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Julia Grière - publié le Mardi 6 Août à 15:22

Unesco : Irina Bokova à l’épreuve de son bilan




Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, favorite à sa propre succession, devra composer avec un bilan accablant. Un rapport de la Cour des comptes sur la gestion budgétaire de l’Organisation est sans appel et met en exergue les faiblesses patentes de la directrice générale dans son management et sa vision stratégique.



Julia Grière
Julia Grière
Une dirigeante pas à la hauteur de la situation

Première femme, Bulgare, à être élue à la tête de l’Unesco en septembre 2009, l’enthousiasme était fort autour de son arrivée à la tête de l’Organisation. Deux ans plus tard, à la suite de l’accession de la Palestine au statut d’observateur au sein de l’Assemblée générale des Nations Unies, les Etats-Unis retirent leurs contributions au budget de l’Unesco. Une perte de ressources considérable – 150 millions de dollars, soit 22% de son budget total – qui va obliger Irina Bokova à mener des réformes d’urgence. Un défi que la directrice générale de l’Unesco aura toutes les peines du monde à relever.

A quelques semaines de l’élection de novembre 2013, alors qu’un second mandat lui semble promis, un rapport accablant de la Cour des comptes française vient apporter une lumière extrêmement défavorable à son bilan. A en croire les analyses des Sages français, Irina Bokova s’est montrée incapable de faire face à cette difficile crise budgétaire. Peu de mesures, même de court terme, ont en effet été mises en place pour limiter les dépenses ou améliorer les performances globales de l’Organisation.

Un premier groupe de travail de l’Unesco avait pourtant identifié une série de 74 mesures pouvant assainir les finances de l’Organisation. Certaines devaient apporter une réponse rapide à une situation critique, tandis que d’autres proposaient des pistes pour améliorer durablement l’efficience de son fonctionnement. A défaut d’une gouvernance précise et de l’élaboration d’une méthodologie claire, explique la Cour des comptes, aucune de ces mesures n’a produit d’effet significatif.


Des mesures élaborées sans méthode ni suivi

La première critique d’une longue série envers le leadership d’Irina Bokova. Le rapport fait en effet état de la lenteur excessive des réformes structurelles. « Certaines modalités de la réforme n’étaient toujours pas arrêtées en 2012, la politique de partenariat attendait encore une définition », avance le rapport. La feuille de route de ces réformes est considérée comme « ambiguë » par la Cour des comptes, et certaines recommandations « vidées de leur contenu stratégique ». En d’autres termes, l’institution française reproche à la directrice générale de l’Unesco de ne pas avoir donné de ligne… directrice ni assuré un suivi suffisant.

Outre ces réformes hésitantes et fortement dommageables, d’autres décisions étonnantes viennent ternir encore davantage l’action d’Irina Bokova. En effet, de nouveaux groupes de travail, aux missions pour le moins redondantes, sont venus alourdir le processus des réformes pour, in fine, les neutraliser. Ultime source de critique mise en avant par le rapport de la Cour des comptes, et non des moindres, la gestion calamiteuse des ressources humaines de Mme Bokova. La réduction des coûts salariaux était pourtant une priorité pour assurer la viabilité de l’Organisation mais aucun objectif global n’a été fixé durant tout son mandat. « Le processus décisionnel est souvent hésitant et parfois incohérent », conclut vertement la Cour des comptes.

Irina Bokova également discréditée en interne

N’importe quel dirigeant d’une entreprise, d’une organisation ou d’un gouvernement ne saurait résister à tant de critiques et à un bilan aussi défavorable. Ses compétences sont de fait mises en doute, tout comme ses capacités à mener à bien de difficiles réformes qui attendent déjà depuis deux ans. D’autant que les réponses d’Irina Bokova à ces critiques apparaissent à l’image de son travail : floues et inconséquentes.

La directrice générale, sous pression, a proposé de procéder à des licenciements – qui pourraient concerner quelque 300 postes – tout en assurant que ces douloureuses décisions seraient prises en toute transparence. Une épée de Damoclès assortie d’une promesse que les employés de l’Unesco auront peine à croire. Alors que la Cour des comptes déplore le faible nombre de documents disponibles, les membres de l’Unesco semblent travailler dans une atmosphère autoritaire, sous l’emprise d’une direction aux pratiques arbitraires.

Dans ce contexte, le Quai d’Orsay, soutien de Mme Bokova, pourrait être avisé de se reporter sur un autre candidat pour le prochain mandat. La survie même de l’Unesco est en jeu alors que les contractions budgétaires sont appelées à se prolonger et que la directrice générale s’est montrée incapable d’infléchir la position américaine.



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