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par Réjane Ereau - publié le Jeudi 24 Septembre à 22:37

Un magazine français comme plateforme de dialogue






Paris - Depuis les années 1970, la France s’est métissée sans s’en rendre compte. Entre-temps, en marge des cercles privilégiés, des populations entières n’ont pas bénéficié des avancées économiques du pays. Dans les années 1980 et 1990, le chômage a accentué davantage les rejets et les crispations. On a grandi à côté plutôt qu’ensemble, sans réaliser à quel point le décalage s’est creusé, coupant peu à peu la société en deux.

Comme une réponse à cette évolution, Respect Mag débarque en kiosque en décembre 2003.

Peu d’argent, pas de réseaux, peu de soutien… Le trimestriel affirme sa volonté: changer les regards sur ces « Français de seconde zone », habitants des quartiers populaires, jeunes issus de l’immigration. Il y a urgence à donner une visibilité à toutes les composantes de la France. Et affirmer à une France en train se scléroser que la pluralité et le métissage est une source de richesse, pas une atteinte à l’identité nationale.

C’est alors que le malaise de cette jeunesse défavorisée nous est revenu en pleine figure, comme un boomerang, avec sa seule visibilité médiatique, la violence. En novembre 2005, les banlieues françaises s’embrasent. Les tensions nourrissent les visions alarmistes et font les choux gras des extrémistes. Le face à face a lieu sous le feu des caméras. Parmi les spectateurs, bon nombre de jeunes et moins jeunes de tous horizons, témoins muets de l’explosion médiatique.

Respect Mag est leur relais.

Pour impulser une dynamique de société axée sur le « faire ensemble », le magazine réunit des gens de toutes origines ethniques, sociales, religieuses ou professionnelles : journalistes, artistes des cultures urbaines, étudiants, éducateurs et entrepreneurs. De cette pluralité d’expériences, de réseaux, de regards, Respect Mag fait sa force, son unicité, sa marque de fabrique.

En cinq ans, sur les questions de jeunesse et de diversité, il passe d’ « ovni » à « référence ». Diffusés nationalement en 35’000 exemplaires, certains numéros font date : sur l’identité, la mémoire de l’immigration, les discriminations à l’emploi, la religion, et les relations filles / garçons.

Respect Mag a fait le pari d’impliquer les jeunes sur des débats réputés difficiles. Face à la montée des tensions entre jeunes et police, par exemple, le magazine crée des rencontres, trouve le ton pour faire tomber les barrières. Le dialogue se noue, les discours se nuancent, des pistes communes sont identifiées. « Vous nous offrez des espaces inédits d’expression et d’échange, entend-on au détour d’une table ronde. Ici, on peut s’exprimer sans avoir l’impression d’être jugé ni enfermé dans une case.»


Le dialogue continue et les participants explorent des buts communs tout en modérant leur ton. Et le numérod’avril 2007 fait son chemin jusqu’au Ministère de l’Intérieur : trois jours après la sortie du numéro en kiosque, Respect Mag est reçu pour consultation par les conseillers du Ministre de la Défense Francais de l’époque, Michèle Alliot-Marie, qui « prennent bonne note » des recommandations du magazine.

En Janvier 2008, l’UNESCO lance à Respect Mag le défi de déployer sa démarche vers l’international avec le titre NoGhetto. L’objectif est de créer un web magazine fédérant des jeunes issus de régions défavorisées ou de cultures discriminées, sur les questions de diversité, de dialogue et de développement.

Plus qu’un média, NoGhetto est un médiateur. Il met en contact des gens de cultures différentes, par l’ouverture de son équipe à tous types de contributeurs, ainsi que par des comités de réflexion et des rencontres sur des sujets de société.

De mois en mois, jeunes autochtones du Tchad et d’Algérie, étudiants maliens et israéliens, rappeurs du Maroc et de Palestine, jeunes associatifs du Niger ou du Liban, témoignent, transmettent leurs idées, mènent des interviews, organisent des tables rondes, croisent leurs regards dans NoGhetto. Sur la culture hip hop, la mémoire de l’esclavage, l’espoir Obama, leur rapport à la religion, des connexions se créent et des collaborations se mettent en place.

Refusant d’entretenir les ghettos et le malaise dans lequel le monde s’enlise, Respect Mag et NoGhetto concerne tous ceux et celles qui veulent avancer. Poser la question « qui je suis » ou « d’où je viens » ne touche pas uniquement ceux qui ont l’impression d’être différents ou de venir d’ailleurs. C’est regarder ensemble où nous allons. Vous venez ?

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* Réjane Ereau est Rédactrice en chef de NoGhetto (www.noghetto.org) et Rédactrice en chef International / Cultures de Respect Mag. Cet article est écrit pour le Service de presse Common Ground.

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 3 juillet 2009, www.commongroundnew.org.
Reproduction autorisée.

Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=258...


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