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TAP - Lemag - publié le Lundi 17 Mars à 21:04

Tunis : Projection du documentaire "Gabès Labess"



Tunis -"Gabès Labess" ou "Gabès se porte bien", documentaire de Habib Ayeb, projeté, dimanche, après-midi, au parc du belvédère, a voulu sensibiliser à la nécessité d'agir, au plus vite, pour dépolluer cette région du sud, dont l'état environnemental ne cesse de se détériorer, en raison d'une activité industrielle intense.



Projété à l'occasion de la réouverture de la bibliothèque verte de l'Association des amis du Belvédère (AAB), ce film de 46 minutes, souhaite aussi transmettre, d'après son réalisateur, un "message d espoir" concernant l avenir de Gabès qui, pourrait "se porter mieux", si "on réagit rapidement pour sa dépollution et la préservation de son paysage naturel, en particulier, oasien".

Ceci demeure, toutefois, "tributaire d une véritable volonté politique", a estimé cet originaire de Medenine qui est également géographe et enseignant chercheur à l'université Paris 8, en France.

El Ayeb, aussi actif en matière de défense de l'environnement, a mis l accent sur la métamorphosede l'oasis de Gabès et sa mutation "malheureuse", à cause de la pollution, d un paradis à un "demi-paradis" , selon les termes d'un habitant de la région figurant dans le film.

A travers des témoignages de gabésiens des localités de Zrig, Chnenni et Chatt Slam, le documentaire met le cap sur les multiples difficultés et les problèmes et risques sanitaires auxquels sont exposés les habitants de la région.

En filmant la zone industrielle ou est situé le Groupe chimique Tunisien et d'autres sources de pollution dans la région, le film, dont le tournage a débuté en septembre 2012, a voulu lancer un appel aux décideurs, pour qu'ils interviennent et cernent ce phénomène de pollution qui prend de l'ampleur.

"La pollution qui a touché l eau, l air, les terres (réduction des terres arables) et aussi la mer (diminution des ressources halieutiques), risque de causer aux citoyens des maladies graves (ostéoporose(maladie osseuse caractérisée par l'altération et la fragilité des os), cancers, allergies)", selon M. El Ayeb.

Au delà de sa dimenssion nationale, le documentaire projeté aussi au Caire (Egypte) (décembre 2013) et puis en France (janvier 2014), ambitionne d'attirer l'attention des organismes internationaux sur la menace de disparition de l'oasis de Gabès, unique oasis littorale dans la Méditerranée, selon le réalisateur.

Par ailleurs, plusieurs associations régionale et nationales et organismes tunisiens n'ont cessé de revendiquer le classement de cet oasis en tant que patrimoine mondial de l'UNESCO, en raison de l'originalité de ses caractéristiques naturelles.

D'après les témoignages, le problème remonte aux années 70 date d'installation de la zone industrielle et du début de l urbanisation croissante. L oasis a, depuis, connu une régression et de nombreux paysans se sont trouvés privés de leurs terres

Selon l un des personnages témoins, les ressources en eau de la région n'ont cessé de régresser depuis 1974 jusqu'à 1985, où elles sont arrivées à épuisement.

Avant, l'oasis était irrigué à un rythme de 720 litres/seconde à travers des sources naturelles. Aujourd'hui, ce rythme a baissé pour atteindre seulement 150 litres/s et encore par le biais de pompage.

Le paysage oasien a été métamorphosé à cause des conduites d eau en béton acheminant l'eau à partir des puits, "et ce, au nom de développement", critique un habitant de Gabès.

"Cette pollution, nous l'a vivons, chaque jour, avec tous nos sens", commente, avec amertume, une paysanne qui se dit attachée à la terre de ces ancêtres.

Elle affirme que non seulement les humains sont victimes de pollution, les bétails aussi trouvent la mort à cause des diarrhées et des intoxications par les eaux polluées.

Des représentants d'associations et des pêcheurs ont aussi témoigné, confirmant la baisse de la production des cultures et la diminution remarquable des quantités de poissons de surface.

Pour le réalisateur du film, il est temps d'engager un vrai débat et de repenser les politiques nationales de l'environnement, de la santé, de développement, de gestion des ressources naturelles ainsi que les politiques agricoles et alimentaires.

La bibliothèque verte, riche de 1200 livres de sciences environnementales, de botanique et de zoologie, collectés auprès de donateurs, est un espace de culture, de lecture, de détente et d échange, qui propose aux visiteurs des activités culturelles et ludiques diverses.

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