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Une mère mondialement connue restructure la consolidation de la paix sur le terrain


par Shelina Janmohamed - publié le Vendredi 14 Septembre 2012 à 06:00 modifié le Jeudi 1 Janvier 1970



London – A la veille du onzième anniversaire des attentats du 11 septembre, les questions, les conflits et la mauvaise compréhension entre les différents groupes religieux demeurent. Toutefois, quelque chose d'intéressant est en train de se produire. Récemment, à Jérusalem, un groupe composé exclusivement d'hommes issus des clergés islamique, chrétien et juif s'est réuni pour célébrer une femme – Marie, mère de Jésus – et trouver une valeur commune à travers elle.

Dans un monde fait d'initiatives et d'efforts de paix dominé par les hommes, l'utilisation de ce modèle féminin comme moyen de rapprochement est un fait rare et passionnant.

Marie, juive et mère du fils chrétien de Dieu, est aussi la femme la plus vénérée dans la tradition musulmane. Connue en arabe sous le nom de Maryam, un chapitre du Coran porte son nom. Toutefois, en plus de ce statut, elle est profondément humaine.

Quelle meilleure façon de communiquer à travers l'une des mères les plus célèbres de l'histoire?

A l'origine de cette initiative, une ancienne journaliste, Ingrid Stellmacher, qui après 25 ans de production télévisée et cinématographique a souhaité « arrêter de commenter les conflits et faire quelque chose pour les résoudre. » Elle a créé The Mary Initiative, une organisation basée au Royaume-Uni, qui vise à rassembler les gens à travers leur compréhension et expérience communes de Marie.

Ingrid Stellmacher prétend qu'orienter la conversation sur la signification commune que revêt Marie permet de surmonter l'obstacle qui consiste à « juste parler » de dialogue interreligieux et de paix. Marie incite au dialogue du fait de la passion et du respect qu'elle suscite et relie ainsi les interlocuteurs, hommes et femmes, avant même qu'ils n'aient commencé à parler.

Un groupe de femmes somaliennes, par exemple, ont été étonnées d'apprendre que Marie était juive. Ingrid Stellmacher précise que c'est une réaction qui arrive avec différents groupes dans le monde entier. Concernant les Somaliennes, la nouvelle a conduit à un engagement provisoire avec des femmes juives sur les questions d'égalité des sexes qui concernent les deux groupes.

Le succès mondial de Marie s'explique du fait qu'elle est accessible dans toutes les cultures et tous les pays: du Royaume-Uni aux Etats-Unis, à la Tanzanie, au Kenya et au Yémen. Le concept est au départ simple.

Il est demandé à des personnes de religions différentes et parfois des personnes non religieuses, de répondre à la question suivante: « Que signifie Marie pour vous? »

Les réponses sont filmées et les interviews d'un groupe sont présentées pour discussion à différents autres groupes. C'est ainsi que l'ambassadeur de Palestine au Royaume-Uni, M. Manuel Assassian, a exprimé dans quelle mesure, à ses yeux, « Marie symbolise l'espoir, la spiritualité et l'amour ». L'espoir, la spiritualité et l'amour font souvent partie des ingrédients qui font défaut quand nous nous intéressons aux questions désespérées auxquelles nous sommes confrontés dans le monde.

Le professeur juif Miri Rubin, explique avec éloquence, qu'il est impossible d'être Européen et de ne pas être touché par le rayonnement de Marie dans les domaines de l'art, de l'architecture et de la poésie. « Tout ce que nous considérons comme beau, en gros ».

Un groupe de musulmans pakistanais a exprimé le souhait d'avoir une Mary Initiative entre l'Inde et le Pakistan car la partition en deux pays a été leur 11 septembre. A cette époque, ils n'avaient pas vu le clip de Mohini Giri, la belle-fille de V.V. Giri, le quatrième président de l'Inde. Cette hindoue, explique que pour elle, Marie signifie mère et que si nous pouvions obtenir la paix grâce à Marie, ce ne serait pas mal.

Susciter des discussions positives et tournées vers l'avenir auprès des groupes d'individus revenant encore sur les attentats du 11 septembre soulève d'importantes questions conceptuelles au regard de la paix. Par exemple, comment contrebalancer la puissance coercitive avec la puissance douce et les notions de réconciliation?

Lors d'une séance de Mary Initiative à la Fairfield University aux Etats-Unis, il y a quelques mois, le révérend Richard Ryscavage, directeur du Centre pour la foi et la vie publique, a déclaré: « Mary Initiative devrait être enseignée à l'école de diplomatie, ici aux Etats-Unis, parce que cette approche qui offre un espace moins conflictuel et qui existe déjà en raison de l'histoire commune des chrétiens et des musulmans, est une nouvelle et puissante conversation qui peut offrir aux diplomates une main tendue contenant quelque chose d'authentique plutôt que fabriqué. »

Au terme d'une séance de trois heures dans une prison américaine, deux aumôniers ont approché Ingrid Stellmacher pour lui expliquer qu'ils étaient supposés donner une présentation commune avec leurs homologues musulmans mais que les tensions entre chrétiens et musulmans étaient telles qu'ils ne s'étaient même pas parlés. Toutefois, ils suggèreraient maintenant de faire une présentation conjointe sur Marie. Ingrid Stellemacher savaient que ces deux hommes y retourneraient et auraient un type de conversation totalement différent de ce qu'ils avaient eu auparavant; une conversation plus modérée.

Ingrid Stellmacher raconte: « Il existe un proverbe bouddhiste – le coeur a un langage secret silencieux. Présenter Marie donne juste le droit de l'employer. »

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* Shelina Janmohamed est une journaliste basée à Londres. Article écrit pour Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 14 septembre 2012, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=320...