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Farid Mnebhi - publié le Dimanche 2 Octobre à 09:26

Une analyse sur l’ Algérie




Tout d’abord, je souhaiterai rappeler quelques évidences :



1/ en Algérie, le président est investi de pouvoirs importants (chef suprême des forces armées, ministre de la Défense nationale, nomme le chef du gouvernement, pourvoit à tous les postes civils et militaires), 

2/ que ce type de régime est qualifié par les politologues de régime présidentiel, car sans contrepoids institutionnel et ce, depuis son indépendance en 1962.

3/ bien que système politique algérien puisse être qualifié de type présidentialiste, la lecture constitutionnaliste de la loi fondamentale algérienne, il apparait dans la pratique interne de ce pays que le principal pourvoyeur de chefs d’Etat est l’armée, acteur principal, omniprésent et incontournable à tous les niveaux de la vie politique, économique, diplomatique et sécuritaire. L’armée, caste dominante du système politique algérien agit sous une forme ou un autre, conseil de la révolution ou cooptation de personnalité parmi ses pairs dans la vie politique algérienne.

4/ actuellement, toute idée de mise en place d’une constituante en Algérie est impossible. Le pouvoir, sous pression des généraux, est obligé de proposer au peuple algérien une simple révision de la constitution, qui se révèle pour l’heure très peu convaincante.

En effet, le projet de révision constitutionnel omet de limiter le nombre des mandats présidentiels, assurant, ainsi, la pérennité de la prépondérance de l’armée dans la chose politique.

5/ ainsi, tel que défini par l’intégralité des constitutions algériennes et révélé par la pratique politique depuis l’indépendance, le président algérien apparaît plus comme un véritable monarque présidentiel coopté par un cercle restreint de décideurs, les généraux.

Par ailleurs, pour conclure, je dirais tout simplement ceci :

si on revisite l’histoire, on constate que toutes les révolutions ont finalement échoué. La révolution française, la révolution russe, la révolution chinoise, la révolution castriste à Cuba, la révolution nassérienne en Egypte, la révolution baathiste en Irak, la révolution bassiste en Syrie, la révolution algérienne, la révolution libyenne et j’en passe. Ces révolutions n’ont fait que retarder le développement des pays cités, priver les citoyens de leurs droits élémentaires, ériger la délation en vertu, éliminer physiquement toute les élites et appauvrir les peuples sur tous les plans afin de mieux les contrôler et surtout pour permettre à la nomenklatura de s’enrichir outrageusement.

Les dirigeants d’Alger et ce, depuis 1962, ont réunis tous les ingrédients nécessaires à provoquer un véritable tsunami en Algérie. Seul le peuple évidemment en subira les conséquences dans sa chair et ce pays mettra des années à se relever de séisme qui aura tout emporté avec lui : élite, jeunesse, moyens de productions et de développements, infrastructures de base, crédibilité internationale et régionale sur les plans politique, économique, financier, sanitaire, touristique et sécuritaire.
Malgré la manne générée par l’exportation des hydrocarbures, les algériens devront s’atteler, non pas reconstruire, mais construire car rien n’a été fait depuis 1962.

L’Algérie n’a aucune production agricole, industrielle, pharmaceutique. Les réseaux ferroviaires et routiers sont équivalents à celui d’un pays sous développés. Il n’a été, dans ce pays, construit ou développé des infrastructures électriques, portuaires, aéroportuaires. Ceux qui existent datent de la colonisation, donc obsolètes. Il en est de même pour ce qui est de la mise place de moyens et systèmes d’approvisionnement en eau potable des grandes agglomérations et en des régions rurales.
Il devront également penser à ce que la Kabylie et la région saharienne puissent bénéficier des retombées de la vente des hydrocarbures pour leur garantir un développement à la hauteur des aspirations des habitants de ces régions délaissés, persécutés, humiliés, honnies et qualifiés, à la limite, par les autorités algériennes, notamment les généraux, de pestiférés.

D’ailleurs, la très grande majorité de l’élite algérienne est issue de ces deux régions. Tous ses membres sont, pour des raisons que l’on devine, exilés à l’étranger et attendent avec impatience une véritable démocratie dans leur pays pour y revenir et participer activement à son essor, son développement, à sa quiétude et à au bien être du peuple algérien.



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