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Simnia Singer-Sayada - CGNEWS - publié le Vendredi 15 Février à 07:42

Théâtre et débat interculturel




Simnia Singer-Sayada* : Tout récemment, j'ai été nommée responsable de la coordination de The Culture Project, une compagnie de théâtre à but non lucratif de Manhattan.



Elle s'est donné pour mission de témoigner de l'injustice en puisant dans les ressources artistiques qui peuvent déclencher un débat dynamique sur les questions les plus brûlantes de notre époque. Parmi celles-ci, citons l'exposition à la peine capitale d'innocents injustement condamnés, les atrocités perpétrées dans le camp pénitentiaire de Guantanamo, les inégalités raciales aux Etats-Unis, le combat pour les droits civiques et la démocratie universelle du Rêve américain, apprendre aux gens à connaître les grands personnages historiques, le récit de la folie pétrolière du Nigéria et tout récemment, le débat sur la récusation (impeachment).

The Culture Project a pour but de transformer l'intérêt, l'énergie et l'engagement qu'il suscite en une exigence motivée de changement progressiste. Par nos productions, nous nous engageons à stimuler le dialogue sur les vrais problèmes. Notre but est d'inspirer le débat national et d'y participer, en amplifiant la voix du citoyen, celui qu'on n'entend et qu'on n'écoute guère.

The Culture Project a participé à plusieurs productions, dont Tings Dey Happen, Rebel Voices, My Trip To Al-Qaeda, Dai, Speak Truth to Power, Women Center Stage, Border/Clash: A Litany of Desires, Baghdad Burning: Girl Blog From Iraq, Guantánamo: Honor Bound to Defend Freedom et Jesus Is Magic. Chacune de ces pièces raconte des récits personnels qui ont eu un impact sur des personnes précises, à des époques et en des lieux divers. Donnant vie au combat entre le pouvoir et le social et le changement, chacune de ces productions nous a offert la possibilité d'élever l'esprit humain et de déclencher l'action politique.

En ce moment, nous présentons la première mondiale de la nouvelle pièce de George Packer, Betrayed (trahis). Au début de 2007, Packer a publié dans The New Yorker un article sur ces interprètes irakiens qui mettent leur vie en jeu pour des Américains en Irak, avec peu ou point de protection sécuritaire américaine. Cet article a suscité une réaction nationale devant la crise humanitaire et le scandale moral.

Betrayed, qui s'inspire d'interviews faites à Bagdad par Packer, raconte l'histoire de trois jeunes Irakiens - deux garçons et une fille - qui sont prêts à tout risquer en échange d'une liberté promise en Amérique. Cette pièce explore les relations complexes entre les Irakiens eux-mêmes, et entre eux et leur chef américain, alors qu'ils se débattent pour trouver un sens à la vie dans un pays en pleine débâcle.

Cette production ouvre une fenêtre sur un dialogue, bien trop longtemps évité, sur la complexité de l'occupation en Irak. Il est rare d'entendre les voix des citoyens irakiens, plus rare encore d'entendre le récit des interprètes qui travaillent pour l'armée US. Betrayed raconte non seulement des histoires d'Irakiens, mais aussi la vie des employés américains de l'ambassade dans la "zone verte" et celle des soldats postés en "zone rouge".

"Ces badges, vous les voyez? Celui-ci est pour la zone verte et celui-ci pour l'ambassade. Sans eux, je n'existe pas pour les Américains. Par contre, pour les Irakiens, ce sont des cibles", s'écrie Intisar, une interprète irakienne de Betrayed. Le public assiste au déroulement des relations entre les interprètes et un coopérant américain (personnage inspiré de celui de Kirk Johnson, dans The List Project), qui s'échine à obtenir des visas pour des réfugiés irakiens. Betrayed nous offre les outils d'une meilleure compréhension des événements en cours en Irak.

Essayant d'approfondir ce dialogue, nous avons organisé des débats contradictoires avec les gens et les organisations qui ont inspiré l'intrigue. Il y a notamment Omer Salih Mandi, un interprète irakien, George Packer, écrivain et journaliste au New Yorker, Kirk Johnson de The List Project, Lawrence Wright, journaliste au New Yorker, et des organisations comme Human Rights First, Human Rights Watch, Iraq Refugee Initiative, le Center pour Law et Security l'Université de New York, et le Arab American Family Support Center. Ces discussions permettent à notre public de poser des questions et de partager leurs opinions sur notre intervention en Irak, au moment où celle-ci approche de son cinquième anniversaire.

The Culture Project veut exploiter à fond la valeur du théâtre éducatif et politique. Ce faisant, nous espérons accroître et diversifier nos publics en tissant des liens avec les collectivités et les écoles qui s'intéressent au dialogue et au changement social.

* Simnia Singer-Sayada est titulaire d'un master en théâtre pédagogique de l'Université de New York, tendance droits de l'homme et changement social.


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