aviation israélienne est capable de détruire toute installation atomique iranienne quelle que soit les profondeurs verticales et horizontales de sa situation et l’éventualité que l’Iran possèderait des batteries des terribles missiles défensif russes S-300 aptes de suivre les lâcher 24 cibles, et tirer quatre missiles concomitamment à partir d’une plateforme mobile (camion), ne semblerait pas lui faire peur outre mesure.

Quel serait donc le vrai motif qui fait entrer Benyamin Netanyahou en transe et dans une colère bleue chaque fois que l’un des 5 négociateurs occidentaux du dossier du nucléaire iranien déclare à la presse que la république islamique montre pour une fois « une volonté sérieuse de régler la question » ? Evident : il y a le souci politique. A la mi-mars prochaine, en effet, des élections législatives anticipées auront lieu et la fibre sécuritaire, essentiellement le nucléaire iranien, se présente comme une carte gagnante face aux adversaires du Likoud de Netanyahou. Mais il y a autre chose.

L’ennemi de mon ennemi est mon ami

A mon avis, Benyamin Netanyahou ne veut pas que le Moyen-Orient retourne à l’état d’avant le 11 février 1979, quand la république islamique fut proclamée en septembre 1979 à Téhéran. L’avènement de la révolution qui avait pris de court et le Pentagone et la CIA a totalement changé la donne dans cette région du monde tout en en brouillant les cartes. La chute du régime du Shah d’Iran et la féroce guerre Iran-Irak qui l’a suivie a considérablement profité doublement à l’Etat d’Israël : d’un côté le danger d’un Irak surarmé a été réduit par un long conflit qui durera 9 ans et de l’autre l’épouvantail d’un Etat chiite qui veut exporter le chiisme a tellement fiché la peur aux monarchies du Golfe que ces dernières ont décidé, dans la foulée, de créer le Conseil de coopération des Etats du Golfe (CCG), de se réconcilier avec Washington en oubliant les péripéties du 1er Choc pétrolier, d'octobre à décembre 1973, (notamment l’embargo pétrolier déclenché par l’OPEP sur demande insistante de l’Arabie saoudite contre les Etats-Unis) et surtout de se rapprocher d’Israël ! En vertu de la règle qui dit que « l’ennemi de mon ennemi est mon ami ». Un rapprochement qui est arrivé à son maximum avec la réélection de Netanyahou à la primature en 2009. Entre temps il y a eu le fameux Sommet arabe de Fès de septembre 1982 qui pour la première fois a scellé la reconnaissance d’Israël par les Arabes. Pourquoi Israël de Netanyahou ne veut pas d’un retour du Moyen-Orient à l’avant 1979 ? Deux raisons. Primo : La réussite des négociations entre les 5 et l’Iran sera sanctionné par la levée de l’embargo économique sur la république islamique et in fine consacrera un Etat iranien qui reprendra sa place au sein du concert des Nations et qui ne chercher plus ni à se doter de l’arme nucléaire(*) ni exporter sa doctrine chiite avers les pays étrangers notamment arabes. Cette éventualité signifie pour Israël la perte de sa suprématie au Moyen- Orient. Deusio : le retour de l’Iran parmi les Nations fréquentables induira immédiatement, du moins à court terme, l’effritement des monarchies du Golfe qui n’auront plus entre les mains un épouvantail extérieur à agiter pour se maintenir. Un autre danger pour Israël. Des dangers qui peuvent être éliminés du moins atténués si une nouvelle guerre entre un Iran, même réhabilité par l’Occident, et un Irak débarrassé du pouvoir chiite, éclatait à nouveau.  Evidemment, pour que cette guerre éclate à nouveau, il faudra que l’Irak soit redirigé par les sunnites, ennemis jurés et historiques des chiites. Ce serait en cours : le « califat islamique » de Daesch, s’il voit le jour, consacrerait ce nouvel Irak sunnite qui sera plus fort que jamais !

(*) Même du temps du Shah, l’Iran rêvait de se doter de l’arme nucléaire. Il était près du but mais la révolution de Khomeiny a tout fait capoter. « En effet,  En effet dès la fin de la deuxième guerre mondiale, la France qui cherche à mettre au point la bombe nucléaire a besoin d’un approvisionnement en uranium, elle se tourne donc vers l’Iran une région particulièrement riche en cette matière(…) « dans les années 70, l’Iran devient actionnaire à 10 % de l’usine de production en uranium enrichi nécessaire pour toute utilisation nucléaire et en échange reçoit 10 % de la production. Mais la révolution islamique fait changer la France de position et celle-ci ne respecte plus l’accord. Une vague d’attentats en France en 1986 et des enlèvements d’otages français au Liban semblent secouer le gouvernement français qui finit par rembourser une partie de l’investissement sans pour autant fournir l’uranium (…) »

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