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par Lilian Budianto - publié le Lundi 22 Février à 11:51

Un atelier interconfessionnel favorise le rapprochement entre les Etats-Unis et l'Indonésie






Djakarta - Du 25 au 27 janvier, l'Indonésie et les Etats-Unis ont pris des mesures pour renforcer leurs liens socioculturels en organisant leur premier dialogue interreligieux à Djakarta.

Une délégation américaine de 20 personnes comprenant des fonctionnaires, des évêques et des représentants de la société civile était présente. Côté indonésien, les 30 participants comprenaient des membres des deux principales organisations musulmanes du pays – Nahdlatul Ulama et Muhammadiyah - ainsi que des dirigeants chrétiens, bouddhistes et hindous et des théologiens des universités locales.

Zainal Abidin Bagir, chercheur musulman au Center for Religious and Cross-Cultural Studies de l'Université Gadjah Mada de Yogyakarta – qui a envoyé des dizaines d'étudiants à des cours de théologie aux Etats-Unis et en a elle-même reçu – a dit que cette rencontre avait eu l'avantage, pour les participants indonésiens, de voir des Américains de près, et de mieux connaître les Etats-Unis et la politique qui vise à défendre les droits de sa minorité musulmane.

“Ces interactions entraîneront une meilleure compréhension. Les tenants de la ligne dure considèrent les Etats-Unis comme leur ennemi numéro un, dans la mesure où ils sont convaincus que ce pays prend à partie les musulmans du monde entier”, déclare M. Bagir.

Les participants à la conférence interconfessionnelle entre les Etats-Unis et l'Indonésie se sont mis d'accord sur quatre grands volets de collaboration – pauvreté, éducation, changement climatique et gouvernance. Toutefois, leur déclaration conjointe ne donne aucun détail sur les modalités de la coopération qui devrait se mettre en place après la conférence. Faute de s'engager sur des initiatives concrètes, la conférence risque de ne produire que de bonnes paroles.

Dans cet ordre d'idées, Jean Duff, Directrice Exécutive du Center for Interfaith Action on Global Poverty de Washington, a proposé que la déclaration constitue le point de départ d'une meilleure communication entre les acteurs de la société civile des deux pays, et d'une meilleure connaissance de l'islam tel qu'il se pratique en Indonésie et en Asie du Sud Est, pratique qui diffère considérablement de l'islam du monde arabe.

L'Indonésie, dont la population musulmane est la plus importante au monde, est souvent considérée par les gouvernements occidentaux comme un modèle où la majorité musulmane peut coexister pacifiquement avec des habitants d'autres religions. La constitution garantit les droits des minorités et le gouvernement ne façonne pas sa politique nationale en fonction de critères religieux.

Pour reprendre les termes d'un participant, William F. Vendley, Secrétaire-général de Religions for Peace, organisation non-gouvernementale de New York, “Le gouvernement des Etats-Unis est extrêmement impressionné par l'engagement pluraliste du gouvernement et du peuple de l'Indonésie. Ils se félicitent de la diversité.... Ils voient en l'Indonésie un modèle de société pluriconfessionnelle fonctionnant de façon harmonieuse et pacifique”.

L'Indonésie est un des premiers pays à avoir favorisé un large dialogue interreligieux dans les enceintes internationales, y voyant le moyen d'extirper un terrorisme inspiré par l'ignorance et l'absence d'interactions constructives entre peuples de confessions différentes. Le gouvernement a lancé des dialogues interreligieux bilatéraux avec plusieurs pays, dont l'Autriche, le Canada, le Royaume-Uni, l'Italie, le Liban, les Pays-Bas, la Russie et le Vatican. Dans la région, l'Indonésie a participé à des dialogues interreligieux organisés par l'Organisation de la Conférence islamique (OCI) et la Réunion Asie-Europe (ASEM).

Dans le cadre de la rencontre, les participants se sont rendus dans un pensionnat musulman (i>pesantren) – pour y voir comment vivent les étudiants. Ces écoles sont l'objet de maintes idées fausses, elles sont souvent assimilées à des pépinières de jeunes terroristes. Or ce n'est pas le cas dans l'écrasante majorité de ces établissements, qui, souvent, dispensent un enseignement qui permet aux élèves de se maintenir au niveau des écoles laïques.

Le chef de la délégation des Etats-Unis, Pradeep Ramamurthy, Directeur principal de Global Engagement au National Security Council de la Maison Blanche, a déclaré que Washington se félicite de pouvoir travailler en Indonésie avec les mouvements religieux qui ont la capacité de mobiliser et de prendre les mesures concrètes qui permettront de résoudre un grand nombre de problèmes. Les organisations confessionnelles de l'Indonésie réalisent depuis longtemps des programmes visant à améliorer le mode de vie et le niveau de vie des collectivités les plus modestes.

Les liens qui se sont noués à l'occasion de cet atelier donneront peut-être l'élan voulu pour que l'opinion ne voie plus l'Indonésie comme un repaire de bombes et d'extrémistes, mais comme un partenaire des Etats-Unis, révélant le vrai visage de l'islam dans ce pays.

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* Lilian Budianto est journaliste au Jakarta Post, journal en langue anglaise de Djakarta. Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne représentent pas celles du Jakarta Post. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 19 février 2010, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=273...


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