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Farid Mnebhi - publié le Mercredi 11 Janvier à 01:28

Une analyse pré-électorale sur l’Algérie (2ème partie)




Je rappellerais aux lecteurs que la première partie de mon analyse a traité de la situation sociale en Algérie



Cette deuxième partie de mon analyse sera consacrée à la situation sécuritaire qui prévaut actuellement en Algérie.

Pour se faire mon texte sera subdivisé en deux volets, l’un traitant de la sécurité domestique, l’autre relevant de la lutte terroriste et la criminalité transnationale.

II /: Situation sécuritaire en Algérie.

A / Au plan purement interne

Tout d’abord, il convient de rappeler que la criminalité domestique en Algérie se nourrit essentiellement du chômage, de la déperdition scolaire, de la misère, de l’oisiveté mais aussi des conditions sociales (logement et revenu familiale) précaires qui marquent au fer rouge les enfants et les jeunes.

Si l’on se réfère aux statistiques publiées par la seule gendarmerie algérienne, on notera que pour Alger uniquement, 50% des criminels font partie de la classe inactive et la tranche d’âge 18-28 ans en constitue l’ossature.

Ainsi, les quartiers come Baraki, El Harrach, La Montagne, la Casbah, et Bab El Oued sont quotidiennement le théâtre de vils crimes, assassinats ou meurtres, viols, attentats à la pudeur, d’atteintes à la faille et aux bonnes mœurs.

A Oran, autre grande ville algérienne, n’est pas épargnée par ce phénomène. Connue jadis pour être un excellent lieu de détente, de distraction et de divertissement, la capitale de l’Ouest est devenue ces dernières années le carrefour de la criminalité, occupant la première place en Algérie, supplantant ainsi la capitale sur ce registre.
La criminalité a tellement pris de l’ampleur et des proportions inquiétantes que les oranais ont décidé, face à l’incompétence des forces de la sécurité publique, de s’organiser pour se faire justice eux-mêmes en cas d’agression.
Dans les quartiers d’Oran-Est, soit Haï El Nour, Haï El Yasmine, Haï El Sabah et l’USTO, le crime organisé a pris la première place face au grand banditisme. Il englobe le trafic des stupéfiants, le trafic d’armes et de munitions, de métaux précieux, la délinquance économique et financière, la contrebande, la migration et les faux et usage de faux.

Autre élément qui n’est pas fait pour arranger les choses : des armes prohibées, importées frauduleusement, comme les sabres et les fusils harpons, sont en vente libre dans certains quartiers.

Enfin, l’´escalade de la criminalité, n’est pas l’apanage de ces deux grandes métropoles. Elle touche, plus ou moins, toutes les métropoles. Le niveau de la criminalité a atteint des pics jamais connus auparavant, notamment à Annaba, Constantine, Sétif, Skikda, Mostaganem, Relizane, Tlemcen, Bejaia, Jijel, Batna ainsi qu´au niveau des villes frontalières.

On peut donc dire que la situation sociale et la flambée des prix en Algérie, mais aussi le laxisme des forces de la sécurité publique, de la justice algérienne et la corruption sont les ferments de cette criminalité domestique. et que la situation est plus que dramatique pour la société algérienne.

B/ au plan de la lutte anti-terroriste

Suite à l’annulation du second tour des législatives en janvier 1992 et la dissolution du Front Islamique du Salut par l’oligarchie politico-militaire, l’Algérie a plongé dans un terrorisme aveugle, il est vrai alimenté en sous main par l’Etat pour justifier ses meurtres, tortures et déportations dans des camps de concentration dans le sud algérien et régler certains comptes avec la population Kabyle.
Depuis cette date, et à ce jour, les forces de sécurité algériennes sont dans l’incapacité totale d’éradiquer un terrorisme interne qui a fait, continue de faire, des milliers de morts et blessés parmi la population civile.
A ce terrorisme purement local, s’est greffé depuis quelques années un terrorisme international avec l’allégeance des groupes islamiques armés algériens à Al Qaida. Une allégeance qui donnera naissance à Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) qui sévit dans le Nord de l’Algérie, principalement en Kabylie, mais aussi, et surtout en toute impunité, dans le sud algérien et la zone sahélo-saharienne.

