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Zineb El Kadri - publié le Lundi 22 Décembre à 11:55

Une femme courageuse





Une femme courageuse
Il pleut sur la ville de Fès, ce soir. Par la fenêtre de ma chambre, je regarde les gouttes de pluie venir lamentablement mourir sur le sol. Je souris en pensant à ce que je ferais si j'étais encore enfant. Je serais en train de danser sous la pluie, comme une petite folle, sans prêter attention aux injonctions de ma mère qui, folle de rage, finirait par venir me tire...r de là en hurlant à la punition la plus terrible. Mais aujourd'hui j'ai 30ans et la pluie est bien froide.

Le ciel semble aussi triste que moi. Il déverse sa rage avec beaucoup de force. Je me demande alors de quel chagrin il peut bien souffrir. Plus je le regarde, plus je me dis qu'il s'est emparé de mon deuil et l'a fait sien. Les larmes comme un fil infini, enveniment mon visage et laissent mes yeux orphelins.
Depuis Platon le courage, ou force, est considéré comme l'une des quatre vertus cardinales, les trois autres étant la prudence, la tempérance et la justice.

Cinq jours ont déjà passé. Pourtant il me semble que c'était il y a une minute que j’ai divorcé de Sami.

La douleur du départ est toujours palpable. Mon cœur bat à tout rompre dès que me reviennent en mémoire les circonstances de son départ. Autant vous dire, qu'en le voyant la première fois, je nous voyais être encore ensemble et amoureux dans dix mille ans. Qu'y peut-on ? La vie décide. Elle nous assemble ou nous sépare à sa guise.

La pluie dehors chante un refrain de tous les diables. Du coup, ma tête se met à bourdonner. Il faut que je m'asseye. Dieu comme je me sens mal !

J’arpentais le hall de l’aéroport de Fès-saïs, je vus un bandit en train de piquer le sac d’une touriste qui marchait lentement. Je déclenchai le signal d’alarme et toute la police de l’aéroport était alerté en une seconde. D’un pas ferme je devançais la foule et je demandai, avec une audace peu ordinaire, au voleur de rendre le sac à la victime.

A la stupeur de tout le monde, il me le donna, aussitôt je l’ai remis à la police.

Je ne savais pas quoi faire, je pensais à mon avenir, je finis par bousculer la personne qui était devant moi. C'était un homme qui se retourna vert de rage. Je crois que ce fut mon regard contrit qui le fit passer de la colère à un agréable : « Vous auriez pu vous faire très mal ! » Il sourit. Je restai bêtement hypnotisée
- Étant donné que vous m'êtes redevable, puis-je savoir votre prénom ?
Je restai là, bête, sans voix. Sa voix...ressemblait à celle de Sami.
-Je m’appelle Sarah.
-Alors, Sarah me feriez-vous l’honneur de prendre une tasse de café ensemble.
Les mots continuaient de mourir au seuil de ma bouche. Il me fallait très vite reprendre mes esprits. Assis au café, deux minutes plus tard, les présentations furent vite faites :
-Je m’appelle Amine, je suis ingénieur, on se tutoie, veux-tu ?
-Euh !Je…oui. où habites tu ?
-Tu as une très jolie voix, tu sais…Je suis de passage au Maroc. J’ai un appartement à Londres. Je suis divorcé. Alors si tu me parlais de toi !
Quoi dire ?Je ne pourrais balbutier aucun mot. Il fallait dire que je préparais un doctorat en sociocritique, que j’ai deux meilleurs amis! que celui que j’avais tant aimé m’avait abandonnée pour une autre !Quoi dire ?Finalement j’avais esquissé :
-Pour moi, Londres c’est l’une des plus belles villes au monde et Fès aussi.

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