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CGNews, tir Akdogan - publié le Samedi 17 Novembre à 10:02

Turquie: les TIC au pouvoir, les jeunes au pouvoir




Itir Akdogan - Il est plus facile, à présent, d'avoir des informations chaque fois que vous en avez besoin. On peut trouver un hôtel sur un plan interactif, réserver une chambre depuis n'importe où dans le monde; payer une facture en pyjama, en plein milieu de la nuit; et partager ses photos avec ses amis tout autour du monde - et tout cela en moins d'une seconde. Un tiers de la population mondiale a accès à la toile, qui met tous ces sites à votre disposition. Etonnant, non ?



Et c'est aussi étonnant parce que ces matériels qui valent des centaines de millions de dollars sont devenus la seconde nature des jeunes; dans de nombreux cas, ce sont des personnes d'une vingtaine d'années ou un peu plus, qui sont à la tête de ces innovations.

Ces jeunes adultes, nés dans la génération des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), ont concentré leurs connaissances, leur énergie et leurs idées innovantes sur l'objectif d'un meilleur usage de la technologie en ligne.

Les jeunes adultes sont la collectivité la plus importante de la société structurée en réseau de cette ère de l'information. Ils ont grandi en même temps que la technologie de l'information et, ayant atteint ce niveau d'aisance et de compétence, de gamins obsédés par les jeux vidéo qu'ils étaient ils sont devenus des spécialistes et des entrepreneurs dans le domaine des technologies.

Pour les jeunes, l'utilisation des TIC d'une manière conséquente est devenue la clé du succès. Le "e", d'"électronique", que nous mettons souvent, aujourd'hui, devant de nombreux mots, renvoie à d'autres mots tout aussi essentiels en "e", comme éducation, emploi, entreprise ou "entertainment". Par conséquent, il est capital de donner aux jeunes ces outils de leur autonomie, en particulier dans le monde en voie de développement, de manière à résorber la fracture numérique.

On pourrait définir sommairement la fracture numérique comme le fossé qui sépare ceux qui possèdent les TIC et tous les autres. Sur le plan numérique, on peut distinguer les gens selon différents critères: il se peut qu'ils n'aient pas les moyens d'acheter des processeurs et des logiciels, qu'ils ne disposent pas- là où ils vivent- de l'infrastructure nécessaire, qu'ils n'aient pas la formation et les compétences nécessaires à l'utilisation de la technologie d'une manière constructive. Qui plus est, s'ils ne parlent pas anglais, ils ne peuvent pas profiter de la plus grande partie de l'information en ligne.

Dans beaucoup de pays, hommes et femmes n'ont pas un accès égal aux TIC. Cette fracture sexuelle est un gros problème, notamment dans des sociétés où les femmes ne jouissent pas des mêmes droits que les hommes.

Cette impossibilité d'avoir accès aux TIC se vérifie surtout dans le monde en voie de développement, et, si l'on ne s'en occupe pas, la fracture numérique progressera aussi vite que la technologie elle-même.

Il s'ensuit qu'il est capital de former à la technologie les jeunes du monde en voie de développement. Donner ces moyens aux jeunes, ce n'est pas seulement leur donner accès à une meilleure information et à une meilleure communication, c'est aussi leur permettre de bénéficier de possibilités d'enseignement et d'emplois en ligne.

Grâce à des programmes d'enseignement en ligne, ils peuvent parvenir au même niveau de formation que leurs pairs à l'étranger. Ils peuvent aussi communiquer leurs CV, recevoir une orientation professionnelle, trouver des emplois et même travailler dans des métiers en ligne. Plus important encore, ils peuvent bénéficier de la formation qui leur permettra de devenir eux-mêmes, dans le domaine des TIC, des entrepreneurs et des innovateurs.

En Turquie, la société civile est tout à fait convaincue de l'importance de la technologie. Depuis sa constitution en 1996, la principale organisation de jeunesse à but non lucratif en Turquie, l'Association des jeunes pour l'habitat (www.youthforhab.org.tr), a été pionnière dans le secteur du travail des jeunes. Elle a installé des centres, des conseils et des initiatives de jeunes, dans le but de leur donner le pouvoir numérique par la prise de conscience et la capacité de monter des projets à travers le pays.

L'Association des jeunes pour l'habitat a initié plusieurs projets d'accession des jeunes au pouvoir numérique en partenariat avec des acteurs du secteur public, du secteur privé et de la société civile au niveau national. Ces projets donnent à la jeunesse turque les outils qui leur permettront d'accéder à la carrière de la communication et de la technologie.

Un de ces projets, Accès des jeunes à l'e-gouvernance, a été réalisé en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Le projet met l'accent sur des centres et conseils locaux de la jeunesse, installés par l'intermédiaire du programme local d'Action 21 (renforcement des capacités), initiative dont le but est de promouvoir un développement durable grâce à des programmes locaux.

Dans ce cadre, une formation de base à l'informatique a été dispensée, ces dernières années, à 2500 jeunes, garçons et filles indistinctement. La phase 2, qui a démarré en mars 2006, assurera, dans les trois prochaines années, la formation de dix mille jeunes défavorisés de plus. Ce programme de formation est actuellement en cours dans 43 villes sur le territoire turc, et les premiers résultats montrent que beaucoup de diplômés ont déjà trouvé du travail dans l'industrie technologique de la Turquie.

Au-delà des apports éducatifs et économiques de ces programmes, l'accès aux TIC peut aussi contribuer à une démocratie opérationnelle. Au contraire des médias traditionnels, comme la télévision et la radio, les TIC et les nouveaux médias offrent une communication dans les deux sens. Cela veut dire que le public n'a pas seulement accès à l'information: il peut aussi y contribuer. C'est l'information qui donne le pouvoir.

Elle améliore la communication entre les citoyens et leurs représentants élus et les habilite à participer activement en tant que citoyens et à exprimer leurs opinions sur les politiques et les décisions qui affectent leurs vies, d'où un niveau accru de démocratie participative.

Dans un pays où la majorité de la population a moins de 25 ans, la responsabilisation de la jeunesse dans le royaume technologique devrait avoir pour résultat une démocratie renforcée et une économie plus performante en Turquie.

* Itir Akdogan est doctorant et chargé de cours à l'Université d'Helsinki.


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