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par Michael Felsen - publié le Vendredi 8 Janvier à 06:00

Vers une ère de la Règle d'Or






Boston – Alors qu'une nouvelle décennie commence, beaucoup se grattent la tête et se demandent encore comment le président américain Barack Obama, qui vient juste d'intensifier une guerre lointaine, laquelle ne pourra sans doute pas être remportée, a pu mériter le très apprécié prix Nobel de la paix. Toutefois, si Obama pouvait commencer à conduire le monde vers une nouvelle ère de la Règle d'Or (fondée sur l'éthique fondamentale selon laquelle nous devons traiter autrui comme nous souhaitons être traités) grâce à des discours mais aussi à des actions, les sceptiques auront la réponse à leur question.

En acceptant le prix en décembre dernier à Oslo, Barack Obama a parlé de guerre et de paix. En affirmant la capacité de l'humanité à orienter l'histoire dans le sens de la justice, il s'est, en fin de compte, tourné vers le rôle de la religion qui, a-t-il fait remarquer, n'a que trop souvent été invoquée pour justifier d'odieux actes commis contre d'autres personnes.

La perversion de la religion au profit de mesures violentes est un thème qu'il a plusieurs fois évoqué par le passé. En février dernier, lors du ''Petit Déjeuner de Prière national'', Obama a relevé combien ''bien trop souvent, nous avons vu la foi brandie comme une lame pour nous diviser les uns les autres, tel un prétexte aux préjugés et à l'intolérance. Des guerres ont été menées. Des innocents ont été massacrés. Pendant des siècles, des religions entières ont été persécutées, tout cela au nom de ce qui est perçu comme vertueux''.

Inutile de dire que les exemples contemporains où la foi est brandie comme instrument de division sont nombreux. Chaque jour, les titres des journaux (attentat à la bombe à Bagdad et Lahore, nouvelle profanation de mosquée en Cisjordanie) nous rappellent que ceux qui prétendent être des agents de la volonté de Dieu continuent de faire des ravages dans bien trop de régions du globe.

A Oslo, Barack Obama a souligné que face à ces actes inacceptables, nous ne pouvons tout simplement pas laisser l'humanité faire marche arrière. Et comme pilier central de sa campagne, le tout dernier lauréat du prix Nobel a renouvelé son appel passionné aux adeptes de toutes les religions pour lutter contre ce qui nous sépare les uns les autres et pour reconnaître, sous le voile de la différence, l'humanité commune qui nous unit.

En affirmant que le but même de la foi (et que le ''la lutte essentielle de la nature humaine'') est de lutter pour une adhésion plus profonde à la ''loi de l'amour'' dans nos relations les uns avec les autres, Barack Obama neutralise avant tout la différence religieuse. Quel que soit le système de croyance d'un individu, qu'il soit religieux ou laïc, il se résume à la même essence cristallisée: un quelque chose d' ''irréductible'', comme il dit, qui est simple est universel. C'est l'idéal commun incarné dans la Règle d'Or.

En juin dernier, pour conclure son discours historique au monde musulman prononcé du Caire, Barack Obama a proclamé que la vérité de la Règle d'Or ''transcende les nations et les peuples, une croyance .... qui n'est pas chrétienne, pas plus que musulmane ou juive... C'est une croyance en l'autre et c'est ce qui m'a conduit ici aujourd'hui.''

Ayant souvent tenu ces propos, Obama peut-il maintenant diriger un mouvement qui fasse écho à ses paroles et qui conduise à un nouveau chapitre dans les relations humaines mondiales? C'est un défi présent malheureusement dans beaucoup d'endroits de la planète.

Le premier lieu qui conviendrait le mieux pour y répondre directement se trouve peut-être en Israël/Palestine. Existe-t-il une meilleure occasion de rapprocher, avec empathie, les nombreux récits si disparates de ceux qui appellent cette région leur pays? Existe-t-il conflit plus irréductible où graver, comme dans l'airain, cette vérité fondamentale: malgré des dizaines d'années de peur et de méfiance réciproque, la seule réponse est d'aller de l'avant en reconnaissant sa propre humanité dans l'humanité de l'autre et les besoins de l'autre (qu'il soit Israélien, Palestinien, musulman, chrétien ou juif).

En faisant comprendre ce message de base, Obama doit redoubler d'efforts pour promouvoir une paix juste et durable, non seulement pour les Israéliens et les Palestiniens, grâce à deux patries viables et stables et au partage de Jérusalem, mais aussi pour tous ceux qui vivent dans cette région en proie au trouble depuis longtemps. Malgré des obstacles bien connus, le succès est possible et essentiel.

Avec un début audacieux là-bas, le monde aura suffisamment de raisons d'en faire l'éloge. Et les défaitistes seront obligés de reconnaître que le Nobel d'Obama était, finalement, plus qu'une utopie. Car nous aurons franchi le seuil de ce qui peut devenir, avec un leadership inspiré et l'engagement naissant de la communauté mondiale, une nouvelle ère de la Règle d'Or. Pouvons-nous attendre encore longtemps?

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*Michael Felsen est avocat et le président du Workmen's Circle de Boston, une organisation communale qui a 110 ans et qui se consacre à la culture juive laïque et à la justice sociale. Il est aussi directeur de l'aumônerie humaniste de Harvard. Article d'abord paru dans le Athens Banner-Herald de l'Etat de Géorgie et écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).
Source: Service de Presse de Common Ground (CGNEws), 8 janvier 2010, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=270...


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