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Mounir Rochdi - publié le Mardi 5 Février à 22:20

Une Task Force Intelligence Economique pour développer la compétitivité de l’Etat




Pourquoi l’Intelligence Economique, grâce à laquelle nombre de professionnels parviennent avec succès à accroître les avantages compétitifs d’entreprises et d’organisations, n’a-t-elle pas su, au niveau des Etats, mieux les protéger des faillites et des crises majeures qu’ils rencontrent aujourd’hui ? Pourquoi n’a-t-elle pas joué son rôle d’anticipation des risques ? Pourquoi a-t-elle failli à sa raison d’être qui est de renforcer la compétitivité ?



Une Task Force Intelligence Economique pour développer la compétitivité de l’Etat
La réussite ou l’échec de la mise en place de cette démarche dépend essentiellement du facteur humain. L’Homme est donc la clé de toute action dite d’Intelligence Economique. Il peut prendre des bonnes et des mauvaises décisions même si tous les indicateurs sont au rouge. Bien de mauvaises décisions ont conduit à des catastrophes économiques. Comment alors réduire ce risque ? C’est en développant une intelligence collective que nous pourrons mieux anticiper. Cette intelligence pourrait être renforcée par la mise en place d’une Task Force Intelligence Economique (IE), il s’agit d’une force opérationnelle qui sera mise au service du développement de la compétitivité au niveau national (entre régions) et international (entre pays).

La composition de la Task Force IE

La Task Force IE devra représenter les citoyens, la société civile, les entreprises publiques et privées (petites et grandes) ainsi que le gouvernement du pays. Elle serait donc composée de praticiens terrains en Intelligence économique, d’associations, de représentants d’entreprises, de représentants du gouvernement, de certaines structures considérées comme transversales, des organismes de recherche et enfin d’acteurs publics œuvrant à l’international. Grace à la Task Force IE, les thématiques pourront ainsi être analysées sous différents angles afin d’avoir une vision globale : économique, sociale, sociétale et stratégique. Tous les membres devront justifier d’expériences terrains et opérationnelles. Il ne s’agit pas de créer un énième groupe de réflexion qui se contenterait de se réunir pour définir des actions théoriques. Il faut aussi sortir des groupes de réflexion considérés comme des clivages parce qu’ils ne regroupent que des économistes, des entreprises voire des praticiens qui ne sortent que peu de leur microcosme. Et L’échange entre leurs différentes compétences ne se fait malheureusement qu’à postériori.

Les membres de la Task Force IE

-  Le praticien en Intelligence Economique : Il est le véritable animateur du groupe. Il fournit et coordonne l’information, réalise des analyses stratégiques, identifie les opportunités, évalue les risques, met en place des systèmes d’alerte, capitalise les données et étudie les propositions. L’ensemble de ces actions sont menées en collaboration avec les membres de la Task Force. Le praticien sait qui fait quoi, qui il doit mobiliser et à quel moment il doit le faire.

-  L’association : Du fait de son contact direct avec les citoyens, elle représente un capteur d’information intéressant. Elle représente aussi la démarche collective souhaitée par la Task Force et peut apporter une réelle valeur ajoutée notamment dans le cadre de projets régionaux.

-  Le représentant d’entreprises : Qu’elle soit une confédération ou une association professionnelle, la structure qui représente les entreprises devra avoir une bonne connaissance des difficultés rencontrées par ces dernières. Ce représentant devrait pouvoir mobiliser rapidement des entreprises et maîtriser l’environnement des affaires nationales et/ou internationales. Le tissu économique dans la majorité des pays étant principalement composé de PME/PMI, cette structure devra impérativement représenter aussi bien les grandes que les petites et moyennes entreprises.

-  Le représentant du gouvernement : Il s’agit d’un ministère, d’un office ou d’un organisme transversal qui dépend du chef du gouvernement ou du dirigeant du pays. Il apporte la vision globale de l’Etat et intervient dès le début à la construction d’actions spécifiques et durables. Il permet aussi d’élargir, le cas échéant, le champ d’action ou d’intervention à travers les représentations diplomatiques. Le représentant de l’Etat permet d’élargir la capacité à capter l’information nécessaire à la réflexion et à l’analyse. Il donne enfin un caractère officiel à la Task Force IE pour qu’elle puisse agir en toute légitimité. Les services de sécurité ont aussi leur rôle à jouer pour sécuriser les investissements à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

-  L’organisme de recherche : Une université, un laboratoire ou un centre de recherche doit être membre de la Task Force IE. Ces entités apportent une dimension d’expérimentation et de recherche fondamentale. Elles savent bien cerner les problématiques et peuvent mobiliser des équipes pluridisciplinaires ou spécialisées sur une thématique donnée.

