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Jamal Mesbah - publié le Mercredi 11 Juin à 18:56

Vers la fin du hard power américain




‘’ En fait, à bien des égards, l’Amérique a rarement été aussi forte par rapport au reste du monde. Ceux qui prétendraient le contraire – qui suggéreraient que l’Amérique est en déclin, ou que son leadership dans le monde s’amenuise – sont en train soit de mal interpréter l’histoire, soit de faire de la politique politicienne. Réfléchissez-y. Nos forces armées sont inégalées ‘’
Le président Obama lors de son discours du 28 mai dernier devant les lauréats de l’académie militaire de West Point.



Les USA fort par leur armée et leur économie dynamique ce qui rend l’Amérique indispensable et sollicitée dans le monde entier ; mais le recours aux solutions militaires n’est pas la seule voie pour instaurer la paix ; il existe d’autres stratégies moins coûteuses et plus pratiques en l’occurrence la promotion des partenariats pour combattre le terrorisme ; la transparence publique en cas d’opérations ciblées pour des fins préventives y compris les frappes de drones ou la formation de ses partenaires ; en plus des actions visant à renforcer et à faire respecter l’ordre international.

Le recours à la diplomatie pour régler pacifiquement des conflits internationaux ; l’exemple du nucléaire iranien est édifiant

Le soutien à la démocratie et aux droits de l’homme est un antidote contre l’instabilité et la violence ; ce sont les bases du leadership américain vu par son président démocrate.

Et à M. Obama de conclure qu’ ‘’ au bout du compte, le leadership mondial nous oblige à voir le monde tel qu’il est, avec tous ses dangers et son incertitude. Nous devons être prêts pour le pire, prêts à toute éventualité. Mais le leadership américain nous oblige aussi à voir le monde tel qu’il devrait être – un monde où les aspirations des êtres humains comptent vraiment, où les espoirs et pas seulement les craintes font la loi, où les vérités inscrites dans nos documents fondateurs peuvent entraîner les courants de l’Histoire dans la direction de la justice. Et nous ne pouvons pas le faire sans vous. ‘’

Est-ce la fin du discours classique des relations internationales basées sur la puissance ; ce concept qui reposait – selon les théories de max weber et Thomas Hops – sur une approche classique où l’état doit imposer sa volonté par la force donc faire la guerre et le puissant est celui qui gagne ; la capacité militaire nécessite des dépenses colossales qui sont pour les USA à l’ordre de 700 milliards de dollars ; c’est presque 43% des dépenses militaires mondiales soit 4% du PIB qui atteint 15000 milliards de dollars.

Donc les puissances militaires et économiques- comme facteurs de domination - ne peuvent être négligées ; en plus des puissances technologiques ; les échanges commerciaux ; les puissances démographiques et culturelles qui varient selon les cas et les spécificités des états concernés.

La puissance nucléaire ou la capacité de destruction place les usa au premier rang suivi de la Russie qui sous l’ancienne appellation URSS entrait au club des pays nucléaires à partir de 1949 ; malgré le jeu de la non-prolifération d’armes atomiques ; ce club ne cesse de s’élargir avec l’entrée de la chine ; l’Inde ; Israël ; le Pakistan ; et la Corée du nord ; en plus de la France et la grande- Bretagne qui sont parmi les cinq grandes puissances qui ont le droit de veto au sein du conseil de sécurité relevant de l’ONU.

L’Iran un pays qui a provoqué la polémique au sujet de son développement nucléaire et fait l’objet de sanctions économiques et de l’embargo imposé par les USA et ses alliés malgré les prétentions iraniennes de l’usage civile de son énergie atomique ; mais Israël est sur ses aguets et menace d’une guerre contre ce pays pour préserver son monopole dans ce domaine au moyen- orient et n’accorde aucun intérêt aux pourparlers entamés récemment dans le but d’un compromis pacifique a cette crise qui risque de s’aggraver.

Ça marque le début d’une ère nouvelle loin des méthodes classiques du hard power qui repose sur la loi du plus fort ; et de recourir à des moyens dont le dialogue et le pouvoir doux ‘’ soft power ‘’ qui boude la contrainte substituée par l’adhésion ; ce concept est l’œuvre de Robert Keohane et Joseph Nye ; paru au début des années 70 et avec la défaite des usa au Viêt- Nam (1975) ; le but est de sauver l’image de marque des USA par des moyens modernes tels que : véhiculer the ‘’américain way of life ‘’ via le cinéma ; les séries TV ; les multinationales dont coca-cola ; McDonald’s etc.

Le concept smart power est né au début du 21e siècle ; fondé par : joseph Nye et Suzanne Nossel ; son but est de rendre le modèle américain attractif ; en faisant un usage intelligent de la force comme l’utilisation des drones afin d’éviter les dégâts chez les exécutants des frappes contre les terroristes.

Donc le discours de Barak Obama constitue une rupture avec la politique de son prédécesseur M ; Bush qui repose sur l’ingérence ; la régulation aux gendarmes avec recours à la force et l’intervention militaire hors du pays ; inspiré – soit- disant - par la volonté divine pour combattre le mal et punir les malfaiteurs selon les allégations du président sortant ; ce qui a engendré des pertes humaines et matérielles énormes et une discrédité aux yeux de l’opinion publique nationale et internationale et une haine croissante chez les opprimés ; les défaites successives des usa en Irak ; Somalie ; Afghanistan et ailleurs ; ont imposé un changement de stratégie comme annoncé par Barak Obama en 2009 qui persévère avec une vision séductrice ; attrayante et homogène ; persuadé par les puissances émergentes dont les dragons asiatiques et les yanquis de l’Amérique latine qui vont changer la donne au profit de la conjoncture mondiale et les contraintes d’ordre économiques et géopolitiques notamment la réapparition de la Russie comme puissance pesante après la crise ukrainienne et l’annexion de la Crimée ; et son rôle de soutien au régime de Bachar Al Assad en Syrie avec le veto hissé au conseil de sécurité ; ce qui a entravé le recours à l’intervention militaire dans ce paye arabe où sévit la guerre fratricide .

Donc c’est probablement le début du déclin du leadership américain.


Tagué : Jamal Mesbah

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