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par Ziad Asali - CGNEWS - publié le Mardi 2 Mars à 10:53

Un partenariat pour la paix au Moyen-Orient, ici en Amérique






Washington – Compte tenu de l'agitation qui entoure la diplomatie et le processus de paix au Moyen-Orient, il est plus urgent que jamais, pour la société civile, de faire bloc autour de l'incontestable réalité selon laquelle une solution qui met fin au conflit ne peut être atteinte que par la création d'un Etat palestinien existant, côte à côte avec Israël, dans la paix et la sécurité.

La solution à deux Etats est devenue la politique officielle des Etats-Unis sous le président américain George W. Bush; et, aujourd'hui, sous le président américain Barack Obama, elle est considérée comme une priorité de sécurité nationale. Elle a été adoptée, au niveau international, par le Quatuor pour le Moyen-Orient (composé des Etats-Unis, de la Russie, de l'Union européenne et des Nations Unies), l'Organisation de libération de la Palestine, la Ligue arabe et les gouvernements israéliens successifs.

Cette solution a également fini par délimiter la tendance de l'opinion américaine sur cette question, y compris la position de la majorité des organisations arabes et juives américaines.

Dans la région, seuls le gouvernement iranien, le Hamas, le Hezbollah et les extrémistes idéologiques de l'extrême droite israélienne s'opposent à cette solution. En Occident, l'opposition se limite à des activistes des franges politiques extrémistes de gauche et de droite.

Cependant, une trop grande partie de notre politique ne s'est pas encore adaptée à cette politique du consensus.

D'une part, et ce fut positif, ces derniers mois ont été témoins d'un consensus sans précédent entre l'administration Obama et le Congrès américain. Au Congrès, des défenseurs de longue date d'Israël ont clairement indiqué que la solution à deux Etats servait les intérêts stratégiques des Américains et des Israéliens; ils ont donc soutenu les premiers efforts de l'administration visant à jeter les bases d'une reprise des pourparlers de paix et à créer les institutions d'un Etat palestinien.

D'autre part, les vieux jeux à somme nulle (où le gain de l'un est perçu comme une perte inévitable pour l'autre et où plus d'énergie est consacrée à marquer des points lors de discussions plutôt qu'à trouver des solutions) continuent de dominer les relations entre les gouvernements palestiniens et israéliens, ainsi qu'entre entre les communautés et organisations arabes et juives en Amérique.

Ce manque d'harmonie entre les objectifs énoncés et l'attitude véritable des intervenants est au coeur des difficultés que rencontre l'administration pour résoudre ce conflit; il faut dépasser cette situation.

Tout en professant un objectif commun, les communautés arabe et juive d'Amérique ont, jusqu'ici, évité de créer une dynamique de coopération. La coopération inter-communautaire a seulement lieu entre une fraction d'organisations, tandis que le centre de gravité reste largement conflictuel. Le mot ''délégitimation'' et la recherche constante de ''preuves'' de la mauvaise foi de l'autre définissent encore la grande majorité des discours qui portent sur le conflit arabo-israélien, empêchant ainsi que ne s'accomplisse ce que les deux communautés disent vouloir.

On peut comprendre cette dynamique (bien qu’elle soit profondément destructrice) entre deux groupes opposés qui luttent pour trouver une sortie à un conflit douloureux et en cours. Toutefois, elle n'a pas sa place sur la scène politique nationale en Amérique, où l'intérêt national doit être prépondérant pour résoudre ce conflit.

Etant donné que l'administration Obama va de l'avant dans la construction d'une coalition internationale pour la paix, il faut créer dans ce pays une coalition nationale pour une solution à deux Etats.

Son objectif principal doit être d'informer les responsables politiques, en particulier le Congrès, de l'importance de la coalition en faveur d'une paix basée sur la solution de deux Etats et de la profondeur de l'engagement qu'elle représente. Les membres du Congrès et autres figures publiques doivent bénéficier de suffisamment de soutien pour vraiment adopter cette démarche et pour avoir l'assurance qu'elle constitue un atout politique et non une charge.

Une telle coalition doit se souder autour d'un noyau d'organisations arabes et juives. Ces deux communautés, dont les enjeux affectifs et politiques qu'implique la résolution de ce conflit sont les plus élevés, sont aussi celles qui connaissent le plus en détail le Moyen-Orient. D'autres Américains se
tournent naturellement vers elles pour le leadership.

De plus, en raison de leurs profondes relations personnelles et politiques avec les Palestiniens et les Israéliens, ces deux communautés sont les mieux placées pour soutenir les efforts de l'administration qui visent à rapprocher les parties en vue de pourparlers de paix pour enfin mettre un terme au conflit et à l'occupation. Une coalition pour la paix menée par des Juifs - et des Arabes - peut aussi montrer l'engagement des plus proches amis des deux parties dans la région pour aboutir à la solution à deux Etats et montrer que les deux communautés (tant ici qu'au Moyen-Orient) peuvent travailler ensemble pour servir leurs intérêts communs.

Les différences portant sur la nuance et l'emphase (à la fois au sein des communautés et entre elles) sont naturelles et saines car elles favorisent le débat et encouragent des idées nouvelles et créatives. Le but ne devrait pas consister à étouffer une telle diversité mais plutôt à créer la plus grande circonscription possible pour un accord de paix.

Une telle coalition doit être assez large pour englober toutes les organisations préconisant une solution de deux Etats, même si elles se différencient dans la façon d'expliquer pourquoi elles favorisent cette
solution, dans la façon d'atteindre le plus sûrement ce but ou même dans la manière de la définir avec précision. Ce qu'il faut, c'est un moyen par lequel les Arabes, les Juifs et autres Américains intéressés peuvent garantir que la somme totale de leurs efforts soutient la question prédominante de la sécurité nationale qui est en jeu.

Tous ceux parmi nous qui veulent mettre un terme à ce conflit doivent maintenant se liguer pour défendre une cause commune, se délester des attitudes démodées et contre-productives et accorder le soutien politique nécessaire aux dirigeants de tous bords qui cherchent sérieusement une solution. Le moment est enfin venu d'aligner notre politique sur nos objectifs politiques communs.

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* Ziad Asali est le président du groupe d'étude américain sur la Palestine et membre du conseil consultatif sur le Moyen-Orient de Search for Common Ground


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