-  L’organisme œuvrant à l’international : Cela concerne essentiellement les pays qui disposent d’agences d’aide au développement économique. Ces dernières financent, accompagnent et supervisent des projets de développement dans certains pays. Ces agences peuvent identifier des opportunités de développement, d’innovations ou tout simplement d’échanges.

Les missions de la Task Force IE

Comme nous l’avons expliqué, l’objectif de la Task Force IE est d’être totalement opérationnelle. La première mission du groupe serait de réaliser un diagnostic, qui pourrait par exemple concerner l’identification d’entreprises jugées vitales pour l’économie du pays, une région moteur de l’économie nationale, la protection du savoir-faire, des actions pour le maintien de la compétitivité, etc.

Dans une seconde étape, la Task Force IE devra formuler des recommandations opérationnelles. Si ces dernières sont validées par les autorités compétentes, la Task Force devra s’assurer de leur mise en place si cela fait partie des compétences de ses membres.

Lorsque l’action concerne une région particulière, les membres de la Task Force IE peuvent être renforcés par des organismes locaux qui sont plus près des besoins identifiés.

La Task Force IE devra aussi mettre en place un dispositif de veille pour identifier rapidement des menaces potentielles, des opportunités de développement ou de partenariats, d’anticiper sur des risques et enfin pour développer une vision prospective.

Exemples d’une TASK Force IE

Voici ce que pourrait être une Task Force IE dans quatre exemples de pays. Les exemples d’organisation et la liste des membres cités ci-dessous ne sont cités qu’à titre d’exemple pour mieux comprendre les enjeux.

-  Task Force IE pour les USA : USAID (U.S. Agency for International Development), SCIP (Strategic and Competitive Intelligence Professionals), FULD & company, MIT (Massachusetts Institute of Technology), United States Secretary of State, Harvard Business School, BusinessUSA (composé de 14 agences et organismes y compris la Maison Blanche), U.S. Chamber of Commerce, des personnalités comme Bill Gates et Robert Merton.

-  Task Force IE pour la France : CCI de France (Etablissement fédérateur des CCI), Les ministères de Bercy (y compris le SCIE et les CRIE), Haut-Commissariat à l’intelligence économique et à la prospective, CGPME (Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises), AFD (Agence Française de Développement), G.C.I.C (Groupement de Compétences pour l’Information et la Compétitivité), EGE (Ecole de Guerre Economique), EEIE (Ecole Européenne d’Intelligence Economique), ICOMTEC (Université de Poitiers), quelques professeurs pionniers tels que Henri Dou et Luc Quoniam. Des personnalités comme Jean louis Levet et Alain Juillet.

-  Task Force IE pour le Maroc : Ministère de l’Economie, HCP (Haut-Commissariat au Plan), IRES (Institut Royal des Etudes Stratégiques), le CVS (Comité de Veille Stratégique qui regroupe plusieurs agences et organismes - à condition qu’il soit relancé -), ISCAE (Institut Supérieur de Commerce et d’Administration des Entreprises), AMDIE (Agence Marocaine de Développement des Investissements), R&D Maroc, AMIE (Association Marocaine d’Intelligence Economique), CIEMS (Centre en Intelligence Economique et Management Stratégique), ANPME (Agence Nationale pour la Promotion de la Petite et Moyenne Entreprise), certaines personnalités comme Driss Alaoui Mdaghri et Driss Guerraoui.

-  Task Force IE pour la Tunisie : Secrétaire d’Etat chargé de la veille stratégique et de la prospective (nommé en 2012), RIAVEC (Réseau Tunisien d’Intelligence, d’Analyse, de Veille Economique et commerciale qui regroupe plusieurs agences et organismes), ATIE (Association Tunisienne d’Intelligence Economique), L’université de la Manouba et le CTVIE (Centre Tunisien de Veille & d’Intelligence Economique).

Conclusion

La Task Force Intelligence Economique devra impérativement être composée de membres opérationnels et véritablement experts dans leur domaine. Chacun d’entre eux devra maîtriser au moins trois langues, disposer d’aptitudes nécessaires au travail collaboratif et adhérer à une charte définissant les rôles, les droits et les obligations de chacun.

La Task Force IE est un engagement au service de la compétitivité du pays, elle devra assurer des actions de lobbying et d’influence nécessaires à son développement. Aussi, la liste des membres n’est pas figée et peut être enrichie selon les missions.

http://www.veille.ma/+Une-Task-Force-Intelligence+.html



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