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Abbas Jaffer - publié le Jeudi 2 Juillet à 11:05

Une plus nette description des femmes afghanes: entretien avec Paula Lerner






Washington – Paula Lerner s’est intéressée aux femmes afghanes depuis le renversement des talibans en 2002. En tant que photographe et activiste, elle a été témoin des remarquables défis relevés par les activistes des droits des femmes là-bas et des étonnants succès remportés par celles-ci. Abbas Jaffer de AltMuslimah l’a récemment interviewé au sujet de son engagement au profit du développement des femmes afghanes.

Quand avez-vous commencé à vous rendre en Afghanistan et à travailler pour le Business Council for Peace?

Paula Lerner: Je suis allée cinq fois en Afghanistan depuis 2005. Lors des trois premiers voyages, je faisais partie d’une équipe de volontaires qui travaillaient pour le Business Council for Peace, une organisation non gouvernementale qui aide les femmes à créer et à développer des entreprises indépendantes. En 2006, j’ai collaboré avec le Washington Post pour produire un grand reportage multimédia (qui a été primé et qui est archivé en ligne) sur ce groupe de femmes d’affaires peu communes.

Au cours de mes deux derniers voyages, j’ai d’abord travaillé à Kandahar sur un projet séparé portant sur des femmes dans cette ville.

La couverture médiatique de l’Afghanistan aux Etats-Unis brosse-t-elle un tableau fidèle de ce qui se passe vraiment là-bas?

Je pense que la couverture médiatique n’est pas aussi approfondie ou pas aussi complète qu’elle devrait l’être et c’est la raison pour laquelle elle n’est pas aussi fidèle qu’elle devrait l’être. En général, la couverture est limitée et fortement axée sur l’armée et l’insurrection des talibans. Il y a très peu de reportages sur la vie quotidienne ou sur des histoires qui pourraient mieux faire comprendre aux Américains la complexité culturelle ou l’aspect humain du peuple afghan. Cet équilibre faisant défaut, il me semble que la description qui nous est faite est largement biaisée, ce qui explique le fait que notre capacité à éprouver de la compassion (et aussi à vraiment bien comprendre la situation) soit amoindrie.

Pouvez-vous nous parler un peu des efforts fournis par Sitara Achikzai, l’activiste des droits des femmes qui a récemment été tuée par les talibans, et des défis auxquels elle a dû faire face?

Sitara Achakzai était une femme intelligente, cultivée, parlant avec facilité, pleine de vie. Elle travaillait dur pour améliorer la situation des hommes, des femmes et des enfants dans sa province natale de Kandahar.

En tant que membre élu du conseil provincial de Kandahar, sa tête était mise à prix, tout comme celle des autres membres du conseil. Elle a été très courageuse de poursuivre ses efforts dans de telles circonstances.

Quelques semaines avant son assassinat, j’ai eu un long entretien avec Achakzai. L’une des choses dont elle m’a dit avoir été le plus fière est qu’elle et les trois autres femmes du Conseil provincial passaient pour être plus honnêtes et moins corrompues que certains membres masculins du conseil. C’est pour cette raison que lorsque des hommes de la province déposaient une pétition au conseil, certains les sollicitaient, elle et les trois autres femmes, pour qu’elles agissent en leur nom.

Selon vous, quel rôle devraient jouer les femmes occidentales pour aider les femmes afghanes? Comment dépeindriez-vous ces interactions?

Grâce au Business Council for Peace (Bpeace), j’ai vu de brillantes femmes d’affaires occidentales tendre la main pour donner des conseils, former et, dans certains cas, aider leurs soeurs afghanes à démarrer. Ce qui était remarquable dans ces interactions c’est que c’était l’exemple type de femmes occidentales donnant un coup de main et non une aumône. Je pense que ce genre de démarches est exactement ce vers quoi nous, en Occident, nous devrions nous tourner si nous voulons améliorer la situation en Afghanistan.

J’ai vu de nombreuses et réelles amitiés se développer entre les membres du Bpeace et les femmes afghanes impliquées dans le programme, amitiés qui ont perduré. Je pense qu’il est juste de dire que des deux côtés, la vie de ces femmes ont positivement changé. Les autres groupes que je connais et qui font aussi du bon travail sont, pour n’en citer que deux, Women for Afghan Women et Project Artemis.

Quels sont certains des accomplissements que les femmes afghanes ont réalisés et qui ne sont pas toujours relevés par les principaux médias?

Il y a beaucoup de réussites de femmes qui sont peu relatées dans les principaux médias. Ces quatre dernières années, j’ai personnellement interviewé des femmes afghanes issues du monde des affaires, des médias et de la politique qui font des choses remarquables dans leur domaine mais dont les histoires sont, pour la plupart, inconnues en Occident.

Lors de mon dernier voyage, en mars dernier, j’ai rencontré des femmes qui sont dans la confection d’habits traditionnels et la broderie, des apicultrices, des productrices de miel et des femmes qui fabriquent des ballons de football. A elles toutes, elles emploient des centaines d’autres femmes et ont un impact considérable sur leur communauté, tant sur le plan financier que comme modèles.

Une partie de ma mission personnelle en tant que journaliste-photographe et productrice multimédia est de braquer les projecteurs sur ces femmes et de relater leurs histoires au plus grand nombre de personnes afin de donner une idée plus juste de la vie des femmes en Afghanistan.

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* Abbas Jaffer (m.abbas.jaffer@gmail.com) est rédacteur adjoint de Altmuslimah. Il va étudier les sexes et l’islam à la Harvard Divinity School à l’automne prochain. Article abrégé, distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews) avec l’autorisation de l’auteur. Le texte est disponible dans son intégralité (en anglais) sur www.altmuslimah.com.


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