Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Appel à renforcer le rôle des jeunes dans le suivi de l’Agenda 2030 à... | via @lemagMaroc https://t.co/CmCOvzqFM2 https://t.co/80Vlht9g1c



Adil Alifriqui - publié le Mercredi 15 Octobre à 16:45

Tourisme et menace terroriste: Le Maroc ne s’est-il pas tiré une balle dans le pied ?




Casablanca : En multipliant les annonces fleuves sur des démantèlements de cellules terroristes et des statistiques des combattants marocains et euro-marocains en Syrie et en Irak, les responsables marocains n’ont-ils pas fini par concocter au royaume, une image de pays en guerre ?



Unité commando de la DGSN - PH Archive
Unité commando de la DGSN - PH Archive
En effet, des appels à vigilances et des recommandations d’éviter de se rendre au Maroc ou dans certaines de ses régions, pleuvent ces derniers temps en Europe, émises par nombreux pays parmi les plus grands émetteurs de touristes vers le royaume.

Ainsi, après la France, laquelle, au lendemain de la décapitation en Algérie par Daech, du touriste Hervé Gourdel, avait placé le Maroc sur sa carte de pays à risque, d’autres pays ont pris son exemple en incluant le royaume à leurs listes de pays potentiellement sensible à cause de la présence de jihadistes fanatisés.

Mais qu’est ce qui a valu au royaume cette mauvaise image qui fait grand tort à son secteur touristique, lequel à valeur stratégique pour son économie ?

Il est tout à fait plausible d’incriminer de ce mal, le voisin algérien instable, qui donne par son insécurité, mauvaise réputation à la région nord-Africaine. Mais ce mal ne prendrait-il pas partiellement source, également dans les actions et communications de certaines institutions marocaines ?

En effet, depuis des mois, le ministère marocain de l’intérieur et ses dépendances, la DGSN, la DGST et tout récemment la DGED, se livrent à un concert ininterrompu d’annonces sur des  démantèlements de cellules terroristes et sur des chiffres en milliers de combattants marocains et euro-marocains en Syrie et en Irak et sur le risque de les voir revenir au royaume pour y commettre des attentats.

Ainsi, depuis juillet 2014, le gouvernement marocain avait annoncé que le royaume faisait l’objet d’une menace terroriste sérieuse, liée à la présence croissante de Marocains dans les rangs jihadistes en Syrie et en Irak.

Plus récemment, Mohamed Yassine Mansouri, le DG de la DGED (Direction générale des études et de la documentation : le service de contre-espionnage marocain) faisait annonce, devant une commission du Conseil de sécurité de l’ONU, de chiffres qui ont démonté l’image de pays paisible, dont jouissait le royaume.

Ainsi selon le patron de la DGED, en 12 ans, les services spéciaux du royaume avaient démantelé 126 cellules terroristes, arrêté 2676 présumés terroristes et déjoué 109 complots et tentatives d’assassinat. Mansouri avait enchainé avec les chiffres du ministère de l’intérieur en affirmant que 1203 Marocains combattaient en Syrie et en Irak 254 d’entre eux avaient trouvé la mort.

Conséquence de cette mise à nu de ces bilans, tus normalement sous d’autres cieux, lorsque l’image du pays et ses intérêts économiques sont en jeux, le royaume s’est retrouvé ajouté à la liste française des pays à risque ainsi qu’à la liste danoise, alors que d’autres pays avaient déconseillé la destination marocaine à leurs ressortissants, notamment la Grande-Bretagne, l’Allemagne et Israël.

Le ministère allemand des Affaires étrangères par exemple, a évoqué pour le royaume, une "mise en garde urgente contre le risque d’attaques" et "une augmentation du risque d’attaques et d’enlèvements dans le sud du Maroc".

La diplomatie allemande a mentionné, en sus des risques liés à la présence à proximité du royaume, coté algérien, d’AQMI, ‘‘le surgissement toujours possible d’auteurs isolés qui réagiraient spontanément aux discours fanatiques’’. L’Allemagne a néanmoins tempéré sa mise en garde en indiquant qu’elle continue à considérer le Maroc comme un "pays stable dans le contexte régional et disposant d’une bonne infrastructure touristique et policière".

Même son de cloche du coté belge, le ministère belge des Affaires étrangères a indiqué que "les consignes de vigilance font déjà état du risque terroriste renforcé par le retour au Maroc de certains djihadistes marocains". Le ministère a ajouté que "le risque terroriste consiste essentiellement en attentats par des individus isolés. "

Cette mauvaise réputation vaut au royaume des pertes touristiques substantielles. A titre d’exemple, dans les 72 heures qui ont suivi l’alerte française, 1500 nuitées ont été annulées ou reportées par des touristes français et les réservations ont chuté de moitié, avec 550 réservations par jour contre un millier en temps normal. La "menace Daech" est constamment évoquée par les touristes pour expliquer leur annulation.



               Partager Partager


Commentaires