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C.P. - publié le Lundi 16 Janvier à 12:51

Travailler ensemble pour une planète plus propre, plus verte et plus équitable




Klaus Toepfer * - Au Nigéria, une campagne a été lancée pour consigner dans les livres d'histoire les produits chimiques dangereux pour la santé, périmés et obsolètes. Cela devrait profiter à environ cinq millions de travailleurs en usines, ainsi qu'à l'environnement en Afrique de l'ouest en général.



Un programme réunissant la Norvège et la Russie éduque et forme le personnel d'usines russes dans des domaines tels que la santé, la sécurité et les techniques de production plus propre.

Le bénéfice escompté inclura des conditions de travail plus saines et la réduction des émissions nocives pour la terre, l'eau et l'air.

Dans le même temps, en Allemagne, un projet de rénovation de 300 000 appartements est en cours pour améliorer leur efficacité énergétique.  Ce projet devrait générer 200 000 emplois, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de 2 millions de tonnes.

Le fil conducteur de ces projets et de nombreux autres projets pilotes tant dans les pays développés que dans les pays en développement est le mouvement syndical.

Ces projets mettent en évidence l'enthousiasme et l'engagement grandissants des associations syndicales à intégrer les objectifs du développement durable qui sont bénéfiques au marché du travail, aux collectivités locales et à l'environnement mondial dans son ensemble.

Cet enthousiasme se reflète aussi dans le Pacte mondial des Nations Unies créé à l'initiative du Secrétaire Général, qui a rassemblé un grand nombre d'entreprises et la société civile.

Il y a quelques dizaines d'années, la relation entre l'environnement et le mouvement syndical paraissait suspecte.

Certaines associations syndicales craignaient que la protection de l'environnement nuise au marché de l'emploi en créant indûment une charge supplémentaire pour les entreprises et l'industrie.

Les écologistes jugeaient que les syndicats avaient tendance à soutenir le statu quo de l'industrie lourde, qui, dans de nombreux cas, était polluante.

Ces jours sont révolus, et les suspicions ont été déjouées par la réalité d'un univers moderne mondialisé.

Les deux camps reconnaissent à présent les nombreux avantages générés par la promotion d'une même cause.

De toute évidence, il y a des questions d'intérêt commun, par exemple dans la réduction de l'exposition des travailleurs et de leurs familles à des substances dangereuses et nocives.

Les estimations de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) montrent que 300 000 travailleurs sont tués chaque année par suite d'une exposition à des agents chimiques.  On peut et on doit réduire cela considérablement.

D'autres sujets comprennent la reconnaissance par les deux parties que le combat mené contre la dégradation de l'environnement est une juste cause. Prenez l'exemple du changement climatique.

Vaincre cette grande menace permettra d'accéder à un monde non seulement plus stable et moins polluant, mais aussi un monde dans lequel des emplois nouveaux, plus sains et plus durables pourront être générés par l'utilisation de nouvelles technologies comme les les énergies renouvelables et les biocarburants.

Entre temps, le mouvement syndical peut être un catalyseur puissant du changement, en encourageant les employeurs et les entreprises à adopter un comportement plus respectueux de l'environnement.

Ceci devrait non seulement rendre les entreprises plus compétitives – et ainsi aider à entretenir et à augmenter les perspectives d'emploi – mais aussi réduire l'empreinte écologique de telles entreprises ou secteurs sur la faune et la flore ainsi que sur les réserves d'eau et la couche d'ozone qui protège la Terre.

Cette relation en plein développement sera ce mois-ci au cœur des débats, lorsque 150 leaders d'associations syndicales, représentant des millions de travailleurs, vont se rencontrer au siège du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) entre le 15 et le 17 janvier.

Ensemble, sous l'égide de la première Assemblée mondiale sur le travail et l'environnement, nous allons mettre au point un nouvel ordre du jour tourné vers l'avenir, qui tendra à insérer le mouvement syndical et l'environnement mondial dans une nouvelle dynamique de coopération.

Le but ultime à atteindre au bout de nos efforts sera un nouvel élan vers la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement, allant de l'éradication de la pauvreté à l'égalité des sexes et à la durabilité de l'environnement.

Nous sommes déterminés à faire de cet événement unique plus qu'une simple tribune.

Un Plan d'action à plusieurs niveaux, qui sera désigné comme «  Les initiatives de travailleurs pour un héritage durable » ou « WILL2006 », sera proposé, en collaboration avec le PNUE, l'OIT, la Confédération Internationale des Syndicats Libres  (CISL) et la fondation Sustainlabour.

Le PNUE va aussi examiner de quelle manière nous pouvons concrètement aider les associations syndicales à reproduire les plus de 20 et quelques études de cas qui seront présentées lors de cette Assemblée.

Parmi les autres questions d'intérêt commun à traiter, il faut citer la formation et l'éducation sur les derniers développements des lois internationales sur l'environnement, tels les traités sur les substances chimiques récemment adoptés, par exemple les polluants organiques persistants (POPs) ou la Convention de Stockholm.

Ces dernières années, le PNUE a étendu son action aussi bien vers la société civile que vers les entreprises et l'industrie, les associations environnementales et de développement durable traditionnelles, les populations locales et les femmes.

Le moment de collaborer plus étroitement avec les associations syndicales a été largement dépassé.  Environ 3 milliards de personnes, soit la moitié des habitants de la planète à ce jour, sont des travailleurs.

Il est plus que temps de se mettre au travail pour notre intérêt commun.

Il est grand temps que nos intérêts personnels manifestes et réciproques deviennent réels.  Qu'ils deviennent réels pour les hommes et les femmes dans les usines,  dans les bureaux et dans les terres agricoles – et qu'ils deviennent réels pour un monde plus propre, plus sain et plus digne pour tous.

* Klaus Toepfer est Directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Il a auparavant été ministre de l'Environnement de l'Allemagne de 1987 à 1994.  Son organisation accueille l'Assemblée mondiale des Syndicats sur l'environnement et le travail au siège du PNUE à Nairobi, Kenya, du 15 au 17 janvier.  Voir www.will2006.org.


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