Face à cette nouvelle donne, les services de renseignement et de sécurité algériens, qui ne pouvaient contrôler la situation, ont opté pour une sécurisation maximum de la capitale et des points stratégiques (aéroports, ports, champs pétrolifères, bases militaires), laissant le champ libre aux terroristes de l’AQMI dans le reste du pays.

En effet, depuis fin 2006, le nombre d’attentats n’a cessé d’augmenter. Les cibles sont souvent des institutions publiques, ainsi que des entreprises étrangères et leurs employés. En avril 2007, des attentats. à la bombe qui visaient les bureaux du Premier ministre et un poste de police à Alger ont fait de nombreux morts et blessés. En juin 2008, une entreprise française a été la cible d’un attentat à Beni Amrane L’organisation al-Qaida au Maghreb islamique menace également de perpétrer des attentats contre des infrastructures occidentales.

Par ailleurs, AQMI a pu constitué des bases arrières de repli et logistique dans le sud de l’Algérie et dans des secteurs proches des frontières avec le Niger, le Mali, et la Mauritanie afin d’opérer ses coups de mains (enlèvements d’étrangers, attaques de casernes pour récupérer des armes et des munitions),de s’adonner aux trafic de drogues et à la contrebande en toute tranquillité mais aussi d’implanter des cellules terroristes dans ces pays afin de les déstabiliser et de s’activer en Afrique de l’Ouest.

Des bandes armées et des terroristes islamistes, qui vivent de contrebande et d’enlèvements contre rançon, sévissent dans une grande partie du Sahara. Ils sont bien organisés, opèrent sans tenir compte des frontières et ont des contacts avec des groupes criminels locaux.
Au printemps 2003 plusieurs groupes de touristes ont été enlevés dans le sud du pays. Début février 2011 une touriste italienne a été enlevée dans une région située au sud de la ville de Djanet. En octobre 2011, des employés européens d'une organisation humanitaire ont été enlevés d'un camp de refugiés près de Tindouf. Je citerai également les enlèvements de ressortissants français, étrangers et locaux au Mali et au Niger, le meurtre de certains d’entre eux.

De plus il n’est pas superflu de mettre en relief le rôle joué par le Polisario dans le rapt des travailleurs sociaux A Rabouni près de Tindouf dans les caps des séquestrés sahraouis, une zone ultra sécurisée par l’armée et les services de sécurité algériens et le commandement polisarien. Un rapt qui démontré l’implication directe du polisario et l’assentiment des plus hautes autorités civilo-militaires algériennes.

Face aux suspicions de plus en plus grandes et sérieuses de la communauté internationale, l’oligarchie militaro-politique tente de donner des gages de bonne foi et de démonter sa volonté de faire échec au terrorisme sur son territoire.

C’est pourquoi, on a pu remarquer avec étonnement que la presse algérienne dans son ensemble s’est faite récemment l’écho d’arrestations et de liquidations physiques de terroristes, de neutralisations de certaines de leurs cellules ainsi la large place accordée aux différents procès impliquant des terroristes. Autre gage donné, le remplacement du responsable de la sécurité intérieur et le limogeage de nombreux responsables sécuritaires et civiles dans le sud algérien.
En conséquence, on peut affirmer, sans grand risque de se tromper, que la situation sécuritaire en Algérie, sur tous les plans, n’est pas reluisante et indigne pour sa population qui aspire à vivre dans la quiétude, la dignité, en sécurité et en parfaite entente avec tous ses voisins.

Cependant, et il faut bien le souligner, La criminalité et le terrorisme en Algérie constituent un fonds de commerce et un divertissement pour les plus hautes autorités civiles et militaires algériennes.
En effet, face à la faillite d’une politique et la démission d’une société entière, la gangrène se poursuit et n’est pas prête de s’arrêter. Pour y arriver, il faudrait beaucoup de courage aux hommes politiques algériens pour éradiquer ce double fléau qui mine la société algérienne.

Aussi et pour conclure mon propos, je pose tout simplement cette question aux lecteurs : les hommes politiques ont-ils le courage, la volonté et l’honnêteté intellectuelle d’affronter l’oligarchie qui dirige leur pays depuis l’indépendance pour y mettre un terme ?


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